Sale temps pour les épargnants. Alors qu'elle avait déjà bondi à 4,1% en octobre, voilà qu'elle s'accélère encore. "Elle", c'est bien sûr l'inflation. En moyenne, elle a atteint en novembre un niveau record de 4,9% pour l'ensemble de la zone euro. S'affichant respectivement à 3,4 et 4,0% en France et en Italie, elle culmine chez nous à... 7,1% (contre 4,2% en octobre)! Soit un niveau supérieur à tous les autres pays de la zone euro, hormis les pays baltes.
...

Sale temps pour les épargnants. Alors qu'elle avait déjà bondi à 4,1% en octobre, voilà qu'elle s'accélère encore. "Elle", c'est bien sûr l'inflation. En moyenne, elle a atteint en novembre un niveau record de 4,9% pour l'ensemble de la zone euro. S'affichant respectivement à 3,4 et 4,0% en France et en Italie, elle culmine chez nous à... 7,1% (contre 4,2% en octobre)! Soit un niveau supérieur à tous les autres pays de la zone euro, hormis les pays baltes. Faisant ces derniers mois régulièrement les gros titres des journaux économiques, ce violent retour de l'inflation, contrecoup de l'importante reprise économique, n'est bien sûr pas une bonne affaire pour les épargnants. Qui dit inflation largement supérieure au rendement du livret, dit épargne qui fond comme neige au soleil. Certes, l'environnement de répression financière auquel les épargnants européens et belges sont habitués depuis maintenant presque 10 ans n'est pas neuf, "mais il s'aggrave fortement", résume Eric Dor, professeur d'économie à l'IESEG de Lille, qui ajoute que "la situation devient même caricaturale pour les épargnants belges" dans la mesure où ils encaissent un taux d'intérêt réel (intérêts moins inflation) qui est pour le moment quasiment le plus négatif de la zone euro. Résultat, les pertes sur compte d'épargne n'ont jamais été aussi élevées que maintenant. Combiné à une inflation de 7%, un taux de 0,11% sur la plupart des livrets signifie en effet qu'un épargnant perd 7% d'intérêt par an! Merci la BCE et sa politique monétaire ultra-expansionniste menée jusqu'à présent.Si l'épargnant est pénalisé, le consommateur l'est aussi. Boosté par des prix de l'énergie en forte hausse, le taux d'inflation ampute mécaniquement le pouvoir d'achat des ménages. Faire ses courses coûte plus cher. Rouler en voiture coûte plus cher. Se chauffer coûte plus cher. "L'augmentation des prix de gros des produits énergétiques sur le marché européen est évidemment la même pour tous les pays, note Eric Dor. Mais dépendante des sources d'approvisionnement et des mécanismes de fixation des prix des producteurs et distributeurs locaux, la hausse des prix de l'énergie pour les consommateurs diffère fortement entre pays. En ce qui concerne la Belgique, le pays est champion de la hausse des prix de l'énergie pour le consommateur. Si la moitié de la hausse des prix dans la zone euro est due à l'envolée des prix de l'énergie, celle-ci est donc particulièrement forte en Belgique, ce qui impacte surtout les (jeunes) ménages dont les dépenses incompressibles, comme le chauffage ou les télécoms, représentent une part importante du budget." Des dépenses incompressibles parmi lesquelles figurent aussi les primes d'assurance incendie qui vont augmenter en 2022. Sans oublier, dans tout cela, que les prix de l'immobilier ne cessent de grimper et que les banques sont en plus priées par la Banque nationale de durcir les conditions d'octroi pour un crédit destiné à l'achat d'un logement. Dur, dur d'être à la fois consommateur et épargnant par les temps qui courent.