Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/10/12 à 10:16 - Mise à jour à 10:16

Pourquoi l'Europe ne fait plus rêver

Les résultats des élections communales de ce dimanche ne doivent pas faire oublier que notre avenir, même au niveau local, dépendra de l'évolution économique de la zone euro. La remise du Prix Nobel de la paix à l'Union européenne est une excellente chose.

D'abord, parce qu'en cette époque d'amnésie collective, le jury du Prix Nobel a bien fait de rappeler que l'Europe a permis d'apporter la paix sur notre bon vieux continent pendant 60 ans. Après s'être suicidée deux fois pendant le XXème siècle, l'Europe a décidé d'instaurer la paix sur le continent par l'économie. Ce Prix Nobel de la paix rappelle à ceux qui l'auraient oublié que la prospérité de l'Europe s'est d'abord construite sur la mise en commun du charbon et de l'acier : pourquoi le charbon et l'acier ? Mais parce que le mariage des anciens marchands de canons devait rendre toute guerre entre la France et l'Allemagne, non seulement impensable, mais matériellement impossible !

Depuis lors, l'Europe a fait rêver les peuples, notamment en attirant des pays qui vivaient sous le joug communiste ! Mais aujourd'hui, c'est vrai, l'Europe ne fait plus rêver, les problèmes de la zone euro ont par exemple refroidi les ardeurs de la Pologne qui n'est plus tellement pressée d'adopter l'euro. Autre exemple : les protestataires à Athènes ou à Madrid ne veulent sans doute pas vraiment quitter la zone euro, mais ils ne croient plus au miracle économique européen. Pire encore, les stéréotypes nationaux ont repris de la vigueur. Pour les Allemands, les Grecs sont tous des fainéants, quant aux Grecs, ils ont accueilli Angela Merkel sur leur sol avec les honneurs militaires et des croix gammées !

Les entreprises de la zone euro, de leur côté, ne sont plus logées à la même enseigne ; à qualité égale, des entreprises espagnoles doivent aujourd'hui payer des taux d'intérêt deux fois plus élevés que les entreprises allemandes. Donc, oui, il est temps que l'Union européenne fasse à nouveau rêver le citoyen européen, mais difficile de faire rêver avec des concepts comme l'union bancaire ou l'union fiscale. Le citoyen normal n'arrive pas à accrocher à ces idées. Donc, il faudra bien lui trouver autre chose, quelque chose avec lequel, il peut s'identifier, être motivé. Et là, personne visiblement n'a encore trouvé, le concept qui tue !

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