Ne pouvant plus consommer autant depuis la mi-mars, le Belge n'aura jamais autant épargné pendant le confinement. Malgré la faiblesse historique des taux d'intérêt, pas moins de 15 milliards d'euros ont ainsi pris la direction du bon vieux livret d'épargne l'an dernier, soit la hausse la plus nette depuis huit ans, selon un décompte effectué par nos confrères du Tijd auprès de 11 banques. Certaines comme KBC/CBC (+ 4,2 milliards) et Belfius (+ 3,7 milliards) ont enregistré une augmentation de près de 10% de leur volume d'épargne sans risque. Au total, près de 300 milliards d'euros sont aujourd'hui ainsi parqués sur les comptes d'épargne dans les banques en Bel...

Ne pouvant plus consommer autant depuis la mi-mars, le Belge n'aura jamais autant épargné pendant le confinement. Malgré la faiblesse historique des taux d'intérêt, pas moins de 15 milliards d'euros ont ainsi pris la direction du bon vieux livret d'épargne l'an dernier, soit la hausse la plus nette depuis huit ans, selon un décompte effectué par nos confrères du Tijd auprès de 11 banques. Certaines comme KBC/CBC (+ 4,2 milliards) et Belfius (+ 3,7 milliards) ont enregistré une augmentation de près de 10% de leur volume d'épargne sans risque. Au total, près de 300 milliards d'euros sont aujourd'hui ainsi parqués sur les comptes d'épargne dans les banques en Belgique. Et ce n'est pas tout. Car une partie des Belges qui ont la chance de pouvoir conserver leurs revenus se sont également tournés vers d'autres produits que le compte d'épargne pour garder le niveau de leur pouvoir d'achat futur. Exemple chez Belfius où les plans d'investissement périodique dans des fonds de placements, dans des trackers ou des ETF ainsi que l'épargne pension ont connu une belle progression. Même tendance également chez KBC (et CBC) où la plateforme d'investissement en ligne Bolero a enregistré une augmentation du nombre de nouveaux clients de 46% par rapport à 2019. Lire aussi: Une taxe sur tous les comptes-titres?Pour l'économiste Etienne de Callataÿ (Orcadia Asset Management), il s'agit là d'une bonne nouvelle dans la mesure où "nombre de Belges épargnent de manière trop prudente par rapport à leur situation professionnelle et patrimoniale". Allergiques au risque, ils préfèrent en effet souvent le compte d'épargne comme poire pour la soif, misant sur sa liquidité (argent immédiatement disponible), la garantie d'Etat (dépôts protégés jusqu'à 100.000 euros) et son exonération fiscale (pas d'impôt jusqu'à 980 euros d'intérêts). Reste que si nombre de Belges ont pu mettre de l'argent de côté l'an dernier, ce n'est pas seulement à cause de la fermeture de l'horeca, des magasins ou encore des limitations de voyage. Certes, tout cela a entraîné une baisse des dépenses de consommation qui n'a pas été entièrement compensée par les achats en ligne. Mais la peur du lendemain a aussi joué (perte d'emploi, etc.). Ce qui, pour Etienne de Callataÿ, pose la question de la confiance: "L'épargne est fréquemment présentée de manière négative, mais elle a contribué à la baisse supplémentaire des taux d'intérêt par le jeu de l'offre et de la demande. Une baisse qui à son tour a soutenu l'économie, notamment l'immobilier qui s'est bien comporté l'an dernier. Surtout, cette surépargne des Belges (estimée dans sa totalité pour l'an dernier à plus de 20 milliards d'euros par la BNB, Ndlr) constitue aujourd'hui un gisement de ressources pour booster la reprise. L'essentiel de cette reprise viendra du secteur privé, c'est-à-dire de la consommation des ménages et des investissements des entreprises. La question fondamentale est donc celle de la restauration de la confiance". Clé du déverrouillage de cette épargne record des Belges, en somme.