Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/10/10 à 13:01 - Mise à jour à 13:01

Plutôt que les actionnaires : les salariés, clés de la sortie de crise ?

La solution, pour l'économiste Patrick Artus, est de faire en sorte que les entreprises partagent mieux leurs profits. Plutôt que de tout axer sur les actionnaires, elles feraient mieux de distribuer une partie de ces profits à leurs salariés.

C'est une question qui revient régulièrement : comment relancer nos économies occidentales surendettées ? Jusqu'à présent, la réponse a consisté à lancer des plans de relance massifs qui, pour le moment, n'ont pas fonctionné. Certains économistes affirment que c'est normal. Après tout, cela revient à régler un problème d'endettement en augmentant encore plus l'endettement. Or, on ne règle pas les problèmes d'un alcoolique en lui donnant encore plus à boire !

Que faut-il dès lors faire ? C'est à cette question que répond l'économiste français Patrick Artus, directeur des études de la banque Natixis.

Son premier constat est simple : toutes les baisses d'impôt préconisées par les gouvernements libéraux, tous les subsides préconisés par les gouvernements de gauche n'ont abouti qu'à une chose, augmenter l'épargne des particuliers. En Belgique, ces particuliers ont mis 206 milliards d'euros de côté sur leurs livrets d'épargne, tout simplement parce qu'ils ont peur. Plus les gouvernements parlent de relancer la consommation, plus les citoyens épargnent. C'est donc clairement une voie sans issue.

De même, des milliards d'euros ont été déversés dans le circuit économique par la Banque centrale européenne pour redynamiser nos économies. Jusqu'à présent, cela n'a servi à rien. Les banques ont gardé cet argent pour elles au lieu de le réinjecter sous forme de crédit. Là encore, c'est un coup d'épée dans l'eau.

Quant aux écolos qui pensent que notre salut passe par la mise en place de technologies vertes, ils n'ont qu'en partie raison, car, s'il faut bien entendu investir dans ces technologies, il faut aussi savoir qu'elles ne permettent pas une création massive d'emplois. Leur subvention s'avère souvent coûteuse pour un bénéfice encore réduit.

La solution, pour l'économiste Patrick Artus, est de faire en sorte que les entreprises partagent mieux leurs profits. Plutôt que de tout axer sur les actionnaires, elles feraient mieux de distribuer une partie de ces profits à leurs salariés. De la sorte, elles améliorent le pouvoir d'achat de ces salariés qui pourront, ensuite, se désendetter plus facilement et plus rapidement et donc relancer l'économie.

En d'autres termes, si l'on augmente le pouvoir d'achat des consommateurs, ils joueront moins à la fourmi et un peu plus à la cigale, ce qui, contrairement à la fable de ce cher Lafontaine, serait une vertu sur le plan économique.

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