On le retrouve à tous les étages du plan de relance. Produit en transformant les surplus d'énergie éolienne ou solaire via l'électrolyse de l'eau, l'hydrogène vert est aujourd'hui considéré comme l'un des piliers essentiels de la transition énergétique. C'est bien simple: il doit permettre de décarboner des pans entiers de l'économie, des transports à l'industrie chimique en passant par la sidérurgie. Son grand avantage est qu'il peut être stocké. Mais sa production coûte très cher. Afin de rendre l'hydrogène vert compétitif, il faut donc que le prix de l'électricité verte continue de baisser, que les électrolyseurs soient bien plus rentab...

On le retrouve à tous les étages du plan de relance. Produit en transformant les surplus d'énergie éolienne ou solaire via l'électrolyse de l'eau, l'hydrogène vert est aujourd'hui considéré comme l'un des piliers essentiels de la transition énergétique. C'est bien simple: il doit permettre de décarboner des pans entiers de l'économie, des transports à l'industrie chimique en passant par la sidérurgie. Son grand avantage est qu'il peut être stocké. Mais sa production coûte très cher. Afin de rendre l'hydrogène vert compétitif, il faut donc que le prix de l'électricité verte continue de baisser, que les électrolyseurs soient bien plus rentables et que des économies d'échelle permettent de réduire les coûts de production. C'est dans cette optique que vient d'être créé chez nous le consortium Hyve, réunissant les centres de recherche flamands Imec et VITO ainsi que les industriels Bekaert, Colruyt Group, Deme et John Cockerill. "L'objectif est de développer ce que j'appelle l'électrolyseur du futur, explique Alain Bernard, managing director de Deme Concessions qui a été désigné pour présider le consortium. Imec est un centre de recherche et d'innovation spécialisé dans le domaine des nanotechnologies. Le but est donc d'appliquer ces technologies sur les composants d'un électrolyseur en vue de réduire les coûts de production des molécules vertes par comparaison aux molécules grises." Pour réduire le prix de l'électricité verte, cette fois l'idée est d'aller la chercher en pleine mer, là où le vent est abondant, via l'éolien flottant. Mais aussi de combiner l'énergie solaire et de l'éolien onshore, ce qui doit par ailleurs permettre d'atteindre une production continue. "En réduisant le prix de l'énergie renouvelable et le coût de l'électrolyseur, on réduit le prix de l'hydrogène vert mais aussi des e-carburants comme l'ammoniac ou le méthanol", précise notre interlocuteur. Les partenaires ont à ce stade investi quelque 900.000 euros dans la création du consortium, qui représente toute la chaîne de valeur. A côté des centres de recherche, il y a, schématiquement, les constructeurs que sont Bekaert et John Cockerill d'une part, et les utilisateurs Colruyt et Deme d'autre part. Fabricants de couches de transport poreuses métalliques pour l'électrolyse, Bekaert fournira les matériaux adéquats. John Cockerill, en tant que leader mondial de la production d'électrolyseurs alcalins, intégrera les résultats dans sa production. Spécialiste international des services de dragage et d'énergie offshore, Deme utilisera pour sa part les nouveaux électrolyseurs afin de convertir l'énergie éolienne et solaire en hydrogène vert et en produits verts dérivés, tandis que le groupe Colruyt soutiendra les applications de recherche pour le transport durable. Le détaillant de Hal exploite déjà une station-service à hydrogène, teste des chariots élévateurs ainsi que les premiers poids lourds à l'hydrogène, et explore les e-carburants via ses stations-services DATS24.