Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

31/08/11 à 11:10 - Mise à jour à 11:10

Une course à la médiocrité en Bourse

Imaginez un monde où le plomb aurait plus de valeur que l'or, ce serait pour le moins cocasse. Imaginez un monde où il y aurait une prime à la médiocrité. Ce serait tout aussi fou. Pourtant, c'est en gros ce qui se passe en Bourse depuis quelques semaines. Les spécialistes qui sont des gens polis parlent plus simplement d'incohérence des marchés.

Vous aurez remarqué qu'en dépit de la dégradation des finances publiques en Europe et aux Etats-Unis, les investisseurs se sont repliés massivement sur les obligations d'Etat. A tel point que leurs achats ont fait grimper mécaniquement le cours de ces obligations et donc a fait baisser tout aussi automatiquement le rendement de ces obligations d'Etat. Aujourd'hui, le trésor américain et le trésor allemand peuvent se financer à du 2%, autrement dit, pour quasi rien, et tant mieux pour ces Etats.

Alors pourquoi est-ce que les spécialistes parlent d'une course à la médiocrité en Bourse ? Parce que les investisseurs sont fébriles, ils vendent leurs actions alors que bien souvent le bilan de ces sociétés sont sains et que la stratégie de ces sociétés sont claires, lisibles, ce qui n'est pas le cas des grands Etats. A l'inverse de ce qui s'est fait par le passé, on assiste à une fuite devant la qualité - celles de sociétés au bilan très sain - en direction de la "médiocrité" - çàd en direction d'Etat surendettés !

Ce qui étonne les spécialistes dans ce chassé-croisé entre actions et obligations d'Etat - c'est que les risques de récession vont encore accentuer ce paradoxe, dans le sens où les finances publiques des Etats risquent de se dégrader plus vite que par le passé, alors que les entreprises cotés de qualité peuvent, elles encore, compter augmenter leur chiffre d'affaires grâce aux pays émergents qui continuent d'être en bonne santé. En réalité, en mettant leurs liquidités dans ce qu'il faut bien appeler des "parkings publics", les marchés financiers ont réagi comme le plus frileux des épargnants de base. Les marchés financiers ont donc préféré la liquidité au rendement. "c'est médiocre mais c'est humain" écrit le spécialiste du journal français Les Echos. Peut-être, mais en attendant les Etats se financent à bon compte, et ça, ce n'est pas médiocre !

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