"Augmentons l'impôt des sociétés pour équilibrer le budget !"

16/08/10 à 09:37 - Mise à jour à 09:37

Source: Trends-Tendances

Afin d'équilibrer le budget de l'Etat, l'économiste Eric De Keuleneer préconise d'augmenter les impôts trop faibles, notamment l'impôt "réel" des sociétés : "S'il est à 33 % en nominal, il est beaucoup plus faible en réalité !" Et ce, grâce aux "nombreuses échappatoires dont bénéficient surtout les grandes entreprises".

"Augmentons l'impôt des sociétés pour équilibrer le budget !"

© Belga

L'économiste Eric De Keuleneer préconise, dans un entretien accordé au Soir, d'équilibrer le budget de l'Etat en augmentant les impôts, "particulièrement ceux qui sont trop faibles, tel l'impôt réel des sociétés". Selon ce professeur à la Solvay Brussels School of Economics, en effet, l'impôt des sociétés "est à 33 % en nominal mais est beaucoup plus faible en réalité".

"Je crois qu'il vaudrait mieux réduire le taux nominal, en le faisant glisser vers 20 % à 25 %, mais supprimer les nombreuses échappatoires dont bénéficient surtout les grandes entreprises, et rendre difficile les transferts dont bénéficient de nombreuses multinationales", avance-t-il.

L'économiste estime par ailleurs "que le financement de la sécurité sociale devrait reposer moins sur le travail et davantage sur la taxation, par le biais, par exemple, d'une bonne taxe carbone sur les produits énergétiques et d'une réduction des subsides aux voitures de société".

Interrogé sur la crise dont peinent à sortir les Etats-Unis et l'Europe, il met en cause la politique des taux bas inspirée par Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale américaine : "On ne stimule pas une activité saine avec des taux bas. Au contraire, ceux-ci stimulent la spéculation et une mauvaise allocation des capitaux. Depuis 10 ans, la bulle Internet, la gabegie immobilière et le surendettement de certains Etats ne sont que le résultat de cette politique."

L'importation de cette politique en Europe est liée à "une pression du lobby bancaire auquel profitent les taux bas", selon lui.

Trends.be, avec Belga

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