Ainsi donc la messe est dite. Le guide rouge a délivré ses bons et mauvais points lors de sa fancy-fair annuelle. Plus d'édition papier désormais. Ça évitera les questions embarrassantes à propos du tirage et, surtout, du taux de renouvellement des guides. Les perseïdes illuminent la Flandre une année de plus. En Wallonie, c'est à croire que rien ne vaut la peine que l'on s'y arrête. A un tel point que l'on frise le grotesque. Et à Bruxelles... c'est le désert. Ni San, ni Karen, ni les autres ne sont dignes de reconnaissance, c'est pour cela que l'on vient du monde entier chez eux. Et puis, pour être bien sûr que l'on parle bien de cette sortie sur les réseaux sociaux, il faut un sacrifice fort. Un geste qui fera du bruit, qui déchaînera les passions et donnera l'occasion aux comptoirs des bistrots virtuels de commenter les décisions. "Que l'on en parle en bien ou en mal, l'important est que l'on en parle"

Fallait-il pour autant se faire un peu de pub sur le dos d'une des institutions les plus stables du Royaume?

Rétrograder le Comme Chez Soi a une étoile, c'est se garantir une visibilité à coup sûr. Une belle couverture médiatique et des réactions en chaîne. Je dis que c'est effectivement bien joué. Pour faire de la pub.

Mais si c'est pour parler d'un restaurant, j'affirme qu'il y a de la déconnade grave dans l'air. Hé, Le pneu, tu nous le fais à la "brûle ce que tu as adoré et adore ce que tu as brûlé"

Sérieusement les gars, vous êtes vraiment allés manger place Rouppe ces derniers temps ? Le chef, contrairement à un tas d'autres, est chaque jour dans sa cuisine. Les équipes tournent comme une horloge suisse. Lionel Rigolet n'a jamais été aussi bien dans sa cuisine. Saucier et rôtisseur de talent, il est entouré d'une solide équipe. En salle Laurence Wynants et leur fils Loïc Rigolet ainsi que l'équipe abattent un boulot au millimètre.

Lionel Rigolet n'a jamais été aussi bien dans sa cuisine. Saucier et rôtisseur de talent, il est entouré d'une solide équipe.

Oui, ils ne produisent pas les gimmicks à la mode qui à force deviennent des poncifs, oui ils jouent plus la carte de l'empathie et du sourire un peu provincial au lieu de nous le faire neutre et sans saveurs. Oui c'est vrai, chez eux on ne mange pas 24 bouchées merrrrrrrrrrveilleuses dont on ne peut se souvenir qu'en scrollant ses photos sur notre SmartPhone. Chez eux, on va au restaurant. Avec une nappe. Une carte des vins. Des plats, des entrées. On ne va pas pour une expérience mais pour un moment hors du temps. Tout est toujours question de choix, mais pour sa première édition entièrement virtuelle, le guide pneumatique a fait un mauvais choix de plus. J'espère qu'il s'agit de l'erreur de trop...

Eric Boschman, sommelier et humoriste

Ainsi donc la messe est dite. Le guide rouge a délivré ses bons et mauvais points lors de sa fancy-fair annuelle. Plus d'édition papier désormais. Ça évitera les questions embarrassantes à propos du tirage et, surtout, du taux de renouvellement des guides. Les perseïdes illuminent la Flandre une année de plus. En Wallonie, c'est à croire que rien ne vaut la peine que l'on s'y arrête. A un tel point que l'on frise le grotesque. Et à Bruxelles... c'est le désert. Ni San, ni Karen, ni les autres ne sont dignes de reconnaissance, c'est pour cela que l'on vient du monde entier chez eux. Et puis, pour être bien sûr que l'on parle bien de cette sortie sur les réseaux sociaux, il faut un sacrifice fort. Un geste qui fera du bruit, qui déchaînera les passions et donnera l'occasion aux comptoirs des bistrots virtuels de commenter les décisions. "Que l'on en parle en bien ou en mal, l'important est que l'on en parle" Fallait-il pour autant se faire un peu de pub sur le dos d'une des institutions les plus stables du Royaume? Rétrograder le Comme Chez Soi a une étoile, c'est se garantir une visibilité à coup sûr. Une belle couverture médiatique et des réactions en chaîne. Je dis que c'est effectivement bien joué. Pour faire de la pub.Mais si c'est pour parler d'un restaurant, j'affirme qu'il y a de la déconnade grave dans l'air. Hé, Le pneu, tu nous le fais à la "brûle ce que tu as adoré et adore ce que tu as brûlé" Sérieusement les gars, vous êtes vraiment allés manger place Rouppe ces derniers temps ? Le chef, contrairement à un tas d'autres, est chaque jour dans sa cuisine. Les équipes tournent comme une horloge suisse. Lionel Rigolet n'a jamais été aussi bien dans sa cuisine. Saucier et rôtisseur de talent, il est entouré d'une solide équipe. En salle Laurence Wynants et leur fils Loïc Rigolet ainsi que l'équipe abattent un boulot au millimètre. Oui, ils ne produisent pas les gimmicks à la mode qui à force deviennent des poncifs, oui ils jouent plus la carte de l'empathie et du sourire un peu provincial au lieu de nous le faire neutre et sans saveurs. Oui c'est vrai, chez eux on ne mange pas 24 bouchées merrrrrrrrrrveilleuses dont on ne peut se souvenir qu'en scrollant ses photos sur notre SmartPhone. Chez eux, on va au restaurant. Avec une nappe. Une carte des vins. Des plats, des entrées. On ne va pas pour une expérience mais pour un moment hors du temps. Tout est toujours question de choix, mais pour sa première édition entièrement virtuelle, le guide pneumatique a fait un mauvais choix de plus. J'espère qu'il s'agit de l'erreur de trop...Eric Boschman, sommelier et humoriste