Grèce: nouveau test pour le gouvernement Tsipras

22/07/15 à 10:59 - Mise à jour à 15:41

Source: Belga

Le gouvernement grec espère finaliser l'accord avec les créanciers sur le nouveau prêt au pays d'ici le 20 août, a indiqué mardi la porte-parole du gouvernement Olga Gerovassili, quelques heures après l'introduction au Parlement du deuxième volet des mesures controversées, réclamées par l'UE et le FMI, et dont le vote doit avoir lieu ce mercredi soir.

Grèce: nouveau test pour le gouvernement Tsipras

© EPA

Après le vote de ces mesures, prévu pour mercredi soir, le gouvernement "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard", a indiqué la porte-parole du gouvernement Olga Gerovassili, citée dans un communiqué.

La Grèce espère d'ici cette date finaliser l'accord sur un troisième prêt au pays sur trois ans, comme convenu le 12 juillet entre Athènes et la zone euro. Le 20 août, la Grèce, dont les caisses sont vides, doit rembourser 3,188 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) avant 1,5 milliard au FMI en septembre.

Lundi, grâce aux 7,16 milliards d'euros débloqués en urgence par l'UE, la Grèce a pu solder deux arriérés dus au Fonds monétaire international (FMI) les 30 juin et 13 juillet, pour un total de deux milliards d'euros et verser à la BCE son dû de 4,2 milliards d'euros.

La Commission a le même calendrier en tête

La Commission européenne souhaite finaliser d'ici à "la deuxième quinzaine d'août" le troisième plan d'aide à la Grèce, confrontée le 20 août à un important remboursement, a affirmé mercredi le commissaire aux affaires économiques et financières, PierreMoscovici.

"Parler de la deuxième quinzaine d'août est une bonne fenêtre de tir", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à Bruxelles. "Les négociations devraient nous mener" jusque-là, a ajouté M. Moscovici, soulignant que les discussions "viennent tout juste de commencer" sur un nouveau plan d'aide à la Grèce d'une durée de trois ans et de plus de 80 milliards d'euros, comme convenu le 12 juillet entre Athènes et la zone euro.

Nouveau vote, nouveau test

Le deuxième volet des mesures comprend l'introduction de la directive européenne de 2013, adoptée lors de la crise à Chypre, garantissant des dépôts bancaires jusqu'à 100.000 euros, ainsi qu'une réforme du code de procédure civile visant à simplifier et accélérer la justice et en réduire les coûts.

Le syndicat des fonctionnaires Adedy a annoncé une manifestation devant le Parlement mercredi soir, lors du débat du texte à l'Assemblée en procédure d'urgence.

Ce vote constitue un nouveau test pour le gouvernement du Premier ministre Alexis Tsipras, issu du parti de la gauche radicale Syriza, dont plus d'un cinquième des députés s'étaient prononcés contre le premier volet des mesures de rigueur voté au Parlement il y a une semaine. Ces mesures ont finalement été adoptées grâce aux voix de l'opposition, de droite et socialiste. Ces premières mesures portaient surtout sur la hausse de la TVA et des cotisations sociales, une loi entrée en vigueur dès lundi.

La porte-parole a expliqué que le gouvernement s'était mis d'accord avec les institutions pour reporter pour "plus tard" la mesure concernant la suppression graduelle des pré-retraites, qui aurait dû être adoptée mercredi dernier.

Elections anticipées

Des analystes ont estimé ces derniers jours que le gouvernement de coalition de Syriza et des Grecs Indépendants (petit parti souverainiste) serait contraint de recourir à des élections anticipées dans les prochains mois si les défections se poursuivaient au sein du groupe parlementaire de Syriza.

Mais le gouvernement, au pouvoir depuis juste six mois, espère que le nombre de frondeurs ne va pas augmenter lors du vote de mercredi.

Alexis Tsipras a remanié il y a quatre jours son gouvernement et s'est dit déterminé à continuer son mandat avec "un gouvernement minoritaire" afin de garantir la finalisation le plus tôt possible de l'accord sur un nouveau prêt.

Olga Gerovassili a écarté lundi l'éventualité d'élections anticipées en estimant que cela "ne serait pas utile pour le moment" car le gouvernement doit se concentrer sur la finalisation de l'accord avec le créanciers.

En savoir plus sur:

Nos partenaires