En juillet dernier, la Commission européenne a proposé un projet de législation prévoyant de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves dans l'UE, et ce à partir de 2035. Cette politique entraînerait de facto l'arrêt des ventes de véhicules essence et diesel à cette date - y compris les versions hybrides et hybrides rechargeables - au profit des seules motorisations 100% électriques.

Mais quel impact ce changement aura-t-il sur le monde du travail ? C'est l'objet de l'étude commandée par l'Association européenne des fournisseurs de l'industrie automobile (CLEPA) au cabinet de conseil PwC et Strategy&. Ceci dans le but d'évaluer l'impact des politiques développées par le Green Deal européen (ou Pacte vert) sur l'emploi pour la période 2020-2040. Tout en supposant qu'une électrification accélérée comprenant une part de marché élevée pour les véhicules électriques ait lieu d'ici 2030.

Une perte nette de 275 000 emplois d'ici 2040

Pour commencer, l'étude précise que le secteur de la construction automobile est "responsable de plus de 5 % de l'emploi manufacturier global dans treize États membres de l'UE" et que plus de 60 % de ces travailleurs sont employés par des fournisseurs automobiles. Dans ce contexte, l'étude a pour but d'identifier les risques et les opportunités liés à ce marché dans sept grands pays producteurs de composants automobiles que sont l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie, la République tchèque, la Pologne et la Roumanie.

Ainsi, l'évaluation indique que 226 000 nouveaux emplois sont prévus dans la production des groupes motopropulseurs de véhicules électriques. Insuffisants pour contrebalancer la suppression d'emploi, avec une perte nette de 275 000 emplois d'ici 2040. Soit 43 % d'emplois en moins.

Avec ce changement de paradigme, certaines tâches vont devenir obsolètes. Ainsi, 501 000 emplois de fournisseurs automobiles pour la production de composants à destination des groupes motopropulseurs de moteurs à combustion interne devraient devenir désuets si la technologie est abandonnée progressivement d'ici 2035.

Et sur ce demi-million d'emplois, 70 % - soit 359 000 - seront très probablement perdus en seulement 5 ans, de 2030 à 2035. Une fenêtre de huit ans donc, qui montre le délai très limité qu'ont les pays pour ainsi gérer et absorber les impacts sociaux et économiques considérables.

La solution : une approche mixte des technologies vertes

Après avoir dépeint ce scénario assez sombre, l'étude indique cependant qu'une approche technologique mixte, qui viendrait compléter l'électrification, permettrait une réduction de 50 % des émissions de CO2 d'ici 2030, tout en maintenant les emplois et en créant de la valeur ajoutée. Ce que précise Sigrid de Vries, la secrétaire générale de la CLEPA :

Les innovations des fournisseurs automobiles ont rendu la mobilité électrique de plus en plus accessible aux consommateurs et constituent un instrument essentiel pour atteindre les objectifs de réduction des émissions. Mais les besoins de la société sont bien trop divers pour une approche unique. Un cadre réglementaire ouvert à toutes les solutions disponibles, comme l'utilisation de technologies hybrides, d'hydrogène vert et de carburants renouvelables durables, permettra l'innovation alors que nous redéfinirons la mobilité dans les décennies à venir.

La CLEPA indique que la proposition actuelle de Fit-for-55 - véritable pilier pour la réalisation du Pacte vert européen - ne concerne "que les émissions provenant du tuyau d'échappement du véhicule, ignorant les émissions liées à la production des véhicules ou aux carburants qu'ils utilisent, y compris la façon dont l'électricité est produite".

Ainsi, l'association souhaite que les émissions des véhicules soient réglementées sur la base du cycle de vie du véhicule, et prendre en compte la production et la distribution du carburant et/ou de l'électricité utilisé pour alimenter un véhicule.

Ils appellent également à "l'ouverture technologique" pour ainsi laisser le temps à l'industrie défectuer cette transition, et atténuer les répercussions sociales. "Sans compromis sur le climat", précisent-ils. Une transition planifiée et réfléchie, fondée sur cette approche technologique mixte, permettrait selon eux de "garder des options ouvertes pour s'adapter aux nouveaux développements, qu'il s'agisse de percées technologiques, d'événements géopolitiques ou de la disponibilité des ressources, tout en offrant d'importantes possibilités de création de valeur dans l'industrie automobile".

Sigrid de Vries conclue : "Il existe d'autres options que l'absence totale d'émissions à l'échappement, et nous devons reconnaître le rôle que les carburants neutres sur le plan climatique peuvent jouer dans la réduction des émissions, la préservation du choix du consommateur, l'accessibilité financière et le maintien de la compétitivité mondiale de l'Europe. La technologie n'est pas l'ennemi ici, mais plutôt les combustibles fossiles, et l'ouverture technologique sera essentielle pour assurer une transition juste."

Aurore Dessaigne

En juillet dernier, la Commission européenne a proposé un projet de législation prévoyant de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves dans l'UE, et ce à partir de 2035. Cette politique entraînerait de facto l'arrêt des ventes de véhicules essence et diesel à cette date - y compris les versions hybrides et hybrides rechargeables - au profit des seules motorisations 100% électriques. Mais quel impact ce changement aura-t-il sur le monde du travail ? C'est l'objet de l'étude commandée par l'Association européenne des fournisseurs de l'industrie automobile (CLEPA) au cabinet de conseil PwC et Strategy&. Ceci dans le but d'évaluer l'impact des politiques développées par le Green Deal européen (ou Pacte vert) sur l'emploi pour la période 2020-2040. Tout en supposant qu'une électrification accélérée comprenant une part de marché élevée pour les véhicules électriques ait lieu d'ici 2030.Pour commencer, l'étude précise que le secteur de la construction automobile est "responsable de plus de 5 % de l'emploi manufacturier global dans treize États membres de l'UE" et que plus de 60 % de ces travailleurs sont employés par des fournisseurs automobiles. Dans ce contexte, l'étude a pour but d'identifier les risques et les opportunités liés à ce marché dans sept grands pays producteurs de composants automobiles que sont l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie, la République tchèque, la Pologne et la Roumanie. Ainsi, l'évaluation indique que 226 000 nouveaux emplois sont prévus dans la production des groupes motopropulseurs de véhicules électriques. Insuffisants pour contrebalancer la suppression d'emploi, avec une perte nette de 275 000 emplois d'ici 2040. Soit 43 % d'emplois en moins. Avec ce changement de paradigme, certaines tâches vont devenir obsolètes. Ainsi, 501 000 emplois de fournisseurs automobiles pour la production de composants à destination des groupes motopropulseurs de moteurs à combustion interne devraient devenir désuets si la technologie est abandonnée progressivement d'ici 2035.Et sur ce demi-million d'emplois, 70 % - soit 359 000 - seront très probablement perdus en seulement 5 ans, de 2030 à 2035. Une fenêtre de huit ans donc, qui montre le délai très limité qu'ont les pays pour ainsi gérer et absorber les impacts sociaux et économiques considérables.Après avoir dépeint ce scénario assez sombre, l'étude indique cependant qu'une approche technologique mixte, qui viendrait compléter l'électrification, permettrait une réduction de 50 % des émissions de CO2 d'ici 2030, tout en maintenant les emplois et en créant de la valeur ajoutée. Ce que précise Sigrid de Vries, la secrétaire générale de la CLEPA :La CLEPA indique que la proposition actuelle de Fit-for-55 - véritable pilier pour la réalisation du Pacte vert européen - ne concerne "que les émissions provenant du tuyau d'échappement du véhicule, ignorant les émissions liées à la production des véhicules ou aux carburants qu'ils utilisent, y compris la façon dont l'électricité est produite". Ainsi, l'association souhaite que les émissions des véhicules soient réglementées sur la base du cycle de vie du véhicule, et prendre en compte la production et la distribution du carburant et/ou de l'électricité utilisé pour alimenter un véhicule. Ils appellent également à "l'ouverture technologique" pour ainsi laisser le temps à l'industrie défectuer cette transition, et atténuer les répercussions sociales. "Sans compromis sur le climat", précisent-ils. Une transition planifiée et réfléchie, fondée sur cette approche technologique mixte, permettrait selon eux de "garder des options ouvertes pour s'adapter aux nouveaux développements, qu'il s'agisse de percées technologiques, d'événements géopolitiques ou de la disponibilité des ressources, tout en offrant d'importantes possibilités de création de valeur dans l'industrie automobile".Sigrid de Vries conclue : "Il existe d'autres options que l'absence totale d'émissions à l'échappement, et nous devons reconnaître le rôle que les carburants neutres sur le plan climatique peuvent jouer dans la réduction des émissions, la préservation du choix du consommateur, l'accessibilité financière et le maintien de la compétitivité mondiale de l'Europe. La technologie n'est pas l'ennemi ici, mais plutôt les combustibles fossiles, et l'ouverture technologique sera essentielle pour assurer une transition juste."Aurore Dessaigne