Rue Treurenberg, à Bruxelles. C'est là, juste à l'arrière de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, que les clients de CitySafes peuvent venir déposer des objets de valeur ou de l'argent dans un coffre. Après avoir montré patte blanche à la réception, un employé les accompagne en sous-sol jusqu'à la zone sécurisée. Passé un deuxième guichet, on accède à la salle des coffres cachée derrière une énorme porte blindée de plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur. Un employé de CitySafes vous y accompagne pour ouvrir une colonne de coffres-forts, on peut ensuite ouvrir son propre coffre-fort avec sa propre clé, sans code. L'accès est gratuit, sans restriction et sans rendez-vous pendant les heures d'ouverture.
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Rue Treurenberg, à Bruxelles. C'est là, juste à l'arrière de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, que les clients de CitySafes peuvent venir déposer des objets de valeur ou de l'argent dans un coffre. Après avoir montré patte blanche à la réception, un employé les accompagne en sous-sol jusqu'à la zone sécurisée. Passé un deuxième guichet, on accède à la salle des coffres cachée derrière une énorme porte blindée de plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur. Un employé de CitySafes vous y accompagne pour ouvrir une colonne de coffres-forts, on peut ensuite ouvrir son propre coffre-fort avec sa propre clé, sans code. L'accès est gratuit, sans restriction et sans rendez-vous pendant les heures d'ouverture. "Environ 800 clients disposent ici d'un coffre mais nous pouvons en accueillir beaucoup plus. La capacité de l'agence est prévue pour abriter plusieurs milliers de coffres", plante Joost Dejaeger, ex-Deloitte et jeune patron de CitySafes pour la Belgique. Se concentrant exclusivement sur la location de coffres, CitySafes est une société qui vient des Pays-Bas, marché sur lequel elle totalise 70.000 clients. Egalement active en Allemagne et au Danemark, elle part maintenant à la conquête de la Belgique. "Nous avons ouvert notre première implantation à Anvers au mois d'avril, explique Joost Dejaeger. Entre-temps nous avons aussi ouvert une agence à Bruxelles et une autre tout récemment à Hasselt." Au total, CitySafes a ouvert en l'espace de quelques mois pas moins de sept implantations situées à Anvers, Bruxelles, Gand, Charleroi, Turnhout, Bruges et Hasselt. Quatre autres ouvertures sont planifiées prochainement à Courtrai, Uccle, Liège et Wavre. "Notre objectif est que chaque Belge puisse trouver un coffre-fort à moins de 20 minutes de son lieu d'habitation. Cela signifie que nous voulons ouvrir des agences un peu partout en Flandre et en Wallonie (Arlon, La Louvière, Liège, Verviers, Mons, Namur). L'objectif est de rapidement arriver à une vingtaine d'agences." Outre l'accessibilité, les emplacements doivent présenter un certain cachet. A Anvers, CitySafes a installé ses coffres dans un ancien bâtiment de la Banque nationale. A Bruxelles, c'est une ancienne agence de la banque CBC. Etc. "Nous essayons le plus souvent de réutiliser des anciens bâtiments bancaires car souvent ils disposent déjà d'une salle des coffres, explique Joost Dejaeger. Dans ce cas, nous remplaçons les coffres-forts existants par nos propres modèles." Des modèles parmi lesquels il est possible de choisir entre huit tailles différentes, d'un coffre-fort étroit (9 euros par mois) à un modèle extra-large (100 euros par mois). Côté ambitions, CitySafes s'est fixé comme objectif de capter chez nous pas moins de 10.000 clients d'ici fin 2023. Réaliste? Ce qui est sûr, c'est que l'offre de coffres-forts physiques se réduit. Cette diminution s'explique en partie par l'accélération des fermetures d'agences bancaires. "C'est le bon moment pour démarrer sur le marché belge, lance Joost Dejaeger, nous grandissons vite." Merci ING qui a décidé de cesser complètement son activité de location de coffres-forts. Depuis le début de l'année, la filiale belge de la banque néerlandaise n'accepte plus de nouvelles demandes. Pour les clients qui veulent quand-même garder un coffre-fort, ING a conclu un partenariat avec CitySafes. En effet, "nous ne nous considérons pas comme des concurrents des banques, nous sommes d'ailleurs un peu plus chers qu'elles, mais comme des partenaires. Par ailleurs, si nous nous adressons aux personnes qui ont besoin d'un coffre-fort car leur banque ferme et à qui nous voulons offrir une alternative, nous ne nous limitons pas aux seuls clients des banques. Nous visons également les personnes qui ne souhaitent pas laisser leurs objets de valeur à la maison, mais dans un endroit sécurisé. Bref, c'est un public très varié." Si CitySafes a choisi de se lancer sur le marché belge, c'est aussi parce que les banques se retrouvent en surcapacité, c'est-à-dire avec beaucoup de coffres qui ne sont pas loués, ce qui hypothèque la viabilité du service. Exemple chez BNP Paribas Fortis, où la banque a commencé à proposer à chaque client la possibilité de louer un coffre-fort à son nom dès 1892: quelque 113.113 coffres sont actuellement loués, soit seulement un tiers des coffres qui sont occupés désormais au sein du réseau de la banque. D'une année à l'autre, la baisse de la location se situe entre 10 et 15% par an. Fin 2019, le nombre de coffres loués était de 153.500. La tendance est identique chez ING: sur un total de 110.000 coffres, un peu moins de 42.000 sont encore en location. Ce qui explique cette baisse constante des locations, c'est bien sûr la numérisation. Outre la disparition des titres au porteur, la liste des documents officiels disponibles sous format électronique ne cesse aujourd'hui de croître et il n'est donc plus nécessaire de les mettre dans un coffre. Une clé USB, un compte dans un cloud ou sur le site d'une administration publique suffit à présent. Plusieurs acteurs proposent désormais des alternatives numériques pour le stockage des documents: les géants de la tech, les autorités publiques, les acteurs bancaires... Chez BNP Paribas Fortis, qui en dépit de cette évolution, n'envisage pas d'interrompre la location de coffres-forts physiques, les clients de la banque privée peuvent bénéficier de l'e-vault de la fintech belge PaxFamilia. Bref, résume Joost Dejaeger, "comme les banques se digitalisent de plus en plus, proposer un coffre-fort physique fait de moins en moins partie de leur core business. Hier, c'était quelque chose de naturel pour elles. Aujourd'hui, il y a beaucoup moins de valeur ajoutée à offrir ce service qui devient de plus en plus coûteux pour les banques. Notamment parce qu'il demande beaucoup de travail manuel, et donc de personnel." D'autres établissements bancaires pourraient-ils donc suivre l'exemple d'ING? Ce n'est pas impossible. "Des discussions sont en cours avec d'autres banques dont certaines spécialisées dans la gestion de patrimoine", confie Joost Dejaeger, précisant que CitySafes travaille aux Pays-Bas avec tous les grands acteurs de la place (ING, Rabobank, ABN Amro). Reste bien sûr "la" question: quid de la sécurité et du contrôle dans tout cela? Déposer ses trésors chez CitySafes est-il aussi sûr que dans une banque? "Nous ne sommes pas soumis aux réglementations visant les banques en matière de lutte contre la fraude et le blanchiment d'argent, indique Joost Dejaeger. Nous ne savons bien évidemment pas ce que le client dépose dans son coffre. Ceci ne nous empêche pas de mettre fortement l'accent sur la transparence et la sécurité. Nous avons établi nos propres procédures de KYC (Know Your Customer, c'est-à-dire l'identification des clients, Ndlr) et nous essayons d'aller le plus loin possible en matière de sécurité. Toutes nos agences sont équipées de caméras, de détecteurs de mouvements, de capteurs sismographiques qui peuvent détecter les vibrations du forage ou des explosions. Il est important de donner au client le sentiment que ce qu'il nous confie est en sécurité." Pour garantir par ailleurs la discrétion, cerise sur le gâteau, il existe des pièces séparées où le client peut déposer ou retirer ses objets de valeur de la boîte, avant d'être ensuite raccompagné par l'un des employés de CitySafes jusqu'à la salle des coffres où il pourra à nouveau ranger le tiroir de son coffre en toute sécurité. "Certes, nous sommes un peu plus chers que les banques, reconnaît Joost Dejaeger. Mais nous essayons de donner un service complet. Nos heures d'ouverture sont très larges. Le client est toujours le bienvenu. Et nous essayons de rendre la visite dans nos agences la plus agréable possible." En somme, de procurer une expérience-client différenciante.