Personne ne s'en plaindra : le football est un sport où le métissage est roi. Si les vrais supporters connaissent généralement les noms et les nationalités des joueurs qui évoluent dans le championnat belge, ils ignorent souvent en revanche qui détient réellement le pouvoir dans les stades. Savent-ils, par exemple, que l'équipe d'Eupen est passée, en 2012, sous pavillon qatari ? Que le club de Courtrai appartient, depuis 2016, à un milliardaire malaisien ? Qu'une femme d'affaires chinoise s'est offert, la même année, le KSV Roulers ? Ou qu'un investisseur turc a ...

Personne ne s'en plaindra : le football est un sport où le métissage est roi. Si les vrais supporters connaissent généralement les noms et les nationalités des joueurs qui évoluent dans le championnat belge, ils ignorent souvent en revanche qui détient réellement le pouvoir dans les stades. Savent-ils, par exemple, que l'équipe d'Eupen est passée, en 2012, sous pavillon qatari ? Que le club de Courtrai appartient, depuis 2016, à un milliardaire malaisien ? Qu'une femme d'affaires chinoise s'est offert, la même année, le KSV Roulers ? Ou qu'un investisseur turc a repris, il y a quelques semaines à peine, le club de Westerlo ? Méconnu, l'attrait des investisseurs étrangers pour les équipes de la Pro League (l'association qui regroupe les 24 clubs professionnels belges des divisions 1A et 1B) est pourtant bien réel et il n'a fait que croître ces dernières années. Le cabinet Deloitte a d'ailleurs épinglé le phénomène dans sa dernière étude dédiée à l'impact socio-économique de la Pro League sur l'économie belge et basée sur les chiffres de la saison 2017?2018. Pour cette période, ce ne sont pas moins de 10 clubs professionnels belges sur les 24 répertoriés qui présentent un actionnariat majoritairement étranger. Il ne s'agit évidemment pas des équipes qui composent le fameux G5, à savoir celles qui ont obtenu les meilleurs résultats sportifs au cours des cinq dernières saisons (Anderlecht, Bruges, Genk, La Gantoise et le Standard) et qui ont un actionnariat belge solide, mais plutôt des clubs moins prestigieux qui oeuvrent principalement en division 1B. Le rachat de ces équipes (dont la situation financière était généralement problématique) a donc été forcément moins médiatisé. Pour la dernière saison 2018-2019, la différence entre les deux divisions s'est davantage creusée : sur les 16 clubs de la Jupiler Pro League (division 1A), seuls cinq sont aux mains d'investisseurs étrangers (le Cercle de Bruges, Courtrai, Eupen, Mouscron et Ostende), tandis que la quasi-totalité des huit clubs de division 1B voit tout doucement s'envoler ses derniers ancrages belges : excepté Malines et le Beerschot (dont l'actionnariat est tout de même à moitié saoudien), les six autres clubs de cette Proximus League sont en effet passés sous pavillon étranger. A côté de Roulers et Westerlo évoqués plus haut, l'AFC Tubize est devenu coréen en 2014, Louvain a été racheté par le groupe thaïlandais King Power en mai 2017, l'Union Saint-Gilloise a été reprise l'année dernière par le Britannique Tony Bloom et Lommel est désormais sous le contrôle d'un investisseur israélien.On peut donc affirmer aujourd'hui que quasiment la moitié des clubs professionnels belges de football est passée sous contrôle étranger en quelques années à peine.