Ce plan doit être présenté dans l'après-midi aux syndicats lors d'un comité de groupe extraordinaire, selon des sources proches du dossier.

Les suppressions prévues sont de l'ordre de 15.000 postes, dont un tiers en France, pays où le constructeur est le plus implanté, selon l'une de ces sources, confirmant une information de La Tribune.

Ces suppressions de postes devraient quasi exclusivement toucher la branche aviation commerciale du groupe -également présente dans la défense, l'espace et les hélicoptères- ainsi que plusieurs filiales comme la française Stelia Aerospace ou encore l'allemande Premium Aerotec.

Sollicité par l'AFP, Airbus n'a pas fait de commentaire.

Pour la France, le plan devrait être détaillé lors d'un comité de groupe Airbus France jeudi matin à Blagnac, siège de l'avionneur dans la banlieue de Toulouse, selon une source syndicale, pour qui ces chiffres semblent "cohérents" avec la baisse de production annoncée.

Depuis plusieurs semaines, Guillaume Faury, le président exécutif du groupe aux 135.000 salariés, dont 81.000 dans sa branche d'avions commerciaux, prévient que la crise engendrée par l'épidémie due au coronavirus met en jeu la "survie d'Airbus".

"L'ampleur de la crise du Covid-19 pour notre secteur impose à Airbus de s'adapter. Cette adaptation signifie en fait une réduction significative du format de notre entreprise. Après des décennies de croissance ininterrompue, c'est une véritable épreuve. Elle nous contraint à des décisions amères", a-t-il écrit dans une lettre aux salariés.

Le groupe Airbus compte 49.000 collaborateurs en France, 45.500 en Allemagne, 12.500 en Espagne et 11.000 au Royaume-Uni. Les suppressions de postes concerneraient donc plus de 10% des effectifs totaux. La branche Defense and Space d'Airbus, confrontée à un marché difficile, a déjà annoncé en février un plan de restructuration prévoyant 2.665 suppressions de postes.

Le grand rival, l'américain Boeing, a lui annoncé fin avril son intention de supprimer 10% de ses effectifs, soit 16.000 personnes, via des départs volontaires et des licenciements.

- Derrière Airbus, les fournisseurs -

Face à l'arrêt du trafic aérien, Airbus a diminué ses cadences de production d'environ un tiers, passant par exemple de 60 à 40 avions de la famille A320 produits par mois.

"On a baissé les cadences en gros d'un tiers par rapport à ce qu'elles étaient à fin 2019. Cela représente une baisse d'activité de 40% par rapport à ce qu'on avait prévu de faire sur 2020 et 2021", avait expliqué Guillaume Faury à l'AFP à l'occasion de l'annonce du plan de soutien de 15 milliards d'euros du gouvernement français à sa filière aéronautique.

Derrière Airbus, ce sont des milliers de fournisseurs, pour la plupart de petites et moyennes entreprises, qui sont touchés. L'équipementier Daher a ainsi déjà annoncé la suppression d'un maximum de 1.300 postes sur les 10.000 du groupe.

"On anticipe une baisse du besoin de nouveaux avions de 40% à 60% dans les 5 années à venir" avant une reprise de l'activité dans la deuxième partie de la décennie, estime Rémy Bonnery, expert aéronautique au cabinet Archery consulting.

Celle-ci devrait d'abord être tirée par les avions moyen-courrier avant les gros-porteurs, le trafic long-courrier étant le dernier à redémarrer, s'accordent les experts, pour qui le trafic aérien ne devrait pas retrouver son niveau de 2019 avant 2023 au mieux.

Si Airbus dispose d'un imposant carnet de commandes de plus de 7.600 appareils qui lui "donne de la visibilité à long terme", celui-ci ne représente qu'une "protection limitée à court terme", estime Rémy Bonnery car les reports de commandes n'ont généralement que peu d'incidences financières pour les compagnies.

"Dans cette crise, une des grosses difficultés c'est s'adapter à très court terme mais continuer à préparer le futur pour rester compétitif", selon Guillaume Faury, qui "veut pouvoir garder des équipes, des compétences minimiser l'impact sur l'emploi", notamment via les mesures de chômage partiel.

Le géant européen Airbus en chiffres

Le groupe Airbus, qui s'apprête à une lourde restructuration, est un géant européen de l'aéronautique et de l'espace, présent aussi bien dans les avions commerciaux, dont il est numéro un mondial, que les hélicoptères, les avions militaires, les satellites ou la fusée Ariane. En voici les principaux chiffres.

Activité

Le groupe, né de la fusion en 2000 du français Aérospatiale-Matra, de l'allemand Dasa et de l'espagnol Casa, a enregistré un chiffre d'affaires de 70,5 milliards d'euros en 2019.

Les trois-quarts de son activité (77% du chiffre d'affaires) proviennent de sa branche aviation commerciale (54,8 milliards), suivie de sa division Défense et espace, Airbus Defense and Space, (15% à 10,9 milliards) et enfin d'Airbus Helicopters (8% à 6 milliards).

Dans son rapport annuel, le groupe affirme avoir recours à environ 24.000 fournisseurs issus de plus de 100 pays. Les achats auprès d'eux représentaient 52 milliards d'euros en 2018.

Implantations et emploi

Au 31 décembre 2019, Airbus employait 135.000 personnes dans le monde.

Ses principaux pays d'implantation sont la France, avec 49.000 salariés (36% du total), l'Allemagne (45.500, 34%), l'Espagne (12.500, 9%), le Royaume-Uni (11.000, 8%) et les Etats-Unis (3.000 salariés, 2%).

Six salariés sur dix, soit 81.000 personnes, travaillent dans la branche aviation commerciale, 34.000 dans les activités spatiales et de défense (25%) et 20.000 pour les hélicoptères (15%).

La branche Défense et espace, confrontée à un marché spatial atone et des reports de contrats de défense, a engagé un plan de restructuration en février. Celui-ci prévoit la suppression de 2.665 postes, dont 926 en Allemagne, 722 en Espagne, 464 en France et 346 au Royaume-Uni.

Airbus compte par ailleurs plusieurs filiales à 100%, la française Stelia Aerospace (7.500 salariés) et l'allemande Premium Aerotec (9.000).

Chaînes d'assemblage

Le groupe dispose d'une douzaine de chaînes d'assemblage dans le monde pour les avions commerciaux.

A Toulouse, où est situé le siège du groupe, se trouvent une chaîne d'assemblage (FAL, Final assembly line) pour chacun des gros-porteurs (A380, A350 et A330), ainsi que deux autres pour les avions de la famille A320 (A319, A320 et A321). Un projet de troisième FAL A320 pour remplacer celle de l'A380 une fois la production du géant des airs terminée, a été gelée en raison de la crise.

Hambourg (Allemagne) compte pour sa part quatre chaînes d'assemblage pour la famille A320. Une FAL A320 a été ouverte à Tianjin (Chine) en 2008 et une autre en 2015 à Mobile (Etats-Unis). L'usine américaine doit inaugurer au second semestre une autre ligne d'assemblage dédiée à l'A220 (ex-Bombardier C-Series), déjà assemblé à Mirabel (Canada).

Carnet de commandes

Fin 2019, la valeur totale du carnet de commandes du groupe s'établissait à 471,5 milliards de dollars, à 90% provenant des avions commerciaux.

Pour l'activité principale d'Airbus, le carnet de commandes s'établissait au 31 mai à 7.621 appareils: 527 A220, 6.199 A320, 322 A330, 564 A350 et 9 A380.

Le groupe, qui a enregistré 768 commandes et livré 863 appareils en 2019, s'attend à une dégringolade de son activité en raison de la crise provoquée par l'épidémie de covid-19.

Ce plan doit être présenté dans l'après-midi aux syndicats lors d'un comité de groupe extraordinaire, selon des sources proches du dossier.Les suppressions prévues sont de l'ordre de 15.000 postes, dont un tiers en France, pays où le constructeur est le plus implanté, selon l'une de ces sources, confirmant une information de La Tribune.Ces suppressions de postes devraient quasi exclusivement toucher la branche aviation commerciale du groupe -également présente dans la défense, l'espace et les hélicoptères- ainsi que plusieurs filiales comme la française Stelia Aerospace ou encore l'allemande Premium Aerotec.Sollicité par l'AFP, Airbus n'a pas fait de commentaire.Pour la France, le plan devrait être détaillé lors d'un comité de groupe Airbus France jeudi matin à Blagnac, siège de l'avionneur dans la banlieue de Toulouse, selon une source syndicale, pour qui ces chiffres semblent "cohérents" avec la baisse de production annoncée.Depuis plusieurs semaines, Guillaume Faury, le président exécutif du groupe aux 135.000 salariés, dont 81.000 dans sa branche d'avions commerciaux, prévient que la crise engendrée par l'épidémie due au coronavirus met en jeu la "survie d'Airbus"."L'ampleur de la crise du Covid-19 pour notre secteur impose à Airbus de s'adapter. Cette adaptation signifie en fait une réduction significative du format de notre entreprise. Après des décennies de croissance ininterrompue, c'est une véritable épreuve. Elle nous contraint à des décisions amères", a-t-il écrit dans une lettre aux salariés.Le groupe Airbus compte 49.000 collaborateurs en France, 45.500 en Allemagne, 12.500 en Espagne et 11.000 au Royaume-Uni. Les suppressions de postes concerneraient donc plus de 10% des effectifs totaux. La branche Defense and Space d'Airbus, confrontée à un marché difficile, a déjà annoncé en février un plan de restructuration prévoyant 2.665 suppressions de postes.Le grand rival, l'américain Boeing, a lui annoncé fin avril son intention de supprimer 10% de ses effectifs, soit 16.000 personnes, via des départs volontaires et des licenciements.- Derrière Airbus, les fournisseurs -Face à l'arrêt du trafic aérien, Airbus a diminué ses cadences de production d'environ un tiers, passant par exemple de 60 à 40 avions de la famille A320 produits par mois."On a baissé les cadences en gros d'un tiers par rapport à ce qu'elles étaient à fin 2019. Cela représente une baisse d'activité de 40% par rapport à ce qu'on avait prévu de faire sur 2020 et 2021", avait expliqué Guillaume Faury à l'AFP à l'occasion de l'annonce du plan de soutien de 15 milliards d'euros du gouvernement français à sa filière aéronautique.Derrière Airbus, ce sont des milliers de fournisseurs, pour la plupart de petites et moyennes entreprises, qui sont touchés. L'équipementier Daher a ainsi déjà annoncé la suppression d'un maximum de 1.300 postes sur les 10.000 du groupe."On anticipe une baisse du besoin de nouveaux avions de 40% à 60% dans les 5 années à venir" avant une reprise de l'activité dans la deuxième partie de la décennie, estime Rémy Bonnery, expert aéronautique au cabinet Archery consulting.Celle-ci devrait d'abord être tirée par les avions moyen-courrier avant les gros-porteurs, le trafic long-courrier étant le dernier à redémarrer, s'accordent les experts, pour qui le trafic aérien ne devrait pas retrouver son niveau de 2019 avant 2023 au mieux.Si Airbus dispose d'un imposant carnet de commandes de plus de 7.600 appareils qui lui "donne de la visibilité à long terme", celui-ci ne représente qu'une "protection limitée à court terme", estime Rémy Bonnery car les reports de commandes n'ont généralement que peu d'incidences financières pour les compagnies."Dans cette crise, une des grosses difficultés c'est s'adapter à très court terme mais continuer à préparer le futur pour rester compétitif", selon Guillaume Faury, qui "veut pouvoir garder des équipes, des compétences minimiser l'impact sur l'emploi", notamment via les mesures de chômage partiel.