La vie devient de plus en plus chère, sans qu'on puisse y échapper. Cela se traduit encore ce mois-ci par un dépassement de l'indice pivot. L'indice pivot pour les allocations sociales et les salaires dans le secteur public, qui avait été dépassé en août dernier, sera à nouveau franchi en décembre. Par conséquent, les allocations sociales et les salaires dans la fonction publique devraient être adaptés au coût de la vie. En d'autres termes augmentés de 2%, respectivement en janvier 2022 et en février 2022.

Le prochain indice pivot serait quant à lui dépassé en août 2022, pour la troisième fois en seulement treize mois, selon les dernières prévisions du Bureau du Plan. En général, cela ne se produit qu'une fois par an.

Cela a des conséquences non seulement pour le secteur public, mais aussi pour le secteur privé. La Belgique est l'un des seuls pays d'Europe - avec le Luxembourg et Malte - où les salaires sont automatiquement liés à l'indice.

La FEB s'inquiète de cette situation. Son CEO, Pieter Timmermans, craint un handicap de compétitivité des entreprises belges par rapport aux autres pays après un handicap déjà lié à la pandémie. Ce dernier souhaite des mesures préventives et invite les partenaires sociaux et le gouvernement à se mettre autour de la table au mois de janvier. Au début du mois, la FEB avait déjà calculé que l'indexation automatique qui interviendra en 2022 coûterait 3 milliards d'euros aux entreprises.

"Nous nous réunissons tous les mois et, à chaque fois, il s'avère que c'est l'une des principales préoccupations de nos chefs d'entreprise", déclare Pieter Timmermans. "En raison de l'augmentation des coûts salariaux, nous ne serons pas seulement confrontés à un handicap lié à la pandémie en 2023, mais aussi à un handicap de compétitivité. La Belgique est une petite économie qui dépend fortement des exportations. Il est donc préférable de prendre des mesures préventives ?", estime-t-il.

"Petit à petit impayable"

Timmermans fait référence aux précédentes dévaluations ou sauts d'index, auxquels les gouvernements successifs ont procédé depuis 1974 pour maintenir la compétitivité de l'économie belge. "Nous devons nous asseoir avec le gouvernement et les partenaires sociaux en janvier pour en discuter. S'ils ne veulent pas être à la table ? Je ne peux que conclure qu'une stratégie de déni n'a jamais conduit à une solution dans le passé non plus."

Une augmentation salariale de 6% en seulement treize mois : cela devient petit à petit impayable pour les entreprises

Eric Laureys, porte-parole du Voka

"Une augmentation salariale de 6% en seulement treize mois : cela devient petit à petit impayable pour les entreprises", déclare de son côté Eric Laureys, porte-parole du Voka, le patronat flamand au Morgen. "À court terme, il faudra parler du saut d'index qui n'est certainement pas un sujet tabou", ajoute-t-il. "Sinon nous risquons d'être embarqués dans une spirale (infernale) salaires-prix : des salaires plus élevés entraînant une augmentation des prix, qui à leur tour poussent les salaires à nouveau à la hausse."

Les négociations entre les partenaires sociaux risquent d'être à nouveau houleuses. Ce lundi 6 décembre, une manifestation syndicale nationale a rassemblé plusieurs milliers de militants de la FGTB et de la CSC, venus manifester contre les factures d'énergie élevées, les attaques contre l'indexation des salaires. Au niveau des salaires et du pouvoir d'achat, Thierry Bodson président de la FGTB a demandé "une augmentation des salaires en brut et une augmentation des allocations, avec la suppression du statut de cohabitant légal." Il a également insisté sur l'importance de l'indexation automatique. "Si on touche à l'indexation automatique, ce serait une véritable déclaration de guerre!,"a-t-il prévenu.

Pour le vice-premier ministre et ministre fédéral de l'emploi Pierre-Yves Dermagne PS, la réponse est catégorique, c'est non ! Il n'y aura pas de saut d'index.

Dermagne: "pas question de toucher à l'indexation des salaires"

Pour le vice-premier ministre et ministre de l'Economie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), la réponse est catégorique, c'est non ! Il n'y aura pas de saut d'index.

"Hors de question de toucher à l'indexation automatique des salaires"

Pierre-Yves Dermagne (PS)

Pierre-Yves Dermagne, a réagi rapidement aux demandes du patronat : "hors de question de toucher à l'indexation automatique des salaires", a-t-il déclaré, selon L'Echo. Le ministre de l'Économie et du Travail rappelle que "nous nous sommes battus pour l'indexation automatique des salaires des travailleurs, car elle protège le pouvoir d'achat de ces derniers, mais aussi celui des retraités et des bénéficiaires, en adaptant les salaires et les allocations sociales en fonction des prix des biens de consommation. C'est également important pour les entreprises, car cela garantit le maintien de la consommation."

"Pour moi, il ne peut être question de toucher à l'indexation automatique à l'heure où tant de familles peinent à payer leurs factures d'électricité et de gaz", a-t-il précisé.

La hausse de l'inflation ne touche pas seulement les entreprises. Pour les épargnants, cela a aussi des conséquences négatives : l'argent sur le compte d'épargne perd 6 % de sa valeur. Et pas question de compter sur les intérêts, au plus bas depuis des mois. Bonne nouvelle toutefois pour la dette nationale : elle atteint plus de 500 milliards d'euros, car les dettes perdent de leur valeur, tandis que les emprunts restent extrêmement bon marché.

La vie devient de plus en plus chère, sans qu'on puisse y échapper. Cela se traduit encore ce mois-ci par un dépassement de l'indice pivot. L'indice pivot pour les allocations sociales et les salaires dans le secteur public, qui avait été dépassé en août dernier, sera à nouveau franchi en décembre. Par conséquent, les allocations sociales et les salaires dans la fonction publique devraient être adaptés au coût de la vie. En d'autres termes augmentés de 2%, respectivement en janvier 2022 et en février 2022. Le prochain indice pivot serait quant à lui dépassé en août 2022, pour la troisième fois en seulement treize mois, selon les dernières prévisions du Bureau du Plan. En général, cela ne se produit qu'une fois par an.Cela a des conséquences non seulement pour le secteur public, mais aussi pour le secteur privé. La Belgique est l'un des seuls pays d'Europe - avec le Luxembourg et Malte - où les salaires sont automatiquement liés à l'indice. La FEB s'inquiète de cette situation. Son CEO, Pieter Timmermans, craint un handicap de compétitivité des entreprises belges par rapport aux autres pays après un handicap déjà lié à la pandémie. Ce dernier souhaite des mesures préventives et invite les partenaires sociaux et le gouvernement à se mettre autour de la table au mois de janvier. Au début du mois, la FEB avait déjà calculé que l'indexation automatique qui interviendra en 2022 coûterait 3 milliards d'euros aux entreprises."Nous nous réunissons tous les mois et, à chaque fois, il s'avère que c'est l'une des principales préoccupations de nos chefs d'entreprise", déclare Pieter Timmermans. "En raison de l'augmentation des coûts salariaux, nous ne serons pas seulement confrontés à un handicap lié à la pandémie en 2023, mais aussi à un handicap de compétitivité. La Belgique est une petite économie qui dépend fortement des exportations. Il est donc préférable de prendre des mesures préventives ?", estime-t-il. Timmermans fait référence aux précédentes dévaluations ou sauts d'index, auxquels les gouvernements successifs ont procédé depuis 1974 pour maintenir la compétitivité de l'économie belge. "Nous devons nous asseoir avec le gouvernement et les partenaires sociaux en janvier pour en discuter. S'ils ne veulent pas être à la table ? Je ne peux que conclure qu'une stratégie de déni n'a jamais conduit à une solution dans le passé non plus.""Une augmentation salariale de 6% en seulement treize mois : cela devient petit à petit impayable pour les entreprises", déclare de son côté Eric Laureys, porte-parole du Voka, le patronat flamand au Morgen. "À court terme, il faudra parler du saut d'index qui n'est certainement pas un sujet tabou", ajoute-t-il. "Sinon nous risquons d'être embarqués dans une spirale (infernale) salaires-prix : des salaires plus élevés entraînant une augmentation des prix, qui à leur tour poussent les salaires à nouveau à la hausse." Les négociations entre les partenaires sociaux risquent d'être à nouveau houleuses. Ce lundi 6 décembre, une manifestation syndicale nationale a rassemblé plusieurs milliers de militants de la FGTB et de la CSC, venus manifester contre les factures d'énergie élevées, les attaques contre l'indexation des salaires. Au niveau des salaires et du pouvoir d'achat, Thierry Bodson président de la FGTB a demandé "une augmentation des salaires en brut et une augmentation des allocations, avec la suppression du statut de cohabitant légal." Il a également insisté sur l'importance de l'indexation automatique. "Si on touche à l'indexation automatique, ce serait une véritable déclaration de guerre!,"a-t-il prévenu.Pour le vice-premier ministre et ministre fédéral de l'emploi Pierre-Yves Dermagne PS, la réponse est catégorique, c'est non ! Il n'y aura pas de saut d'index. Pour le vice-premier ministre et ministre de l'Economie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), la réponse est catégorique, c'est non ! Il n'y aura pas de saut d'index. Pierre-Yves Dermagne, a réagi rapidement aux demandes du patronat : "hors de question de toucher à l'indexation automatique des salaires", a-t-il déclaré, selon L'Echo. Le ministre de l'Économie et du Travail rappelle que "nous nous sommes battus pour l'indexation automatique des salaires des travailleurs, car elle protège le pouvoir d'achat de ces derniers, mais aussi celui des retraités et des bénéficiaires, en adaptant les salaires et les allocations sociales en fonction des prix des biens de consommation. C'est également important pour les entreprises, car cela garantit le maintien de la consommation." "Pour moi, il ne peut être question de toucher à l'indexation automatique à l'heure où tant de familles peinent à payer leurs factures d'électricité et de gaz", a-t-il précisé. La hausse de l'inflation ne touche pas seulement les entreprises. Pour les épargnants, cela a aussi des conséquences négatives : l'argent sur le compte d'épargne perd 6 % de sa valeur. Et pas question de compter sur les intérêts, au plus bas depuis des mois. Bonne nouvelle toutefois pour la dette nationale : elle atteint plus de 500 milliards d'euros, car les dettes perdent de leur valeur, tandis que les emprunts restent extrêmement bon marché.