Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

03/02/11 à 12:32 - Mise à jour à 12:32

Pourquoi la "guerre des générations" nous pend au nez

La révolte des étudiants britanniques contre la hausse des frais d'inscription n'est que le premier symptôme d'une guerre des générations.

Klaus Schwab est suisse et ancien professeur d'économie. Il a comme autre particularité d'être le fondateur du Forum économique mondiale de Davos. C'est dans cette petite station de ski en Suisse que vient de se réunir le gratin mondial des affaires : 2.500 personnes, parmi lesquelles 1.400 chefs d'entreprise, 8 dirigeants de banque centrale et une bonne trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement. Bref, une fois par an, Klaus Schwab a une assez bonne idée de ce que pensent vraiment les dirigeants de la planète.

Que faut-il penser de la crise actuelle ? Première idée forte : il faut à tout prix éviter la guerre des générations. Selon l'interview donnée par Klaus Schwab, certains pays ont vécu au-dessus de leurs moyens, surtout l'Espagne et l'Irlande. Le résultat, c'est que les ménages se sont endettés au-delà du raisonnable. Que s'est-il passé ensuite ? Ces dettes des ménages ont été transférées aux banques qui, elles-mêmes, les ont transmises aux Etats. Finalement, ces dettes sont toujours là, elles n'ont pas disparu : elles ont juste changé de poche !

La vraie question, selon le patron du Forum de Davos, est simple : va-t-on transférer ces dettes aux contribuables sous forme de hausses d'impôts et de diminution des prestations sociales, ou transférer une partie de ces dettes à la prochaine génération ?

Autrement dit, la crise actuelle, qui a d'abord été une crise financière, s'est transformée en crise économique puis en crise sociale dans pas mal de pays. Et c'est cette crise sociale qui pourrait se terminer en guerre des générations.

La révolte des étudiants britanniques contre la hausse des frais d'inscription n'est que le premier symptôme de cette guerre des générations. Dire à un jeune britannique qu'il devra s'endetter pour étudier mais qu'il pourra rembourser ses frais d'inscription en 30 ans n'est sans doute pas la meilleure manière de lui donner de l'espoir en l'avenir. Surtout quand le taux de chômage les touche en premier lieu et que leur date de départ à la retraite sera prolongée de deux ou trois ans.

La guerre des générations nous pend au nez en Europe. Autant le savoir.

Nos partenaires