Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

16/11/12 à 11:20 - Mise à jour à 11:20

Immoweb est la preuve que l'on peut encore devenir riche en Belgique

Qui a dit qu'on ne pouvait pas encore devenir riche en Belgique ? Cela a l'air étonnant en cette période où chacun s'attend à une pluie d'impôt pour clôturer en équilibre le budget fédéral. C'est une PME belge, francophone de surcroit, qui vient de démontrer qu'il est possible de devenir riche, très riche même en 2012.

En l'occurrence, il s'agit des actionnaires du site internet Immoweb.be. Un site que vous devez connaître puisqu'il se positionne comme le leader en Belgique des annonces immobilières en ligne. Les actionnaires belges de Immoweb.be ont donc vendu 80% du capital de leur bébé à une grande firme d'édition allemande - axel springer - pour la somme de 127,5 millions d'euros. Cerise sur le gâteau, ils gardent encore 20% du capital et la gestion indépendante de l'entreprise !

En anciens francs belges, c'est quand même 5 milliards ! Une belle somme à se partager pour la famille Rousseaux qui a fondé ce site en 1996. Quand je pense qu'un patron néerlandophones a dit, il y a quelques semaines, que nous vivions dans une société marxiste, je constate qu'en Belgique, il reste encore possible de devenir riche uniquement par son travail ! Heureusement pour les heureux propriétaires qu'il n'y a pas - ou pas encore de taxation sur les plus-values car le pactole serait évidemment un peu moins intéressant.

Avec 140.000 annonces publiées sur le site, annonces qui attirent en moyenne plus de 2,4 millions de visiteurs uniques par mois, ce site emploie 55 personnes dans la commune de Forest. Voir ce site partir pour la coquette somme de 127,5 millions d'euros est un très bel exploit. L'acheteur s'y retrouve aussi, car si le chiffre d'affaires de Immoweb.be n'est "que" de 19 millions d'euros, le bénéfice, la marge donc est de 11 millions d'euros par an. C'est donc une véritable machine à cash qui a été vendue et qui semble en plus stable au fil des années.

Évidemment, cette somme va donner des idées aux autres concurrents, qui à défaut de pouvoir vendre aussi leur site, vont sans doute en profiter pour valoriser dans leur bilan leurs propres sites d'annonces immobilières en se basant sur ce prix de 127 millions d'euros. Mais la leçon de cette affaire, c'est qu'il est encore possible de devenir riche en Belgique, malgré la crise, à condition d'offrir non pas nécessairement un site web gratuit mais un site web efficace.

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