Devenir "la" référence dans le monde de la notation financière. Telle est l'ambition de Sopiad, jeune fintech belge qui a développé un logiciel pas comme les autres. Le nom de cette start-up est en effet l'acronyme "Socrates Portfolio-Investor Adequacy", son but étant de fournir un système de diagnostic de portefeuilles et d'actifs financiers qui place l'investisseur au centre de la notation. D'où la référence au précepte socratique "connais-toi, toi-même".
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Devenir "la" référence dans le monde de la notation financière. Telle est l'ambition de Sopiad, jeune fintech belge qui a développé un logiciel pas comme les autres. Le nom de cette start-up est en effet l'acronyme "Socrates Portfolio-Investor Adequacy", son but étant de fournir un système de diagnostic de portefeuilles et d'actifs financiers qui place l'investisseur au centre de la notation. D'où la référence au précepte socratique "connais-toi, toi-même". "A la différence de tous les systèmes de notation de produits financiers, notre outil met le client final au centre du processus, situe Pierre Nemeth, CEO de Sopiad. La notation qui est attribuée tient explicitement compte du profil de l'investisseur afin d'évaluer son adéquation avec le produit financier sélectionné. Pour une même proposition d'investissement, il pourra donc y avoir des notations différentes en fonction des différents profils d'investisseurs."C'est dans la tête de Georges Hübner, professeur de finance à HEC Liège, qu'a germé l'idée de Sopiad après le succès rencontré avec sa première spin-off, le robot conseiller Gambit racheté depuis par le groupe bancaire français BNP Paribas. "A l'époque du lancement de Gambit, nous avons constaté que le marché de la notation financière était saturé et se basait souvent sur les caractéristiques propres des fonds pour générer leur notation, explique Georges Hübner. La création d'une nouvelle forme de notation qui renverserait ce principe, et viserait notamment l'adéquation entre un actif ou portefeuille financier et l'investisseur, m'a paru alors prendre tout son sens. C'est comme cela que m'est venue l'idée de Sopiad, afin de fournir un rating modulable en fonction du profil de risque de l'investisseur et non plus sur la base uniquement de performances de gestion." Sopiad a vu le jour en 2017, bénéficiant d'une subvention de l'ordre de 400.000 euros de la Région wallonne. Un e subvention qui permet alors à l'équipe de recherche de tester et de valider une première version de la solution avant la création de la société début de cette année et l'engagement d'une équipe de sept personnes, dont le CEO Pierre Nemeth, ancien d'HEC Liège."Ce qui m'a plu dans le projet, outre l'aventure entrepreneuriale, c'était le fait de permettre à un investisseur de comprendre ce qui serait le mieux pour lui", explique ce jeune quadra, qui affiche 15 ans d'expérience dans la consultance en matière de services financiers, principalement chez Accenture. "La grande majorité des particuliers sont dépassés par la complexité des produits d'investissement disponibles et par l'incertitude qui y est associée, poursuit le CEO. Il est difficile pour ces investisseurs individuels de trouver, comprendre et comparer ces informations afin de choisir un produit approprié. Et cette complexité augmente encore avec la prise en compte de facteurs non financiers tels que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance." Baptisé Safir, le logiciel développé par Sopiad évalue donc la compatibilité entre les options d'investissement proposées et le profil de l'investisseur en fonction de paramètres financiers mais aussi non financiers. "L'outil prend bien sûr en compte des critères tels que l'aversion au risque mais aussi des aspects plus comportementaux, plus émotionnels, comme la réaction par rapport aux pertes enregistrées par un portefeuille lors d'une violente correction des marchés, ou encore des éléments liés à la performance durable et environnementale", détaille Pierre Nemeth. En fait, "nous voulons être le Dr House de la finance: nous voulons comprendre le patient et bien étudier sa pathologie avant de lui donner un remède", ajoute avec un brin d'humour Georges Hübner, se référant au héros de la célèbre série américaine. Côté remède précisément, la start-up prévoit de commercialiser sa solution d'ici la fin de l'année et d'introduire un module innovant d'analyse prédictive de performance dans le courant de l'année prochaine. Suivront également diverses fonctionnalités supplémentaires améliorant le suivi des investissements, à destination des particuliers mais également de leurs conseillers financiers. Ses marchés cibles sont aujourd'hui le Benelux, la France, l'Espagne et l'Italie. Et ce que soit le type de canaux de distribution des produits financiers. "Notre solution s'adresse tout aussi bien aux banques traditionnelles qu'à des pure players digitaux tels que les néo-banques, robots conseillers et autres acteurs de la wealthtech (gestion digitale de portefeuille, Ndlr)", avance le directeur commercial Julien Renkin. Pour atteindre ces objectifs, Sopiad vient de lever 2 millions d'euros auprès d'une série d'investisseurs privés et publics, dont notamment l'invest wallon Noshaq, le groupe de construction Moury ainsi que le family office liégeois Ardent Invest. Prévoyant d'engager une dizaine de personnes supplémentaires dans les trois à cinq ans, la start-up a pour ambition "de franchir le seuil de rentabilité dès 2024", indique Pierre Nemeth, précisant que Sopiad pourra compter sur les précieux conseils de divers spécialistes pour assurer son développement. La jeune pousse s'est en effet dotée de deux comités d'experts composés de 12 spécialistes issus du monde scientifique pour le premier et des affaires pour le second. On retrouve au sein de ces organes consultatifs des personnalités telles qu'Etienne de Callataÿ (fondateur d'Orcadia Asset Management), David Suetens (ancien CEO de State Street Luxembourg et président du CA de Sopiad), Yves Francis (administrateur indépendant du groupe de banque privée Quintet), Vincent Questiaux (CIO de Keytrade) et plusieurs professeurs d'université comme Marie Lambert (HEC Liège) ou Catherine D'Hondt (Louvain School of Management). De quoi permettre à la fintech liégeoise et sa jeune équipe de mettre toutes les chances de leur côté. De minimiser les risques, en somme...