L'Accord de Paris sur le climat fixe la limite supérieure du réchauffement climatique à 2 degrés par rapport à l'ère préindustrielle, avec 1,5 degré comme valeur cible. Cet accord a été signé par près de deux cents pays. Entre-temps, l'Europe estime qu'il est nécessaire que la lutte contre le changement climatique passe à la vitesse supérieure. La Commission européenne a élaboré un plan d'action environnemental qui joue un rôle clé dans le financement d'une croissance économique durable. Dans ce cadre, il est toutefois nécessaire de bien comprendre ce que sont les activités durables et les risques qui y sont associés. C'est la seule façon d'évaluer correctement les solutions nécessaires pour réaliser l'Accord de Paris. Si on se penche en particulier sur l'importance du financement durable, on distingue trois parties prenantes principales : les institutions financières, les investisseurs et les entreprises.

Un changement radical

" La durabilité est au programme depuis longtemps ", déclare Géraldine D'Argembeau, Director chez PwC Belgium. " La nouvelle réglementation et la crise du coronavirus ne font que souligner le fait que la durabilité est désormais une valeur importante dans notre société, soutenue par l'activisme de nombreux intervenants. " À cet égard, les institutions financières ont un rôle important à jouer. Dans leur rôle de banques responsables, elles doivent soutenir la transition vers un monde plus vert et plus éthique grâce aux flux financiers qu'elles gèrent. " Pensons au financement des activités et technologies durables nécessaires pour atteindre les objectifs de l'accord sur le climat. La transition n'en offre pas moins une opportunité pour de nouveaux modèles d'entreprise, bien que la transition s'accompagne bien sûr aussi de risques. "

Géraldine D'Argembeau, Director chez PwC Belgium

Le plan d'action de la Commission européenne vise un changement radical. " Les institutions financières doivent vraiment modifier en profondeur leur stratégie et leurs produits, et éliminer le greenwashing ", poursuit Géraldine D'Argembeau. Febelfin a élaboré un label de durabilité qui a déjà été attribué à quelque cinq cents produits. " Mais en réalité, toutes les institutions financières belges n'ont pas atteint le même niveau de maturité en matière de durabilité. " La nouvelle réglementation relative à la durabilité fournit un cadre clair pour une approche structurée de la part des institutions financières. " En général, une évaluation top-down constitue le point de départ ", explique Géraldine D'Argembeau. " Cette analyse constitue la base sur laquelle une institution peut fonder ses actions. "

Certaines institutions ont pris le parti de ne pas proposer de fonds qui n'agissent pas sur la durabilité. Ce faisant, elles guident aussi les investisseurs et les entreprises dans la bonne direction.

L'attention accrue quant à la durabilité et la réglementation y afférente impactent considérablement l'organisation, notamment la gestion des risques, la gouvernance et la divulgation des données sur la durabilité. " L'exposition au risque lié au climat doit être évaluée ", poursuit Géraldine D'Argembeau. " Pour les institutions financières, l'évaluation des risques de la transition vers davantage de durabilité constitue un défi majeur. " Mais il est encourageant de constater que les choses bougent dans le secteur. " Certaines institutions ont pris le parti de ne pas proposer de fonds qui n'agissent pas sur la durabilité ", constate Géraldine D'Argembeau. " Cela a un impact majeur et direct. Car ce faisant, ces institutions guident aussi les investisseurs et les entreprises vers une résilience opérationnelle durable. "

Création de valeur

Dans les décisions des investisseurs également, la durabilité devient un critère de plus en plus important. Dans les sociétés de capital-investissement en particulier, le terme ESG apparaît de manière constante tout au long du cycle d'investissement. ESG signifie Environnement, Social & Governance et indique que des facteurs tels que la consommation d'énergie, le climat, la disponibilité des ressources, le bien-être, la sécurité et la bonne gouvernance d'entreprise contribuent à déterminer la sélection et la gestion des participations dans les entreprises. " Les sociétés de capital-investissement attachent toujours plus d'importance aux performances ESG et comprennent très bien que les domaines ESG matériels peuvent détruire ou créer de la valeur ", précise Reinout De Clercq, Director chez PwC Belgium. " Je constate une tendance claire ces dernières années : l'accent n'est plus seulement mis sur les risques ESG. Les sociétés de capital-investissement s'intéressent de plus en plus à la création de valeur potentielle par le biais des domaines ESG. Bien sûr le chemin est encore long, mais le virage est amorcé. "

Reinout De Clercq, Director chez PwC Belgium

Tout au long du cycle

Entre-temps, nous constatons que les critères ESG ont leur importance tout au long du cycle d'une participation. " C'est déjà le cas dès la prise de participations, lors de la due diligence ", explique Reinout De Clercq. " À ce stade, la conformité demeure souvent le moteur. Une fois que les investissements ont lieu, les partenaires se penchent sur les critères ESG en vue de la création de valeur. " Lors de la sortie également, les critères ESG figurent au programme, les acheteurs potentiels exigeant de la clarté par le biais d'un reporting durabilité transparent.

Les sociétés de capital-investissement ont tendance à s'intéresser non seulement aux risques ESG susceptibles de détruire la valeur, mais aussi aux possibilités de créer de la valeur ESG.

L'apparition des facteurs ESG dans le capital-investissement s'explique aussi en partie par une prise de conscience éthique. Les investisseurs veulent pouvoir se regarder dans la glace. " C'est exact, mais en même temps, ils souhaitent investir dans les entreprises qui contribuent à la transition vers une économie à bilan carbone neutre ", explique Reinout De Clercq. " En fin de compte, la création de valeur non financière a un impact significatif, y compris sur le résultat financier. " Au sein du vaste domaine de l'approche ESG, la transition vers une économie à bilan carbone neutre s'avère être l'un des moteurs les plus importants. " La transition est sans aucun doute le facteur perturbateur ", précise Reinout De Clercq. " Les fonds de capital-investissement commencent généralement par appliquer la réflexion ESG à leur portefeuille existant. Dans certains cas, ils jouent eux-mêmes le rôle d'actionnaire activiste et accélèrent la durabilité de leurs participations. "

Une vision à long terme

Ceci nous amène aux entreprises. Leurs efforts contribuent concrètement aux objectifs de Paris. " Elles aussi passent par une transition qui s'accompagne de risques et d'opportunités ", analyse Marc Daelman, Partner chez PwC Belgium. " Les entreprises doivent remettre en question leur stratégie et leur modèle d'entreprise en fonction des défis posés par le changement climatique. Plus encore, les entreprises qui réussissent sont celles qui développent plus rapidement une résilience face au risque du changement climatique, ou qui identifient plus rapidement les opportunités. Cela engendre une pression complémentaire énorme. " Quoi qu'il en soit, les risques du changement climatique ne sont pas minces. Il y a l'impact direct des risques physiques, comme le danger de subir un dommage suite à des inondations ou la sécheresse. Mais les risques liés à la transition vers une économie à bilan carbone neutre sont au moins aussi importants.

Marc Daelman, Partner chez PwC Belgium

" Les entreprises doivent développer à cet égard une vision à long terme, y compris un reporting interne et externe transparent ", poursuit Marc Daelman. " Elles doivent identifier tous les risques et toutes les opportunités, et analyser les scénarios possibles en fonction de l'élaboration de la stratégie de l'entreprise, en ce compris les processus d'investissement et de crédit qui les accompagnent. Le reporting externe à ce sujet ne fera que gagner en importance si les entreprises souhaitent toujours bénéficier d'un accès facile au financement. " La demande d'un reporting durabilité fiable et transparent - vérifié par un réviseur d'entreprise indépendant - n'émane pas seulement des autorités ou des financiers. Cette demande s'accentue également du côté des diverses autres parties prenantes, notamment des clients, du personnel et des ONG.

Les entreprises doivent développer une vision à long terme, y compris un reporting transparent. Ils doivent prendre en compte tous les scénarios possibles : des risques de la transition vers une économie durable, mais aussi des opportunités

Urgence dans l'action

L'Accord de Paris sur le climat prévoit par ailleurs des délais serrés en 2025 et 2030. " L'innovation joue un rôle important dans la réalisation des objectifs climatiques ", conclut Marc Daelman. " Nous devons investir plus encore dans l'innovation et les percées technologiques. Pour y parvenir, les entreprises recherchent à leur tour le soutien des institutions financières et des investisseurs... " Les délais invitent en tout cas à agir. " Le temps presse vraiment ", estime Géraldine D'Argembeau. " Le cadre réglementaire est présent. Il s'agit maintenant de dresser la liste des objectifs et de fixer les priorités. Non seulement pour convaincre le régulateur, mais aussi pour obtenir l'adhésion de l'investisseur. " Or, pour que celui-ci suive le mouvement, il faut justement davantage de reporting. " Ainsi, les différentes facettes de la transition vers la durabilité sont intimement liées ", conclut Marc Daelman. " Mais il est clair que la transparence est essentielle pour obtenir l'adhésion du capital. "

Envie d'en savoir plus sur la façon dont PwC accompagne les entreprises vers un avenir durable ? Contactez-nous via www.pwc.be/sustainability

L'Accord de Paris sur le climat fixe la limite supérieure du réchauffement climatique à 2 degrés par rapport à l'ère préindustrielle, avec 1,5 degré comme valeur cible. Cet accord a été signé par près de deux cents pays. Entre-temps, l'Europe estime qu'il est nécessaire que la lutte contre le changement climatique passe à la vitesse supérieure. La Commission européenne a élaboré un plan d'action environnemental qui joue un rôle clé dans le financement d'une croissance économique durable. Dans ce cadre, il est toutefois nécessaire de bien comprendre ce que sont les activités durables et les risques qui y sont associés. C'est la seule façon d'évaluer correctement les solutions nécessaires pour réaliser l'Accord de Paris. Si on se penche en particulier sur l'importance du financement durable, on distingue trois parties prenantes principales : les institutions financières, les investisseurs et les entreprises." La durabilité est au programme depuis longtemps ", déclare Géraldine D'Argembeau, Director chez PwC Belgium. " La nouvelle réglementation et la crise du coronavirus ne font que souligner le fait que la durabilité est désormais une valeur importante dans notre société, soutenue par l'activisme de nombreux intervenants. " À cet égard, les institutions financières ont un rôle important à jouer. Dans leur rôle de banques responsables, elles doivent soutenir la transition vers un monde plus vert et plus éthique grâce aux flux financiers qu'elles gèrent. " Pensons au financement des activités et technologies durables nécessaires pour atteindre les objectifs de l'accord sur le climat. La transition n'en offre pas moins une opportunité pour de nouveaux modèles d'entreprise, bien que la transition s'accompagne bien sûr aussi de risques. "Le plan d'action de la Commission européenne vise un changement radical. " Les institutions financières doivent vraiment modifier en profondeur leur stratégie et leurs produits, et éliminer le greenwashing ", poursuit Géraldine D'Argembeau. Febelfin a élaboré un label de durabilité qui a déjà été attribué à quelque cinq cents produits. " Mais en réalité, toutes les institutions financières belges n'ont pas atteint le même niveau de maturité en matière de durabilité. " La nouvelle réglementation relative à la durabilité fournit un cadre clair pour une approche structurée de la part des institutions financières. " En général, une évaluation top-down constitue le point de départ ", explique Géraldine D'Argembeau. " Cette analyse constitue la base sur laquelle une institution peut fonder ses actions. "L'attention accrue quant à la durabilité et la réglementation y afférente impactent considérablement l'organisation, notamment la gestion des risques, la gouvernance et la divulgation des données sur la durabilité. " L'exposition au risque lié au climat doit être évaluée ", poursuit Géraldine D'Argembeau. " Pour les institutions financières, l'évaluation des risques de la transition vers davantage de durabilité constitue un défi majeur. " Mais il est encourageant de constater que les choses bougent dans le secteur. " Certaines institutions ont pris le parti de ne pas proposer de fonds qui n'agissent pas sur la durabilité ", constate Géraldine D'Argembeau. " Cela a un impact majeur et direct. Car ce faisant, ces institutions guident aussi les investisseurs et les entreprises vers une résilience opérationnelle durable. " Dans les décisions des investisseurs également, la durabilité devient un critère de plus en plus important. Dans les sociétés de capital-investissement en particulier, le terme ESG apparaît de manière constante tout au long du cycle d'investissement. ESG signifie Environnement, Social & Governance et indique que des facteurs tels que la consommation d'énergie, le climat, la disponibilité des ressources, le bien-être, la sécurité et la bonne gouvernance d'entreprise contribuent à déterminer la sélection et la gestion des participations dans les entreprises. " Les sociétés de capital-investissement attachent toujours plus d'importance aux performances ESG et comprennent très bien que les domaines ESG matériels peuvent détruire ou créer de la valeur ", précise Reinout De Clercq, Director chez PwC Belgium. " Je constate une tendance claire ces dernières années : l'accent n'est plus seulement mis sur les risques ESG. Les sociétés de capital-investissement s'intéressent de plus en plus à la création de valeur potentielle par le biais des domaines ESG. Bien sûr le chemin est encore long, mais le virage est amorcé. "Entre-temps, nous constatons que les critères ESG ont leur importance tout au long du cycle d'une participation. " C'est déjà le cas dès la prise de participations, lors de la due diligence ", explique Reinout De Clercq. " À ce stade, la conformité demeure souvent le moteur. Une fois que les investissements ont lieu, les partenaires se penchent sur les critères ESG en vue de la création de valeur. " Lors de la sortie également, les critères ESG figurent au programme, les acheteurs potentiels exigeant de la clarté par le biais d'un reporting durabilité transparent.L'apparition des facteurs ESG dans le capital-investissement s'explique aussi en partie par une prise de conscience éthique. Les investisseurs veulent pouvoir se regarder dans la glace. " C'est exact, mais en même temps, ils souhaitent investir dans les entreprises qui contribuent à la transition vers une économie à bilan carbone neutre ", explique Reinout De Clercq. " En fin de compte, la création de valeur non financière a un impact significatif, y compris sur le résultat financier. " Au sein du vaste domaine de l'approche ESG, la transition vers une économie à bilan carbone neutre s'avère être l'un des moteurs les plus importants. " La transition est sans aucun doute le facteur perturbateur ", précise Reinout De Clercq. " Les fonds de capital-investissement commencent généralement par appliquer la réflexion ESG à leur portefeuille existant. Dans certains cas, ils jouent eux-mêmes le rôle d'actionnaire activiste et accélèrent la durabilité de leurs participations. "Ceci nous amène aux entreprises. Leurs efforts contribuent concrètement aux objectifs de Paris. " Elles aussi passent par une transition qui s'accompagne de risques et d'opportunités ", analyse Marc Daelman, Partner chez PwC Belgium. " Les entreprises doivent remettre en question leur stratégie et leur modèle d'entreprise en fonction des défis posés par le changement climatique. Plus encore, les entreprises qui réussissent sont celles qui développent plus rapidement une résilience face au risque du changement climatique, ou qui identifient plus rapidement les opportunités. Cela engendre une pression complémentaire énorme. " Quoi qu'il en soit, les risques du changement climatique ne sont pas minces. Il y a l'impact direct des risques physiques, comme le danger de subir un dommage suite à des inondations ou la sécheresse. Mais les risques liés à la transition vers une économie à bilan carbone neutre sont au moins aussi importants." Les entreprises doivent développer à cet égard une vision à long terme, y compris un reporting interne et externe transparent ", poursuit Marc Daelman. " Elles doivent identifier tous les risques et toutes les opportunités, et analyser les scénarios possibles en fonction de l'élaboration de la stratégie de l'entreprise, en ce compris les processus d'investissement et de crédit qui les accompagnent. Le reporting externe à ce sujet ne fera que gagner en importance si les entreprises souhaitent toujours bénéficier d'un accès facile au financement. " La demande d'un reporting durabilité fiable et transparent - vérifié par un réviseur d'entreprise indépendant - n'émane pas seulement des autorités ou des financiers. Cette demande s'accentue également du côté des diverses autres parties prenantes, notamment des clients, du personnel et des ONG.L'Accord de Paris sur le climat prévoit par ailleurs des délais serrés en 2025 et 2030. " L'innovation joue un rôle important dans la réalisation des objectifs climatiques ", conclut Marc Daelman. " Nous devons investir plus encore dans l'innovation et les percées technologiques. Pour y parvenir, les entreprises recherchent à leur tour le soutien des institutions financières et des investisseurs... " Les délais invitent en tout cas à agir. " Le temps presse vraiment ", estime Géraldine D'Argembeau. " Le cadre réglementaire est présent. Il s'agit maintenant de dresser la liste des objectifs et de fixer les priorités. Non seulement pour convaincre le régulateur, mais aussi pour obtenir l'adhésion de l'investisseur. " Or, pour que celui-ci suive le mouvement, il faut justement davantage de reporting. " Ainsi, les différentes facettes de la transition vers la durabilité sont intimement liées ", conclut Marc Daelman. " Mais il est clair que la transparence est essentielle pour obtenir l'adhésion du capital. " Envie d'en savoir plus sur la façon dont PwC accompagne les entreprises vers un avenir durable ? Contactez-nous via www.pwc.be/sustainability