Budget : Vanackere, le ministre "borderline"

24/01/12 à 17:03 - Mise à jour à 17:03

Source: Trends-Tendances

Les ministres européens des Finances ont confirmé le satisfecit accordé par la Commission au budget belge. Steven Vanackere devra tout de même dégager de nouvelles économies structurelles. Mission délicate pour un budget déjà qualifié de "borderline".

Budget : Vanackere, le ministre "borderline"

© Image Globe/Benoît Doppagne

Vanackere : "C'est bien la première fois qu'on me dit que je suis borderline !"

Steven Vanackere, ministre (CD&V) des Finances, a affiché mardi l'intention de la Belgique de continuer d'assainir ses finances publiques, au lendemain d'un examen positif du budget belge par ses pairs européens.

Les grands argentiers de l'UE ont passé en revue lundi soir les mesures prises par cinq pays qui risquaient de ne pas atteindre leur objectif budgétaire en 2012. Ils ont validé l'approche de la Commission européenne, qui a laissé tomber la procédure visant quatre d'entre eux (Belgique, Chypre, Malte, Pologne) mais accentué la pression sur la Hongrie.

Steven Vanackere s'est réjoui de cette confirmation européenne pour la Belgique, en rappelant l'effort de 11,3 milliards d'euros consenti lors de la confection du budget 2012. En gelant 1,3 milliard supplémentaire à la demande de la Commission récemment, "nous avons donné le signal que nous prenons au sérieux" l'engagement de ramener le déficit sous la barre des 3% du PIB, a-t-il dit aux journalistes.

Le ministre a exclu tout relâchement, alors que le gouvernement s'apprête à trouver de nouvelles économies structurelles lors d'un contrôle budgétaire en février. Certains partenaires européens ont d'ailleurs souligné le caractère serré du budget belge, a-t-il relevé. "Quelqu'un a même dit que le budget était borderline. C'est bien la première fois qu'on me dit que je suis borderline !"

Budget : Vanackere préconise des mesures qui "ne coûtent rien", comme l'approfondissement du marché intérieur

Steven Vanackere a encore insisté sur les économies à trouver dans le budget des entités fédérées : "On parle toujours du contrôle budgétaire mais on devrait parler des contrôles budgétaires."

Malgré la rigueur, le ministre belge a également mentionné l'importance de "lier l'orthodoxie avec un discours clair sur la croissance". En l'absence d'une telle communication, "les citoyens vont associer l'Europe à l'austérité". Pour autant, il ne préconise "pas de recette keynésienne", mais des mesures qui "ne coûtent rien", comme l'approfondissement du marché intérieur, la relance du commerce mondial ou le lancement d'emprunts européens.

Avec ce discours, Steven Vanackere s'aligne sur la Commission européenne, qui parle elle aussi d'une croissance basée sur des réformes structurelles plutôt que sur des politiques budgétaires. Il s'attend d'ailleurs à ce que ce message soit martelé lundi par Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, en marge d'un sommet où les Vingt-Sept acteront en fait surtout un nouveau renforcement de leurs règles de discipline budgétaire.

Contrôle budgétaire : "On ne pourra pas faire que des soustractions !" (Lutgen)

Benoît Lutgen, président du cdH, a jugé mardi que le contrôle budgétaire programmé en février prochain au niveau fédéral ne pourra se résumer qu'à des mesures d'économie : "On ne pourra pas faire que des soustractions, a averti mardi Benoît Lutgen lors des voeux de son parti à la presse. Il faudra pouvoir donner de l'espace aux politiques de l'emploi, formation et innovation."

S'exprimant également sur le prochain ajustement budgétaire au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le président des humanistes a annoncé sa volonté de "sacraliser" l'enseignement, dont le budget sera "consolidé".

Dans son discours devant les journalistes et plusieurs dignitaires du cdH, il a encore qualifié d'"idée saugrenue" la déconstruction de la Fédération Wallonie-Bruxelles préconisée la semaine dernière par le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt (PS). Il a appelé dans la foulée tous les mandataires du parti à "ne pas se laisser distraire par les questions qui ne sont pas d'aujourd'hui".

Pour lui, en cette période de crise, les priorités sont l'éducation, la formation, l'économie et l'innovation. "Le reste, c'est secondaire", a-t-il jugé.

Trends.be, avec Belga

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