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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

13/07/16 à 15:34 - Mise à jour à 15:33

'L'affaire Barroso alimente encore le fantasme de la pieuvre Goldman Sachs'

José Manuel Barroso, l'ancien président de la Commission européenne, a réussi en plein été à susciter l'indignation du monde politique et médiatique. Que lui reproche-t-on ? Avoir accepté de faire du lobbying pour la banque américaine Goldman Sachs dans le cadre du Brexit.

'L'affaire Barroso alimente encore le fantasme de la pieuvre Goldman Sachs'

© Reuters

Comme vous le savez, le danger pour les banques d'affaires américaines, c'est qu'elles sont presque toutes basées à Londres, capitale à partir de laquelle elles peuvent offrir leurs services financiers dans l'ensemble de l'Europe grâce à ce qu'on appelle le "passeport européen". Mais si la Grande-Bretagne sort de l'Union, alors ce "passeport européen" n'existera plus et cela posera évidemment quelques soucis à ces banques américaines qui devront revoir toute leur stratégie. Voilà, en gros, pourquoi la banque la plus célèbre au monde, Goldman Sachs, s'offre les services de l'ancien président de la Commission européenne. Elle espère que celui-ci pourra la guider dans les méandres européens et probablement agir en faveur du secteur bancaire pour éviter des décisions qui seraient négatives pour son business.

José Manuel Barroso, qui n'est pas né de la dernière pluie, savait que son transfert ferait jaser. Il a donc accordé une interview dans laquelle il dit: "si l'on reste dans la vie politique, on est critiqué pour vivre aux crochets de l'État, et si l'on va dans le privé, on est critiqué pour tirer profit de l'expérience acquise dans la politique".

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Plus que jamais, le fantasme Goldman Sachs hante les médias et les politiques

Ce n'est pas faux comme argument, mais il laisse de marbre les eurodéputés et les médias. Pourquoi ? Parce que Goldman Sachs est accusée d'avoir aidé le gouvernement grec à maquiller ses comptes pour pouvoir entrer dans la zone euro. Et donc, voir un ancien président de la Commission rejoindre ce genre de banque perturbe les députés européens. Les uns parlent de "honte", les autres de "gifle". Et certains même du "prix mondial du mauvais goût". Mais comme le disait avec humour un commentateur, "au moins, ce qui se faisait pendant des années au noir, se fait aujourd'hui en plein jour".

En fait, tout ce débat alimente encore plus le fantasme de la pieuvre Goldman Sachs. On prête à cette banque des pouvoirs énormes. N'est-ce pas pour cette banque qu'a travaillé l'actuel président de la Banque centrale européenne ? Et n'est-ce pas cette même banque qui a investi de l'argent dans la société du gendre de Hillary Clinton ? Plus que jamais, le fantasme de Goldman Sachs va donc continuer de hanter les médias et les politiques.

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