Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

28/05/13 à 09:51 - Mise à jour à 09:51

OPA amicale sur le Club Med

Ca y est ! Depuis ce lundi 27 mai, on sait que le Club Med devrait se faire racheter par ses deux principaux actionnaires : l'un est chinois, c'est la société Fosun, qui possède déjà plus ou moins 10% du capital et l'autre est français, c'est le fonds AXA Private Equity qui lui aussi possède environ 10% du capital.

Donc, ces deux actionnaires veulent lancer une OPA amicale pour tenter de contrôler la majorité du capital : l'offre de rachat se veut amicale, puisqu'elle devrait se faire avec le consentement du PDG actuel, et avec l'aide de 400 cadres qui seront aussi actionnaires du Club Med.

Pour le PDG du Club, Henri Giscard d'Estaing, le fils de l'ancien président de la République Française, cette OPA, autrement dit, ce rachat amical est un ballon d'oxygène. En effet, Henri Giscard d'Estaing avait décidé en 2003 de faire monter en gamme le Club Med, c'est-à-dire de faire en sorte que la majorité des clubs passent de 3 à 4 ou 5 tridents. Mais cette montée en gamme avait pris du temps et la Bourse avait chahuté le cours de l'action, estimant que ce changement ne donnait pas de fruits assez vite...

Aujourd'hui en 2013, le Club Med tire son épingle du jeu en pleine crise, grâce justement à cette montée en gamme, alors que les autres acteurs du tourisme, basés sur le tourisme de masse, souffrent le martyr. Mais malgré ces bons résultats et la pertinence de la stratégie choisie, la Bourse boude encore l'action du Club Med...

Voilà, pourquoi cette OPA est une bouffée d'oxygène, elle permettra au Club Med d'avoir un actionnariat stable, ce qui lui permettra de ne plus être coté en Bourse. Et surtout, cela lui donnera du temps, 5 ans sans doute, pour se focaliser sur l'Asie et en particulier la Chine afin d'accélérer son développement. En d'autres termes, le Club Med veut moins dépendre de l'Europe, qui est encore à l'origine de trois quarts de sa clientèle, mais pour monter en puissance en Chine et hors de l'Europe qui souffre sur le plan économique, il faut du temps. Sortir de la Bourse est une manière d'avoir ce temps sans être mis sous pression inutilement ; c'est donc un désaveu de la cotation en Bourse, qui aux yeux du PDG du Club Med ne permet pas à une société de penser tranquillement à son avenir...

Nos partenaires