Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

25/07/13 à 10:54 - Mise à jour à 10:54

La fonction d'administrateur de société ? Une fonction à risques!

La fonction d'administrateur de société était considérée pendant très longtemps comme un honneur, beaucoup de patrons avaient des mandats d'administrateurs dans d'autres sociétés, c'était une ligne ou deux de plus dans un CV, et donc, c'était une manière de montrer son importance et/ou son influence.

Mais avec le temps, cette fonction d'administrateur est devenue fort risquée, compte tenu de la responsabilité légale aujourd'hui assumée par le conseil d'administration et ensuite à cause des lourdes sanctions qui peuvent frapper les administrateurs en cas de faute.

Il suffit de voir ce qui s'est passé récemment dans le secteur bancaire pour rappeler aux candidats administrateurs que cette fonction, même si elle ne consiste qu'en quelques réunions par an, peut se révéler dangereuse dans certains cas. D'autant qu'avec le temps, les méthodes américaines se sont imposées sur le continent, et il n'est plus rare de voir des actionnaires, épaulés par des avocats d'affaires, attaquer les administrateurs de telle ou telle société, pour leur reprocher l'un ou l'autre manquement à leur fonction de contrôle.

Cette réalité relativement nouvelle vaut aussi pour les dirigeants d'entreprise au sens large. Au point qu'il est devenu aujourd'hui indispensable de s'assurer contre ces risques juridiques : il semble qu'une telle assurance couvre aujourd'hui pas moins de 86 % des administrateurs et dirigeants belges - du moins, c'est ce qui ressort de l'enquête établie par le courtier d'assurance et gestionnaire de risques Aon Belgique et le cabinet d'avocats CMS DeBacker. Près de la moitié des personnes interrogées estiment même que cette assurance devrait être obligatoire.

Bien entendu, si le risque couru par les administrateurs et dirigeants a tellement augmenté, c'est clairement en raison de l'alourdissement de la législation, estiment 80 % des patrons sondés. Parmi les autres raisons invoquées, on relève l'évolution de la jurisprudence et la crise économique, mais surtout, l'influence des médias (eh oui !) et la meilleure connaissance de leurs droits par les parties lésées. Voilà un jugement qui ne manque pas d'intérêt : en effet, on peut en déduire que les victimes se défendent mieux et sont mieux défendues que par le passé. Et de cela, personne ne se plaindra !

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