Jobs étudiants : plus d’heures, plus de revenus, moins d’impôts

Après deux augmentations temporaires en 2023 et 2024, un règlement permanent a récemment été adopté : les étudiants pourront désormais travailler 650 heures par an en bénéficiant d’un statut fiscal favorable. « Désormais, les étudiants peuvent également gagner deux fois plus sans conséquences fiscales pour les parents », a déclaré le ministre des finances Jan Jambon (N-VA) à Z-Nieuws.
Les jobs étudiants ont la cote en Belgique. Les derniers chiffres de l’Office national de sécurité sociale (ONSS) datent de 2023. Cette année-là, 632.672 étudiants jobistes travaillaient pour 72.617 employeurs belges. La plupart d’entre eux gagnent un peu d’argent pendant les week-ends et les vacances. Selon une enquête de l’agence pour l’emploi Deltaworx, un jeune sur quatre exerce un job d’étudiant pour payer ses études ou gagner sa vie. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les jeunes prennent en moyenne 1,6 emploi, en travaillant pour plusieurs employeurs.
Une enquête menée par nos soins révèle que les étudiants gagnent en moyenne entre 12 et 15 euros bruts de l’heure. Différents facteurs tels que l’âge, l’expérience, le secteur et le type d’emploi jouent un rôle. Dans l’hôtellerie, le salaire horaire se situe généralement entre 11 et 13 euros, dans le commerce de détail (comme les magasins de vêtements et les supermarchés) entre 12 et 14 euros. Dans les emplois administratifs et spécialisés, les jeunes peuvent gagner jusqu’à 15 à 18 euros de l’heure.
Combien d’heures peut-on travailler en tant qu’étudiant en 2025 ?
L’un des principaux avantages du travail étudiant est son statut avantageux. Ceux qui ne dépassent pas certains plafonds de revenus ne paient qu’une cotisation de sécurité sociale ou « cotisation de solidarité » limitée à 2,71 % du salaire brut. Le salaire net diffère donc peu du salaire brut. Le taux normal pour les salariés est de 13,07 %. La limite pour bénéficier de ce statut avantageux est de 475 heures par an. À partir de 476 heures, 13,07 % sont déduits du salaire brut.
Certains étudiants souhaitant travailler plus de 475 heures, la limite a été portée à 600 heures par an en 2023 et 2024. Il s’agit de deux augmentations temporaires qui s’inscrivent dans le cadre des plans de relance du gouvernement fédéral. La mesure n’ayant pas été reconduite en 2025, le plafond a été ramené à 475 heures cette année.
Mais cela va maintenant changer. L’accord de coalition fédéral a annoncé que la limite annuelle serait portée de manière permanente à 650 heures. Cette proposition – la première du gouvernement De Wever – a été adoptée le 11 mars par la commission parlementaire des affaires sociales. Elle doit encore être soumise à la plénière de la Chambre. Tant les organisations étudiantes que les employeurs réclamaient une extension permanente du nombre légal d’heures qu’un étudiant peut travailler.
Maximum 650 heures
L’augmentation permanente de la limite annuelle à 650 heures répond en partie à la demande des organisations étudiantes, qui considèrent qu’il s’agit d’une mesure importante pour augmenter le pouvoir d’achat de nombreux jeunes. Une enquête menée l’année dernière par Randstad, fournisseur de services de ressources humaines, auprès d’un millier d’étudiants, a montré que six étudiants sur dix souhaitaient travailler plus de 600 heures par an.
Les employeurs ont également demandé une extension définitive du nombre légal d’heures autorisées. L’association d’entreprises Unizo note que les étudiants qui travaillent toute l’année sont essentiels au bon fonctionnement de l’entreprise. « De nombreux postes ne sont pas pourvus, ce qui fait des étudiants un atout précieux pour faire face aux tensions sur le marché du travail et soutenir les activités quotidiennes des entreprises », a déclaré Danny Van Assche, ancien directeur délégué de l’Unizo.
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Qu’en est-il des impôts ?
« Les étudiants qui dépendent de leurs parents ne doivent pas payer d’impôts sur leurs revenus, tant qu’ils ne dépassent pas le plafond de 10 910 euros par an après déduction des cotisations de sécurité sociale », explique Lies Denolf, conseillère juridique au centre de connaissances Liantis. « S’ils gagnent plus, ils seront imposés sur les revenus supérieurs. L’exonération ne s’applique que s’il n’y a pas d’autres revenus imposables que le salaire provenant du travail d’étudiant et si aucune dépense professionnelle réelle n’est mentionnée dans la déclaration d’impôts.
« Pendant ses études, un enfant reste fiscalement dépendant de ses parents », déclare Lies Denolf. « Mais si les revenus de cet enfant, provenant par exemple d’un travail de vacances, dépassent une certaine limite, ce n’est plus le cas. Les parents doivent alors payer plus d’impôts ». Le ministre des finances, Jan Jambon (N-VA), a déclaré dans une interview accordée à Kanaal Z que cette limite doublait pour atteindre 21 840 euros par an (voir vidéo).
Pensez aux allocations familiales
En ce qui concerne les allocations familiales, les règles varient selon les régions.
Wallonie :
- Les étudiants peuvent travailler jusqu’à 650 heures par an sous contrat étudiant avec des cotisations sociales réduites, sans impact sur les allocations familiales.
- Au-delà de ces 650 heures, les étudiants passent sous le statut de salarié avec des cotisations sociales ordinaires (13,07%). Dans ce cas, ils peuvent encore travailler jusqu’à 240 heures supplémentaires par trimestre sans perdre le droit aux allocations familiales. Seules les heures effectivement prestées sont prises en compte (les jours fériés rémunérés, par exemple, ne le sont pas).
Région de Bruxelles-Capitale :
- Les étudiants peuvent travailler jusqu’à 650 heures par an sous contrat étudiant avec des cotisations sociales réduites.
- Pour conserver le droit aux allocations familiales, ils ne doivent pas dépasser 240 heures de travail par trimestre. Cette limite ne s’applique pas durant le troisième trimestre (juillet, août, septembre) si l’étudiant reprend des études après les vacances d’été.
Flandre :
- Les étudiants peuvent travailler jusqu’à 650 heures par an sous contrat étudiant avec des cotisations sociales réduites.
- En plus de ces 650 heures, ils peuvent travailler jusqu’à 80 heures par mois sous un autre statut (par exemple, avec un contrat de travail ordinaire) sans perdre le droit aux allocations familiales.
Les heures de travail effectuées au-delà des quotas mentionnés peuvent entraîner la perte du droit aux allocations familiales pour le trimestre concerné. Il est donc essentiel de bien se renseigner auprès des organismes compétents de sa région pour éviter toute perte de droits.
Plus d’infos ici pour la Wallonie et pour Bruxelles, concernant les allocations familiales.
Suivi des heures via Student@work
L’augmentation à 650 heures par an est une bonne nouvelle pour toutes les parties. Cette limite s’applique à toute l’année, que l’étudiant travaille uniquement pendant l’année académique, pendant les vacances d’été ou les deux. Les heures de travail peuvent également être choisies librement, pour autant qu’elles ne coïncident pas avec les cours ou d’autres activités scolaires. Travailler pour plusieurs employeurs n’est pas un problème.
Grâce à l’application Student@work, les étudiants peuvent vérifier le nombre d’heures qu’ils sont encore autorisés à travailler. Le compteur est ajusté à la limite de la nouvelle année après confirmation finale.
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