USA - Le gendarme boursier pointe les risques de conflits d'intérêts des agences de notation

24/12/13 à 21:35 - Mise à jour à 21:35

Source: Trends-Tendances

(Belga) Le gendarme boursier américain (SEC) a pointé mardi la persistance de risques de "conflits d'intérêts" au sein des agences de notation financière, tout en saluant des avancées vers une "transparence accrue".

Ces risques sont liés au mode de fonctionnement de la plupart de ces agences, qui sont payées par l'émetteur d'un titre (entreprises, fonds d'investissement...) pour juger de sa qualité et aiguiller de possibles investisseurs, écrit la Securities and Exchange Commission (SEC) dans un rapport transmis au Congrès américain. "Les agences de notation peuvent être incitées à attribuer des notations plus favorables sans que ce soit justifié, dans le but de garder l'émetteur du (titre) parmi ses clients", explique la SEC qui est légalement tenue d'évaluer ces agences chaque année. Selon la SEC, les risques de conflits d'intérêts sont notamment "élevés" s'agissant des produits financiers structurés pour lesquels les frais de notation sont "particulièrement lucratifs". Décriées pour avoir attribué de bonnes notes aux fameux crédits immobiliers à risque ("subprime") avant la crise, les trois principaux acteurs du marché (Standard and Poor's, Moody's et Fitch) sont également régulièrement mis à l'index pour leur évaluation de la solvabilité des Etats. La récente décision de Standard and Poor's (S&P) de retirer à l'Union européenne son "triple A", la meilleure note possible, a ainsi soulevé une levée de boucliers. Les pratiques de ces mêmes agences, qui avaient privé les Etats-Unis de leur propre triple A à l'été 2011, font par ailleurs l'objet d'une enquête des autorités américaines depuis plusieurs mois. Dans son rapport, la SEC relève toutefois des progrès vers davantage de transparence liés au développement d'une évaluation par les pairs. "Les commentaires non sollicités (des agences, ndlr) sur les évaluations (de leurs concurrentes, ndlr) constituent une nouvelle tendance qui a accru le niveau de transparence", assure le régulateur américain. (Belga)

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