Elle devait être la réponse à la crise financière de 2009 et aux nouvelles aspirations citoyennes pour être plus durable, plus social, plus vert. Après avoir vu le jour le 6 mai 2011, la coopérative NewB obtient sa licence bancaire en janvier 2020. Mais les choses se compliquent ensuite, pour arriver aujourd'hui à une situation qui semble inextricable.
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Elle devait être la réponse à la crise financière de 2009 et aux nouvelles aspirations citoyennes pour être plus durable, plus social, plus vert. Après avoir vu le jour le 6 mai 2011, la coopérative NewB obtient sa licence bancaire en janvier 2020. Mais les choses se compliquent ensuite, pour arriver aujourd'hui à une situation qui semble inextricable. En début du mois, la banque a annoncé que la Région wallonne avait décidé de ne pas participer à la recapitalisation de la coopérative, confirmant que les 40 millions d'euros de fonds demandés ne seront pas récoltés. Une somme que la Banque nationale de Belgique (BNB) l'avait priée de réunir avant le 30 septembre afin de maintenir sa licence bancaire.Aujourd'hui, la banque compte 117 000 coopératrices et coopérateurs, 353 organisations sociétales et 11 investisseurs institutionnels, mais seulement 20 000 clients. Et c'est ce que certains reprochent à la banque : de ne pas avoir réussi à convertir une majorité de ses coopérateurs en clients. De son côté, NewB souligne avoir dû "faire face à plusieurs difficultés qui ont retardé le lancement des activités bancaires". "Le déclenchement du confinement un mois après l'obtention de la licence bancaire a compliqué le recrutement des nouvelles équipes indispensables pour le démarrage d'une toute nouvelle banque. Le passage à des taux d'intérêt négatifs n'était pas initialement prévu dans le plan financier et ceux-ci ont un impact considérable sur [nos] revenus."La banque coopérative avait pourtant lancé un appel en ligne, qui avait réussi à rassembler plus de 30 000 signataires. De plus, dans sa volonté de continuer à porter des solutions alternatives aux crises que traverse notre société, la NewB avait appelé à une mobilisation des banques face à la crise énergétique actuelle. La consommation d'énergie dépendant fortement de la qualité d'isolation des bâtiments, la NewB a pour projet de développer un "crédit à la rénovation", permettant aux ménages propriétaires d'une "passoire énergétique" de financer des travaux de rénovation. Une partie de l'économie réalisée sur la facture d'énergie servirait à rembourser le crédit et le reste demeurerait acquis au ménage qui réduirait ainsi ses charges.Une démarche qui n'a pas convaincu dans les rangs des coopérateurs. Ainsi, le journal l'Echo a révélé que certains d'entre eux avaient fait appel à un cabinet d'avocats afin de lancer une étude préliminaire du dossier. Le but étant d'éclaircir les plans de la banque pour la suite mais aussi d'avancer l'assemblée générale, pour l'instant prévue au mois de décembre.Également, NewB a précisé aux coopérateurs que "l'argent qui a été investi dans des parts coopératives de NewB l'a été en connaissance des risques. Si notre banque devait être dissoute, les coopératrices et coopérateurs récupéreraient le solde financier après apurement de tous les autres engagements de NewB". Une déclaration qui ne va peut-être pas satisfaire les intéressés.Toujours en discussion avec la BNB, la NewB dit étudier différents "scénarios alternatifs" et qui seront soumis au vote lors de l'assemblée générale. La banque envisage notamment de poursuivre certaines activités de finance durable hors licence bancaire ou la liquidation de la coopérative.Une assemblée générale que certains coopérateurs aimeraient donc organiser plus tôt que prévu. Si il n'est pas question d'action judiciaire par l'instant, les désaccords internes se font donc de plus en plus présents.