Wall Street: après un lundi d'angoisse, un mardi record

05/03/14 à 07:27 - Mise à jour à 07:27

Source: Trends-Tendances

Wall Street a nettement rebondi mardi, permettant à l'indice S&P 500 de battre un nouveau record dans un marché retrouvant le goût du risque alors que semblait s'éloigner provisoirement la menace d'un conflit armé entre l'Ukraine et la Russie.

Wall Street: après un lundi d'angoisse, un mardi record

© Reuters

Selon les résultats définitifs à la clôture, le Dow Jones Industrial Average s'est adjugé 1,41% (+227,85 points) à 16.395,88 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 1,75% (+74,67 points) à 4.351,97 points. Le S&P 500 a gagné 1,53% (+28,18 points) à 1.873,91 points, un nouveau record historique.

Dans le sillage des Bourses moscovite et européennes, la place new-yorkaise est parvenue à tourner pour l'instant la page sur la crainte d'une escalade des tensions entre l'Ukraine et la Russie, qui l'avait fait vaciller la veille.

Dès l'ouverture, les opérateurs ont accueilli avec un soupir de soulagement des propos du président russe laissant entendre que l'éventualité d'un conflit armé entre les deux nations n'était pas imminente.

"La situation (en Ukraine) n'empire pas, et c'est cela qui a soulagé le marché", a souligné Dan Greenhaus, de BTIG.

Malgré le durcissement de ton des Etats-Unis, qui ont accusé la Russie, par la voix de leur secrétaire d'Etat John Kerry, de chercher un "prétexte" pour "envahir" l'Ukraine, le marché des actions a applaudi dans les faits l'annonce d'un retour dans leurs bases de troupes russes effectuant des exercices militaires inopinés à la frontière de l'Ukraine depuis mercredi.

Le pétrole se replie à New York Les cours du pétrole se sont repliés mardi à New York alors que des signes d'apaisement sur la crise ukrainienne éloignaient les craintes de fortes perturbations sur le marché de l'énergie. Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril a cédé 1,59 dollar sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 103,33 dollars. Il avait bondi lundi à son plus haut niveau depuis septembre, les investisseurs redoutant que les exportations de la Russie, deuxième producteur mondial de gaz naturel et premier producteur mondial de brut, ne soient affectées par des violences ou par des sanctions économiques imposées par les Occidentaux.

Mais "la Russie a rappelé les troupes qui participaient à des exercices militaires près de la frontière ukrainienne et (le président russe Vladimir) Poutine a tenu des propos plutôt conciliants, ce qui a conduit les marchés de matières premières à effacer les gains de la veille", observaient les analystes de Morgan Stanley.

Dans ses premières déclarations publiques depuis la destitution le 22 février par le Parlement ukrainien à Kiev du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, M. Poutine a de fait nié que les forces russes soient intervenues dans l'ex-république soviétique. Tout en soulignant que la Russie se réservait le droit de recourir à "tous les moyens" pour protéger ses citoyens dans ce pays plongé dans une grave crise politique, il a aussi estimé que l'envoi de troupes russes n'était "pas nécessaire pour le moment".

"(Vladimir) Poutine ne semble pas avoir envie de faire de la Crimée une nouvelle province russe. L'idée d'un conflit armé est pour l'instant écartée, les bruits de bottes s'éloignent", remarquait Robert Yawger de Mizuho Securities USA.

Les spécialistes de Morgan Stanley conseillaient toutefois aux courtiers de ne pas se réjouir trop vite. "Même si nous nous attendons à ce que la prime de risque liée à la Russie s'affaiblisse, il ne faut pas nourrir trop d'illusions aussi tôt dans la crise".

Les courtiers se préparaient par ailleurs à la publication mercredi du rapport hebdomadaire des autorités américaines sur les réserves de produits pétroliers aux Etats-Unis. "On s'attend à une hausse des stocks de brut et une baisse des produits raffinés en raison des travaux de maintenance effectués en ce moment dans les raffineries", commentait Matt Smith de Schneider Electric.

Selon la moyenne des analystes interrogés par Dow Jones Newswire, les réserves de brut devraient avoir augmenté d'un million de barils tandis que celles d'essence et de produits distillés sont attendues en baisse de 2 millions de baril.

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