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Deminor, le cabinet de conseil pour investisseurs, va passer à la vitesse supérieure dans son combat juridique contre la coopérative Arco, le bras financier du mouvement ouvrier chrétien et l'un des principaux actionnaires du groupe bancaire Dexia, dont la chute a entraîné la liquidation d'Arco, écrit vendredi L'Echo.

Une cinquantaine de membres de l'Arcopar Actieteam, qui représente un groupe de coopérateurs d'Arco s'estimant lésés, ont protesté vendredi devant les sièges bruxellois de Belfius et de Beweging.net. Une mise en demeure symbolique, signée par 2.000 coopérateurs, a été remise.

Le nouveau règlement sur Arco, sur lequel les futurs partenaires de gouvernement fédéral ont conclu un accord, est trop maigre, selon l'avocat Geert Lenssens, qui défend environ 700 coopérateurs d'Arco. "40% c'est amplement insuffisant. On avait promis 100%", dit-il. Par ailleurs, il estime que ce ne sera pas évident d'établir ce règlement juridiquement.

Une assignation en justice a été signifiée ce mardi à Belfius Banque et à différentes entités du groupe Arco au terme de laquelle 738 coopérateurs demandent la nullité de leur investissement dans les parts Arco distribuées depuis les années 90 par les prédécesseurs de Belfius.

Une proposition de solution dans le dossier Arco a été présentée aux négociateurs fédéraux. Cette solution impactera les finances publiques belges en dessous de 1,2 milliard d'euros, soit le montant perdu par les coopérateurs, qui ne récupéreront pas 100% de leurs pertes.

Bien qu'il soit en affaires courante, ministre des Finances Koen Geens a accepté de s'expliquer sur deux dossiers délicats ce jeudi, lors de la première réunion de la Commission des Finances que la Chambre tenait après les élections législatives. Celui d'Arco et celui de BNP.

Le président du Mouvement ouvrier chrétien (MOC) Christian Kunsch dans l'Echo et l'ancien Premier ministre CD&V Yves Leterme dans le Tijd prennent la défense des coopérateurs d'Arco et critiquent la décision de la Commission européenne de déclarer illégale la garantie octroyée par l'Etat belge à ces coopérants, peut-on lire samedi.

Le bureau Deminor, qui conseille les actionnaires minoritaires, compte citer le groupe Arco en justice pour tromperie lors de l'émission de parts coopératives. Belfius serait également cité à comparaître, écrit samedi le quotidien de Standaard.

Les actions d'Arco ont été proposées au grand public comme des produits d'épargne traditionnels, alors qu'elles sont en réalité un investissement à risques. "Un exemple classique de détournement d'instruments financiers au public", selon la société de conseils aux actionnaires Deminor.

Certes, la Commission européenne a prolongé la validité des garanties d'Etat accordées à Dexia par la Belgique, la France et le Luxembourg. Mais elle a surtout ouvert un "examen approfondi" du plan de restructuration du géant déchu. Pour trois raisons.

Le CD&V Steven Vanackere a mis en garde le mouvement ouvrier chrétien (ACW-MOC) contre toute velléité de renouer des liens avec le secteur bancaire. Avec, en toile de fond, la débâcle d'Arco liée à la chute de Dexia.

La Commission européenne estime que les garanties accordée par l'Etat belge aux 800.000 coopérateurs d'Arco, société coopérative financière liée au syndicat chrétien flamand, actionnaire de Dexia, au moment où la banque prenait eau de toutes parts, constituent une aide d'état illégale.