Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/07/14 à 11:49 - Mise à jour à 11:49

Les banques ne défendent pas le crédit immobilier à taux fixe uniquement pour vos beaux yeux

Touche pas à mes crédits à taux fixe ! C'est en gros le message que les associations bancaires belges, françaises, allemandes et même japonaises ont fait passer aux autorités réglementaires internationales (comité de Bâle). En fait, et pour faire simple, les autorités qui réglementent les banques voudraient renforcer les exigences de capital des banques lorsqu'elles octroient des crédits immobiliers à taux fixe.

A nouveau, l'idée part d'un bon sentiment : pour éviter que les banques n'aient de nouvelles difficultés en cas de crise, le régulateur bancaire veut faire en sorte de réduire les risques. Or, justement une banque qui octroie des crédits immobiliers à taux variables ou des crédits à taux fixe n'a en principe pas le même profil de risque.

Pourquoi ? parce que quand une banque donne un crédit hypothécaire à taux variable, c'est l'emprunteur qui, par définition, prend le risque de variation des taux d'intérêt. Et donc, la banque ne court aucun risque si ce n'est de voir son client ne plus pouvoir payer.

En revanche, pour les crédits à taux fixe, c'est la banque qui prend le risque d'une variation des taux d'intérêt. C'est d'ailleurs pour réduire ce risque que les banques se couvrent sur les marchés financiers. Autrement dit, à chaque fois qu'une banque octroie un prêt hypothécaire immobilier, cette même banque emprunte la même somme sur une durée équivalente. Le plus souvent, la banque le fait en achetant des emprunts d'Etat ou en alignant en face des dépôts à vue qui ont prouvé leur stabilité par le passé !

Mais bon, toute cette gestion du risque du crédit fixe n'est pas parfaite. Pensez notamment aux clients qui lorsque les taux d'intérêt baissent remboursent anticipativement leurs prêts à taux fixe. En résumé et pour simplifier, les régulateurs voudraient d'une manière ou d'une autre réduire les crédits à taux fixe. Ce qui déplait aux banquiers belges, qui comme leurs collègues français ou allemands, sont en train d'expliquer au régulateur que les crédits immobiliers à taux fixes ont justement permis à l'économie et au secteur immobilier de rester stables, alors que les pays qui pratiquaient le taux variable comme l'Espagne ou la Grande-Bretagne ont connu de grosses difficultés. Cela dit, ne pensez pas que les banques défendent le crédit immobilier à taux fixe uniquement pour vos beaux yeux. Si les banques sont montées au créneau, c'est aussi parce que la nouvelle réglementation risque d'une manière ou d'une autre de diminuer leur rentabilité. Mais bon, pour une fois que les intérêts des emprunteurs et des banques sont alignés, on ne va pas faire la fine bouche. Et donc, oui, nous sommes d'accord : touche pas à mon taux fixe.

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