Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

03/08/10 à 11:49 - Mise à jour à 11:49

Patrons vs actionnaires

La conclusion a l'air étonnante et très cynique, mais c'est la réalité. Une réalité mesurée récemment par une enquête du Wall Street Journal qui a dressé une liste des 25 patrons les mieux payés de la décennie écoulée. Le journal a essayé de voir si la rémunération de ces patrons était en phase avec l'évolution du cours de l'action des entreprises qu'ils dirigent. Autrement dit, s'ils ont fait grimper le cours de l'action, ils méritent leur salaire, car ils ont crée de la valeur pour les actionnaires.

En revanche, si le cours a dégringolé, c'est qu'ils ont démérité. Je parle de rémunération, car cette enquête englobe non seulement le salaire annuel, mais aussi les bonus et les actions de la sociétés, les fameux stock option qu'on a donné à tous ces patrons pour les motiver à bien gérer l'entreprise.

Le résultat de ce palmarès, c'est qu'il y a un décalage de plus en plus croissance entre les rémunérations des PDG de sociétés cotées en Bourse et le rendement des actionnaires. Exemple type : le patron de la firme Dell, la firme qui fabrique les micro-Pc a vu sa valeur dégringoler de 66% en Bourse sur 10 ans, alors que son patron Michael Dell a tout de même empoché 454 millions de dollars.

Deuxième conclusion de cette petite enquête du Wall Street Journal : 4 des 10 patrons les mieux payés sont à la tête d'entreprises où les actionnaires ont perdu de l'argent. La morale semble plutôt malmenée quand on lit cette enquête. Enfin, était malmenée, car l'enquête porte sur les 10 dernières années.
Aujourd'hui, grâce à la crise des subprimes, les actionnaires sont devenus plus regardants et ils ne laissent plus en poste des PDG qui ont failli. C'était le cas en 2009 dans le secteur bancaire où presque aucun patron n'est resté à son poste, et c'est le cas encore récemment avec le patron de la firme pétrolière BP qui paie par un départ forcé sa très mauvaise communication autour de la marée noire. La morale est donc sauve même si c'est tardivement.

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