La politique de Shinzo Abe en 5 points clés

23/10/17 à 10:35 - Mise à jour à 10:34

Source: Afp

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, vainqueur dimanche d'élections législatives anticipées qu'il avait lui-même provoquées, est un conservateur partisan d'une politique volontariste de relance de l'économie du pays et d'une plus grande fermeté à l'égard de la Corée du Nord.

La politique de Shinzo Abe en 5 points clés

Shinzo Abe © Reuters

Poursuivre les 'abenomics'

Dès son retour au pouvoir fin 2012, après un premier exercice raté en 2006-2007, Shinzo Abe a lancé un vaste plan de relance économique qu'il a baptisé "abenomics". Il consiste à augmenter massivement les investissements de l'Etat pour stimuler l'activité, à maintenir une politique monétaire ultra-accommodante tout en menant des réformes structurelles.

Tout au long de la campagne électorale, M. Abe a vanté les résultats positifs de ses "abenomics" selon lui, soulignant que le Produit intérieur brut du pays progresse depuis six trimestres d'affilée, une première depuis 11 ans. Il a promis un nouveau plan de stimulation de l'activité de 2.000 milliards de yens (15 milliards d'euros).

Cependant sa politique, favorable aux grandes entreprises et aux marchés financiers, n'a pas permis pour l'instant de contrer la déflation, qui mine l'économie japonaise depuis les années 1990. Ses adversaires ont aussi souligné son peu d'efficacité pour améliorer le quotidien de la classe moyenne japonaise. Si le taux de chômage est très bas dans le pays, il masque une précarisation croissante du marché du travail.

Relancer le nucléaire

En dépit du traumatisme national de la catastrophe de Fukushima en 2011, M. Abe estime que l'énergie nucléaire est indispensable pour le Japon, car s'en priver reviendrait à augmenter encore la dépendance énergétique du pays, à entraver son économie et ses engagements dans la lutte contre le changement climatique.

Il souhaite que tous les réacteurs jugés techniquement sûrs par l'Autorité de régulation du secteur puissent être relancés, tout en indiquant sa volonté de réduire "dans la mesure du possible la dépendance au nucléaire".

Le plan de son gouvernement est d'atteindre une production d'électricité provenant à 20-22% des centrales nucléaires à horizon 2030, contre 30% avant Fukushima. Selon les experts, cet objectif nécessitera cependant non seulement la relance de réacteurs, mais aussi la construction de nouveaux.

Réformer la Constitution pacifiste

M. Abe souhaite amender la Constitution japonaise, rédigée par les vainqueurs américains après-guerre, ce qui serait inédit depuis son entrée en vigueur en 1947.

Tout en gardant les trois principes fondamentaux, la démocratie, le respect des droits de l'homme, le pacifisme, il souhaite mentionner clairement l'existence d'une armée nationale dans l'article 9, celui qui précise le renoncement "à jamais" à la guerre comme moyen de régler les différends internationaux. Il souhaite aussi y inscrire la gratuité de la scolarité, ainsi que d'y définir l'Etat d'urgence.

Etre ferme face à la Corée du Nord

Face à l'imprévisible régime de Corée du Nord, désormais doté de l'arme nucléaire et qui a récemment tiré des missiles au-dessus du territoire japonais, M. Abe propose d'élever les moyens de défense antimissile et d'amplifier l'alliance avec les Etats-Unis, déjà renforcée par le passage en septembre 2015 de lois permettant en théorie aux Forces japonaises d'autodéfense d'appuyer un allié en difficulté à l'étranger.

M. Abe a fréquemment évoqué le dossier nord-coréen lors de la campagne des législatives et a appelé à une "diplomatie forte" pour faire renoncer Pyongyang à l'arme nucléaire. Il s'est engagé à travailler étroitement sur ce dossier avec le président américain Donald Trump, qui doit se rendre au Japon début novembre, et avec le président russe Vladimir Poutine, partisan du dialogue.

Augmenter la TVA

M. Abe s'est engagé à ne plus reporter une hausse, à 10% contre 8% auparavant, de la taxe sur la consommation, déjà différée deux fois, et désormais prévue pour décembre 2019.

Cette hausse de l'impôt indirect devrait servir en partie à financer des promesses de campagne, comme la gratuité de la scolarité pour les jeunes enfants, et aider des familles à faibles revenus, alors que la natalité au Japon est en berne.

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