1. Trente-quatre postes sont vacants dans vos six établissements. Comment expliquez-vous cette désaffection pour les métiers de l'horeca?
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1. Trente-quatre postes sont vacants dans vos six établissements. Comment expliquez-vous cette désaffection pour les métiers de l'horeca? Le Covid-19 a été un gros coup de semonce. Beaucoup de travailleurs ont quitté le secteur car ils avaient besoin d'un salaire plein alors que nous étions en arrêt forcé. Notre métier est relativement difficile, avec des horaires lourds qui compliquent la vie de famille. Nous travaillons quand les autres s'amusent ou sont en vacances, ce n'est pas simple, il faut en convenir. Mais là, quand il nous manque 20 à 25% de notre personnel, cela devient très compliqué. Allons-nous devoir limiter la carte pour simplifier le service ou réduire nos horaires d'ouverture? A moyen et long terme, il y a un vrai péril pour la pérennité de notre secteur en Belgique et dans toute l'Europe. 2. Ne devriez-vous pas, en tant qu'employeurs, aménager les conditions de travail pour rendre vos établissements plus attractifs? Mais nous le faisons: nous nous sommes organisés pour que notre personnel puisse travailler en semaine de quatre jours et avoir donc trois jours de congé pour la famille et les loisirs. Les emplois ne sont pas mal payés, aux alentours de 1.800 euros net pour un serveur. C'est un métier gratifiant, dans lequel il y a moyen de se former et d'évoluer au fil de sa carrière. Quand on est dans la vie active, on a des perspectives, on peut avancer, évoluer, c'est motivant. Je dois pourtant me rendre à l'évidence: sur 10 C.V. reçus, il n'y a en fin de compte qu'un ou deux candidats qui se présentent aux entretiens d'embauche. Même le recrutement d'étudiants pour la haute saison est devenu compliqué. Franchement, ça devient décourageant. 3. Estimez-vous que les allocations sont trop généreuses et n'incitent pas les demandeurs d'emploi à rechercher un travail? Je ne juge pas le système, je constate juste la situation et je lance un appel aux gouvernements. Nous avons besoin d'actions concrètes pour inciter les gens à venir travailler dans nos établissements. Nous sommes prêts à participer aux plans de formation, cela fait partie de notre rôle. Aujourd'hui, c'est toute la filière qui est en péril. Certains de nos fournisseurs réduisent leurs livraisons car ils ne trouvent plus de chauffeurs pour leurs camions.