Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/04/13 à 09:52 - Mise à jour à 09:52

Le Club Med vend désormais des villas et des appartements

Survivre à la crise, c'est aussi savoir s'adapter ! Et c'est ce que font les entreprises les plus performantes.

Je vous avais parlé la semaine dernière des difficultés de Tom Tom, le fabricant néerlandais de GPS, et de la manière dont il espère contrecarrer la concurrence des smartphones, qui disposent d'un système GPS intégré.

Aujourd'hui, je vous parle du Club Med ; après avoir souffert le martyr et vu le cours de son action descendre en enfer, le Club Med semble avoir repris des couleurs depuis quelques années. Il est même redevenu rentable malgré la concurrence, qui a depuis longtemps tenté d'imiter son concept.

Le redressement opéré par son PDG, Henri Giscard d'Estaing, le fils de l'ancien président de la République française, ne doit rien au hasard : pour contrer la concurrence, il a imposé une montée en gamme de ses clubs pour en faire majoritairement des 4 ou 5 tridents, l'équivalent de 4 ou 5 étoiles dans l'hôtellerie classique. Et cette montée en gamme lui a permis de passer la crise, qui a frappé le business du tourisme, surtout le tourisme de masse.

Mais ce n'est pas tout, à l'inverse d'autres concurrents, il a aussi diversifié géographiquement ses villages, de sorte que ses activités en Asie et en Amérique représentent aujourd'hui plus de 50% de la rentabilité du Club Med !

Finalement, la direction du Club Med s'est rendu compte qu'elle était assise sur une montagne d'or sans le savoir. Cette montagne d'or, c'est son parc foncier, et plus précisément, le Club Med a décidé de valoriser les terrains adjacents à ses villages pour y construire des appartements ou des villas à vendre ! Autrement dit, le Club Med est devenu également promoteur immobilier.

Deux formules sont proposées, soit la vente sèche, soit la gestion locative.
Dans le cas de la vente sèche, le propriétaire dispose de son bien quand bon lui semble, et il peut même disposer des services du Club Med. Dans la seconde formule, il occupe le bien de 3 à 6 semaines par an, et le Club Med le loue le reste de l'année, mais à la différence de programmes de time sharing qui n'ont pas bonne presse, ici, le Club Med vend la pleine propriété !
L'idée étant de s'adresser à des investisseurs qui sont attirés soit par un rendement de l'ordre de 3%, bien que non garanti, soit par une plus-value potentielle de leur bien, vu que généralement les lieux où le Club implémente ses villages sont très bien situés et sont donc, source de plus-value immobilière à terme.

Evidemment les tickets d'entrée pour ses villas sur l'île Maurice, la Turquie ou les chalets à Valmorel sont plutôt destinés à une clientèle aisée, d'où l'association du Club Med avec une agence immobilière dont la clientèle est plutôt haut de gamme. C'est cela aussi la crise : s'associer parce qu'à deux, on est plus fort qu'en étant seul.

Nos partenaires