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Depuis le début de la crise, plus de 20.000 entreprises belges ont déjà glissé vers une solvabilité négative, selon l'analyse de l'impact du Covid-19 sur les finances des entreprises, réalisée par Trends Business Information (TBI). "Sachant que le bout du tunnel n'est pas attendu avant mi-2021 au plus tôt, leur nombre va encore augmenter sensiblement", pointe d'ores et déjà Pascal Flisch, analyste chez TBI. Le nombre de sociétés dont la solvabilité est aujourd'hui inférieure à 15% de leurs fonds propres - le seuil à partir duquel les problèmes s'enclenchent souvent - a lui augmenté de 7.000 unités. L'algorithme qui permet d'avancer de tels chiffres tient compte de la possibilité de recevoir des aides publiques, des reports d'échéances de dettes et de recourir au chômage temporaire. Le gouvernement fédéral vient justement de décider de renforcer ces aides, afin de tenter d'aplanir le choc économique de ce deuxième confinement. La déduction majorée pour investissement (25%) est prolongée jusque fin 2022 afin d'aider les PME et les indépendants à relancer leurs investissements et les possibilités de report de paiement des crédits aux entreprises seront prolongées, en accord avec Febelfin. Une démarche similaire est menée pour les crédits hypothécaires et les crédits à la consommation. Par ailleurs, le chômage temporaire est prolongé au moins jusqu'au 31 mars. Il est accessible dans tous les secteurs. En outre, pour éviter un impact trop lourd du chômage temporaire sur les primes de fin d'année, l'Onem versera un supplément aux travailleurs qui auront connu plus de 52 jours de chômage Corona en 2020. La FEB s'est réjouie de ces mesures qui apporteront "un ballon d'oxygène" à la trésorerie des entreprises. La fédération patronale continue toutefois de redouter (et l'algorithme de TBI lui donne raison) une future crise de solvabilité. Elle suggère à cet égard un nouveau régime Cooreman-De Clercq pour mobiliser l'épargne, un avantage fiscal aux réserves de reconstitution, l'encouragement des prêts subordonnés, etc. Le gouvernement a également prévu des mesures en faveur des indépendants. Le ministre des PME David Clarinval (MR) annonce un tout nouveau droit passerelle pour janvier 2021. Il sera accessible à tous les indépendants qui subissent une perte de revenus en raison du Covid-19 et ambitionne de mieux coller aux difficultés concrètes rencontrées par les indépendants que les dispositifs actuels. En attendant, ceux-ci sont prolongés jusqu'à la fin de l'année. Précision importante: le droit passerelle n'interrompt plus la constitution des droits à la pension. L'UCM a bien entendu salué ces avancées. Mais, insiste-t-elle dans un communiqué, "il faudra être à la hauteur du défi qui se posera au début de 2021, quand divers reports de charges arriveront à échéance". Elle réclame donc un moratoire sur les faillites jusqu'en juin prochain, ainsi qu'une "solution structurelle" pour les loyers commerciaux (prise en charge par les organismes financiers régionaux et remboursement de 50% étalé dans le temps). "Les charges fixes menacent la survie d'entreprises rentables, conclut l'UCM. Or, c'est bien le défi qui se pose: éviter les faillites et les cessations uniquement provoquées par la crise sanitaire."