Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/05/13 à 17:20 - Mise à jour à 17:20

Les amateurs de placements boursiers ont eu chaud jeudi!

Cela a commencé tôt hier matin, en se réveillant, l'Europe a découvert que la Bourse de Tokyo avait dégringolée de 7%, ce qui est énorme, sur la base d'un indice manufacturier chinois plus mauvais que prévu. Autrement dit, la bourse japonaise a plongé car la Chine, la deuxième économie mondiale, semble montrer des signes de ralentissement.

Bien entendu, nous sommes dans un monde globalisé, et donc, les bourses européennes et américaines ont quelque peu tangué ce jeudi par effet de contamination. Mais la plupart des replis boursiers, qui ont été constatés, se situent entre 1 et 2% c'est-à-dire moins que la chute de 7% pour la Bourse de Tokyo.

Ce qui a étonné les investisseurs hier c'est le côté brutal de cette chute, alors que les Bourses enchaînent record sur record : la Bourse de Paris est à son plus haut depuis 2 ans, celle de Tokyo a son plus haut depuis 5 ans et Londres à son plus haut depuis 13 ans et quant à la Bourse de New York, c'est simple, elle a atteint des records historiques !

Alors, tout cela peut-il être fragilisé uniquement par un mauvais indicateur économique chinois ? Non, bien entendu ! En réalité, derrière cette cause officielle, il y a un prétexte et une peur.
Le prétexte, c'est par exemple l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo qui a plongé après avoir grimpé de 80% en six mois, et donc, certains ont profité de ce mauvais chiffre chinois pour prendre leurs gains.
Et puis, la peur qui a conduit à ses ventes massives, c'est la peur de voir le président de la banque centrale américaine relever ses taux d'intérêt plus tôt que prévu, notamment en injectant moins de liquidités sur le marché.

Il faut savoir que pour le moment, les Bourses sont dopées artificiellement par le fait qu'il y a des liquidités abondantes de par le monde. Et ces liquidités ont été injectées notamment par la banque centrale américaine. Et comme il n'y a quasi plus de placement alternatif sûr et rentable, tout cet argent se déverse sur le marché des actions ; autrement dit, la Bourse est dopée par la drogue des liquidités. Comme tous les accrocs à la drogue, les investisseurs boursiers ont eu peur que leur dealer préféré, c'est-à-dire le patron de la banque centrale américaine, ne les sèvre trop rapidement... Donc, c'est la peur panique de manquer de drogue, euh pardon de liquidités, qui est à l'origine de cette forte baisse en Bourse ce jeudi.

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