La direction de Deliveroo accepte le principe d'une conciliation

26/01/18 à 17:58 - Mise à jour à 29/01/18 à 09:53

Source: Belga

A l'issue d'une réunion avec les représentants de ses coursiers, la direction de Deliveroo a accepté le principe d'une conciliation sociale menée sous l'égide du ministre de l'Economie, ont indiqué Martin Willems, secrétaire permanent de la CNE, et Douglas Sepulchre, porte-parole des livreurs. L'information a été confirmée par l'entreprise. En conséquence, les porteurs ont décidé de mettre fin à l'occupation des locaux de la société, en cours depuis mercredi soir.

La direction de Deliveroo accepte le principe d'une conciliation

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L'entreprise de livraison de plats à domicile veut que ses coursiers passent sous statut indépendant pour le 1er février. Un changement que refusent ceux travaillant quasiment à plein temps pour la plate-forme, qui préfèrent être représentés par la coopérative Smart. Celle-ci leur permet de bénéficier d'une protection sociale et d'une assurance pour leurs prestations.

Selon Martin Willems, secrétaire permanent à la CNE, environ soixante pour cent des coursiers ont accepté de devenir indépendant. L'octroi d'une prime de 200 euros par la direction pour les collaborateurs franchissant ce pas a motivé une bonne partie de ceux qui n'exercent qu'à titre complémentaire. Pour les quarante pour cent restants, qui effectuent la majorité des courses selon M. Willems, ce statut comporte plusieurs écueils.

Deliveroo rappelle qu'elle a mis en place une assurance responsabilité civile ainsi qu'une assurance accident pour ses coursiers indépendants. L'entreprise se targue de recevoir quelque 250 candidatures par jour pour devenir coursier indépendant, et affirme vendredi que plus de la moitié des indépendants engagés lors de 24 dernières heures sont des coursiers ayant abandonné la coopérative Smart pour prendre le statut de freelance.

Enfin, Deliveroo souligne que septante pour cent de ses commandes ont été livrées par des indépendants cette semaine.

Les coursiers ont demandé aux restaurants de ne plus employer l'application jusqu'à ce que le problème soit résolu. Alors qu'il ne reste plus que six jours pour débloquer la situation, les livreurs ont demandé l'intervention d'un conciliateur social.

Vendredi après-midi, à l'issue d'une réunion avec les représentants des coursiers, la direction de Deliveroo a accepté le principe de la nomination d'un conciliateur sous certaines conditions. Les livreurs se sont ainsi engagés à cesser l'occupation des locaux de l'entreprise. La fin du blocage devrait intervenir en début de soirée.

La conciliation sociale devrait démarrer assez rapidement, peut-être dès vendredi soir ou samedi. Pour les représentants des coursiers, il s'agit d'une première victoire, même si "rien n'est acquis".

L'entreprise, dans une réaction par communiqué, qu'elle "donnera toujours priorité au dialogue et à l'engagement avec les coursiers" puisque son modèle a été "conçu en fonction" de leurs "souhaits". Elle se dit "heureuse" que les coursiers qui occupaient ses bureaux aient décidé de quitter les lieux "et que le collectif ait donné l'assurance qu'il n'y aura plus d'autres actes agressifs".

"Nous accueillons favorablement la nouvelle que le Collectif ait accepté la rencontre que nous avions proposé (jeudi) à condition qu'ils quittent le bureau, et nous sommes heureux de le faire aux côtés du ministère (...) Nous nous engageons à continuer de proposer le travail flexible et bien rémunéré que les coursiers souhaitent."

Ces derniers entendent cependant continuer à mettre la pression sur la direction. Vers 18h00 ce vendredi, leur collectif, accompagné des membres de Masse Critique, se lanceront pour une manifestation à vélo depuis la Porte de Namur avant de passer devant les locaux de l'entreprise à Ixelles.

Samedi, une nouvelle action rassemblant notamment des coursiers des Pays-Bas, de France, d'Allemagne et d'Italie commencera à 18h00. Les restaurants sont invités à ne plus prendre de commandes via l'application de la plateforme.

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