1. Entre mars et juillet, le montant des nouveaux prêts aux entreprises et aux ménages est passé de 10,9 milliards d'euros en 2019 à 6,2 milliards en 2020, soit une baisse de 4,7 milliards. Les banques belges seraient-elles trop prudentes, malgré les mesures de la BCE ?
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1. Entre mars et juillet, le montant des nouveaux prêts aux entreprises et aux ménages est passé de 10,9 milliards d'euros en 2019 à 6,2 milliards en 2020, soit une baisse de 4,7 milliards. Les banques belges seraient-elles trop prudentes, malgré les mesures de la BCE ? Il est très difficile de dire si les banques rechignent à prêter ou pas par les temps qui courent. Elles pourraient ne pas être en cause. Ce serait plutôt lié à l'appétit de crédit dans le chef des entreprises et des ménages. C'est malheureusement un domaine où il y a plus d'hypothèses que de réponses. Nous ne disposons pas du recul ni des études scientifiques nécessaires pour déterminer les raisons de ce faible recours au crédit par les entreprises et les ménages. 2. En France, où le système de garantie d'Etat responsabilise moins les banques, la situation est radicalement différente. Malgré les améliorations, le bazooka bancaire de la BNB serait-il un mauvais système ? Le fait d'impliquer directement les banques en leur faisant supporter une partie des pertes liées aux mauvais crédits est une bonne idée. Les banques restent, mieux que les pouvoirs publics, capables d'évaluer la viabilité des projets qui demandent à être financés. Il y a une grande vertu à ne pas maintenir en vie des entreprises qui ne sont pas compétitives. Il ne faudrait pas ouvrir les vannes à tout va. Si le crédit est trop facile, des entre- prises qu'il serait souhaitable de voir faire faillite continueront à vivre. 3. Ces chiffres d'octroi de crédit en net recul s'expliquent-ils alors par la mise à disposition par le gouvernement d'autres mesures de soutien ? Cela s'explique d'abord par le fait que, face à l'incertitude, entreprises et ménages renoncent à de nouveaux projets et à des achats, et donc recourent moins au crédit. Ceci dit, d'autres mesures de soutien telles que le droit passerelle, le chômage économique et les délais de paiement soulagent la trésorerie des entreprises. Et puis, il y a le fait que la fiscalité des entreprises a stimulé les fonds propres et la mise en réserve de bénéfices, et cela alors que la déductibilité des charges d'intérêt est peu attractive quand les taux d'intérêt sont si bas. Bref, le prêt bancaire n'est pas le bazooka dans le combat contre la crise.