Budget à Bruxelles : le MR se déchaîne, le PS se défend

16/12/11 à 11:31 - Mise à jour à 11:31

Source: Trends-Tendances

Après le FDF, le MR dénonce l'explosion de la dette de la Région bruxelloise et brandit la menace d'une lourde "dette cachée". La majorité, elle, défend un budget certes "paradoxal" mais "de transition"... voire "historique".

Budget à Bruxelles : le MR se déchaîne, le PS se défend

© Image Globe/Benoît Doppagne

La première journée du débat budgétaire ouvert au Parlement bruxellois, jeudi, a été mise à profit par l'opposition libérale et FDF, désormais scindée, pour pointer la détérioration de l'endettement de la Région-Capitale au cours de l'année prochaine. La majorité s'est quant à elle réjouie du début du refinancement attendu de Bruxelles, mais ses composantes ont souhaité que le gouvernement profite de cette phase transitoire pour préparer l'avenir à temps.

Bruxelles : le MR brandit la menace d'une lourde "dette cachée"

Comme Didier Gosuin (FDF), revenu avec ses nombreux chiffres à propos de "l'explosion" de la dette bruxelloise en quelques années de gouvernement de type "olivier", Olivier De Clippele (MR) a souligné que cette dette ne cessait de gonfler (+ 36 % entre le budget 2010 ajusté et le budget 2012 sur la table).

Ce n'est pas faute d'avoir diminué les impôts dans les chiffres, a-t-il poursuivi en substance, soulignant que le citoyen lambda payait une augmentation de taxe "déguisée" à l'achat d'un logement, par le simple fait de l'augmentation de l'immobilier. Idem via les droits de succession, dont les tranches de taxation ne sont pas indexées.

Pour le MR, la Région est, de plus, sous la menace d'une dette cachée constituée par 244 millions d'euros d'augmentation d'engagements non encore liquidés, au cours des deux dernières années. Elle continue par ailleurs à augmenter ses charges en personnel via un gonflement des effectifs de 10 % par rapport à 2010.

Le MR a enfin regretté qu'il n'y ait toujours pas d'allocation-loyer accessible pour le secteur privé du logement.

Bruxelles : le PS parle de "budget paradoxal" et "de transition"

Dans la majorité, Rudy Vervoort (PS) a parlé de "budget paradoxal" car il ressemble à un budget classique, alors que l'actualité politique belge et financière internationale des derniers mois s'est révélée très chaotique. Mais ce "budget de transition" est aussi l'occasion, pour le gouvernement Picqué, de procéder à une évaluation des moyens à consacrer à l'exercice de nouvelles compétences.

Pour lui, la loyauté fédérale exige cependant que l'on ne reprenne pas d'une main à la Région bruxelloise ce que l'on a donné de l'autre. C'est pourtant ce que la Communauté française a fait en supprimant le remboursement de la moitié des abonnements scolaires et en diminuant, par jeu de vases communicants, le refinancement de la Commission communautaire française, a-t-il regretté. "A l'avenir, nous ne pourrons accepter que notre Région serve de variable d'ajustement budgétaire pour les autres niveaux de pouvoir", a averti le chef du groupe socialiste.

Pour Yaron Pesztat (Ecolo), il s'agit également d'un budget de transition en raison du contexte d'austérité dans lequel il a été élaboré et d'un premier refinancement très partiel dont bénéficiera la Région bruxelloise l'an prochain.

Le chef de file des Verts s'est aussi inquiété de la tendance des autres entités à reprendre d'une main ce qui a été accordé de l'autre via le refinancement, épinglant la diminution de 7 millions d'euros en provenance de la Communauté Wallonie-Bruxelles pour les bâtiments scolaires, et l'abandon des mesures fiscales fédérales pour les économies d'énergie. Il a plaidé une nouvelle fois pour un plan budgétaire bruxellois pluriannuel.

Céline Fremault, cheffe du groupe cdH, a quant à elle qualifié le budget 2012 d'"historique" car il sera voté quasi au lendemain de la formation du gouvernement fédéral "le plus attendu de l'histoire du pays", mais surtout parce qu'il se voit crédité d'une première tranche de refinancement de Bruxelles. Elle a insisté sur la nécessité de veiller à l'assainissement des finances de la Région-Capitale pour renforcer la crédibilité de celle-ci.

Trends.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires