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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

31/03/16 à 10:48 - Mise à jour à 10:48

Les emprunteurs peuvent se réjouir de la baisse des taux d'intérêt

Si avec la baisse des taux d'intérêt, les épargnants se plaignent, ce n'est en revanche pas le cas des emprunteurs. Certains se demandent toutefois si le coût de l'emprunt ne devrait pas être encore plus bas qu'il ne l'est aujourd'hui. Ce n'est pas faux.

Les emprunteurs peuvent se réjouir de la baisse des taux d'intérêt

© istock

Je vous parlais pas plus tard qu'hier de la décision de BNP Paribas Fortis de baisser le rendement de ses livrets d'épargne au niveau du taux minimum légal de 0.11%. Bien entendu, cette baisse qui entre en vigueur ce 31 mars sera très vite suivie par les autres banques.

Les épargnants ne sont pas ravis de cette course à la baisse du rendement du livret de l'épargne. Pour être tout à fait juste et équitable, il faut également dire que la baisse générale des taux d'intérêt, si elle fait mal à l'épargnant, réjouit en revanche les emprunteurs.

Pour vous donner une idée, avant la crise - soit en 2007 - un candidat à l'achat d'un bien immobilier devait payer en moyenne 4,69 % pour financer son home sweet home. Fin de l'année 2015, le taux moyen des prêts hypothécaires n'était plus de 4,69% comme c'était le cas en 2007 mais seulement de 2,49%. Une très bonne nouvelle donc pour les emprunteurs et notamment les plus jeunes.

Mais il n'y a pas que du côté des prêts hypothécaires où la baisse des taux est en vigueur, c'est également le cas pour les crédits à la consommation. Ces crédits qui vous permettent de changer de machine à laver, de frigidaire ou de vous offrir une nouvelle cuisine. Là aussi, si avant la crise financière, il fallait débourser un peu plus de 7% (7,47% en moyenne) pour un crédit à la consommation, ce taux est nettement plus bas aujourd'hui.

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La baisse générale des taux d'intérêt, si elle fait mal à l'épargnant, réjouit en revanche les emprunteurs.

Mes confrères du journal Le Soir ont ainsi calculé que malgré la baisse du taux moyen des crédits, les banques gardaient encore une marge appréciable et dans certains cas, même supérieure à celle d'y a quelques années.

D'où évidemment la question qui s'ensuit : si la marge des banques reste encore confortable malgré la baisse des taux d'intérêt, pourquoi ces banques ne diminuent-elles pas encore plus le taux de ces crédits ? Là encore, il faut nuancer.

Au niveau des crédits hypothécaires, la concurrence joue son rôle et les taux des crédits hypothécaires sont déjà très bas. Mais attention : le client doit pouvoir aussi regarder au-delà des taux d'intérêt affichés par les banques. Depuis que la crise a éclaté en 2007, les banques sont soumises à de nouvelles réglementations très strictes qui leur imposent, par exemple, de faire plus attention à l'octroi de prêts hypothécaires et de prévoir des réserves plus importantes dans leurs bilans, ceci à la fois pour éviter une bulle immobilière en Belgique et pour éviter une détérioration de la rentabilité des banques.

Par ailleurs, les banques savent que les années à venir seront très difficiles pour elles, elles devront vivre plus longtemps que prévu avec des taux d'intérêt très bas qui leur compliquent la vie. Elles savent aussi qu'elles devront dégager des financements pour investir dans la banque numérique de demain. Voilà la raison pour laquelle les banques sont prudentes, très prudentes aujourd'hui.

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