Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

13/06/14 à 13:58 - Mise à jour à 13:58

Les marchés boursiers n'en finissent pas de monter

Les marchés boursiers n'en finissent pas de monter avec, c'est vrai, quelques fois des pauses dans leur hausse mais, rien à faire, la hausse continue, au point que certains indices boursiers américains sont à des niveaux historiques.

Ce qui est fou dans cette hausse, c'est qu'elle est moins le résultat d'une véritable amélioration de la conjoncture économique ou d'une hausse durable des profits des entreprises que la croyance que les banques centrales feront tout pour que la fête continue.

Prenons l'exemple des Etats-Unis, le premier trimestre a été moins bon que prévu en terme de croissance du PIB c'est-à-dire de la richesse nationale.

Dans un premier temps, le taux de croissance mesuré pour le 1er trimestre 2014 était de quasi 0%, mais aussitôt les analystes ont dit : ce n'est pas grave, c'est à cause de l'hiver rigoureux qu'ont subi les Etats-Unis. Et c'est vrai qu'avec des températures qui sont descendues à - 40°, il y a de quoi ralentir l'économie.
Mais il y a quelques jours à peine, on a reconnu qu'on s'était trompé dans les chiffres de croissance du 1er trimestre américain. En réalité, on n'était pas à 0% de croissance, mais à - 1% de croissance. Cela change tout, car si les Etats-Unis veulent afficher un taux de croissance d'un peu plus de 3% comme cela été prévu, il faudra donc que les 3 prochains trimestres, la croissance américaine soit à chaque fois de 5% ! Bonne chance pour atteindre ces taux !

Et comme si la planète finance n'était pas encore assez déconnectée avec la réalité, on a vu cette semaine le rendement des obligations espagnoles être encore plus faible que le taux des obligations américaines. C'est en soi une folie car cela revient à dire qu'un pays convalescent comme l'Espagne est indirectement un meilleur placement que les obligations américaines, autrement dit, un meilleur placement que la dette de la première puissance économique mondiale. Avouez qu'il y a là de quoi être perplexe !

Quant à l'Europe, je vous passe les détails, mais suite aux mesures prises par la banque centrale européenne le jeudi 5 juin, les boursiers savent qu'en principe les taux d'intérêt vont rester bas, très bas jusqu'à la fin... 2016 !
Autrement dit, le bar des liquidités va rester ouvert jusqu'à cette date-là, et cela signifie que sauf accident économique, les Bourses sont presque assurées de voir la hausse se poursuivre pendant cette période. Pendant ce temps-là, d'autres citoyens, plus prudents, restent scotchés avec des livrets d'épargne qui ne rapportent plus rien mais se rassurent en se disant que ces carnets de dépôt ont une garantie de l'Etat belge de 100.000 euros. C'est ce qui fait dire à certains observateurs que ce rendement nul, voir négatif, est en réalité le prix à payer par les citoyens pour cette garantie. Quand je vous disais que rien ne tournait plus rond, je n'avais pas complètement tort.

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