Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

23/07/12 à 10:01 - Mise à jour à 10:01

Triste été pour l'Espagne

L'été ne réussit pas à l'Espagne. Alors que les dirigeants européens se sont enfin mis d'accord pour accorder jusqu'à 100 milliards d'euros s'il le fallait pour renflouer les banques espagnoles, les marchés financiers ne semblent toujours pas rassurés.

Dans un premier temps, on a cru que c'était parce que ces 100 milliards risquaient de tarder à venir sur la table, car la somme devait passer par un mécanisme complexe. Les marchés financiers se sont alors dit que rien n'était encore réglé. Mais l'Europe a fort bien réagi en précisant qu'un montant de 30 milliards d'euros pouvait être débloqué très rapidement pour que l'Espagne puisse faire face à une urgence. On s'était alors dit "Ouf !", on va enfin pouvoir passer un été tranquille, à l'abri des colères des marchés financiers.

Hélas, c'était trop beau. Eté ou pas, les marchés financiers ne prennent pas de vacances et continuent à punir l'Espagne avec des taux d'intérêt qui dépassent les 7% ! La prime de risque espagnole - autrement dit la différence d'intérêt que doit payer l'Espagne pour emprunter sur dix ans par rapport à l'Allemagne - a atteint plus de 6%. Les Espagnols doivent donc donner 6% d'intérêt en plus que les Allemands pour trouver un acheteur pour leur dette publique.

La conséquence de cette tension sur les taux d'intérêt espagnols est que ce pays devra payer l'année prochaine quasi 9 milliards d'euros d'intérêt en plus. Ce n'est pas réjouissant d'autant que le gouvernement vient encore de voter un plan d'austérité qui va faire augmenter les impôts de 65 milliards d'euros pour d'ici 2014. S'ajoute à cela des manifestations quotidiennes contre ses mesures d'austérité, qui plonge l'Espagne dans un climat social extrêmement tendu. Tout cela fait dire au président du Parlement européen qu'un risque d'explosion sociale en Europe n'est pas à exclure, notamment du fait qu'un jeune sur deux est au chômage. En réalité, cette explosion sociale est redoutée par les marchés financiers, qui pensent que le gouvernement espagnol ne pourra pas respecter son budget et que l'Espagne entière - pas seulement ses banques - devra être sauvée. Or, comme le pays est la 4ème économie de la zone euro et que sa faillite se propagera immédiatement à l'Italie, le constat des marchés financiers est que le sauvetage de ces deux pays est inabordable pour la zone euro. Nous pouvons renflouer la Grèce, l'Irlande et le Portugal, mais pas l'Espagne et l'Italie en plus. Encore une fois, les marchés financiers parient sur un éclatement de la zone euro. Voilà pourquoi les taux d'intérêt espagnols sont à du 7% , pourquoi les Bourses sont dans le rouge et l'euro au plus bas face au dollar. J'ai bien essayé de trouver une nouvelle sympa pour ce lundi, mais c'était mission impossible...

Nos partenaires