D'origine modeste, Roger Mené est né en 1927 à Ougrée. Diplômé chimiste de l'Ecole polytechnique de Seraing, il débute son parcours professionnel chez Cockerill. Alors que la voie d'une belle carrière semblait toute tracée, il se lance comme indépendant sous l'impulsion de sa belle-famille. "Mon beau-père voulait que j'aille travailler avec lui, confiait-il en 1999 dans nos colonnes. Mais après une année de réflexion et de nombreuses taquineries de sa part, j'ai préféré monter mon entreprise, une affaire de chauffage et d'électroménager." Dans la foulée, il va se mobiliser pour la défense des indépendants qui sont a...

D'origine modeste, Roger Mené est né en 1927 à Ougrée. Diplômé chimiste de l'Ecole polytechnique de Seraing, il débute son parcours professionnel chez Cockerill. Alors que la voie d'une belle carrière semblait toute tracée, il se lance comme indépendant sous l'impulsion de sa belle-famille. "Mon beau-père voulait que j'aille travailler avec lui, confiait-il en 1999 dans nos colonnes. Mais après une année de réflexion et de nombreuses taquineries de sa part, j'ai préféré monter mon entreprise, une affaire de chauffage et d'électroménager." Dans la foulée, il va se mobiliser pour la défense des indépendants qui sont alors privés de toute sécurité sociale. En 1968, Roger Mené s'engage à l'Union des classes moyennes (UCM) dont il devient en 1974 président national. Une fonction qu'il occupera durant 34 ans. Tout au long de ces années, il va s'efforcer de défendre les intérêts des indépendants et des responsables de PME. Grâce à lui et à l'UCM, ces derniers ont pu faire entendre leur voix dans toutes les instances officielles du pays, y compris au Groupe des 10, sommet de la concertation fédérale regroupant les représentants des organisations syndicales et patronales. Pour arriver à ce que les indépendants soient entendus, Roger Mené a bataillé ferme durant toutes ces années avec le dynamisme et la verve que tous ses interlocuteurs lui reconnaissaient. Ainsi en 2008, à l'occasion de son départ de la présidence de l'UCM, Pieter Timmermans, alors directeur général de la FEB, rappelait que "Roger Mené était un monument dans le Groupe des 10. Ce statut, il ne le devait pas seulement à sa longue expérience, mais surtout à ses prises de position claires: nous savions immédiatement ce qui était négociable et non négociable. Il n'était pas Monsieur Non... sauf lorsqu'il était question de la représentation des syndicats dans les petites entreprises. C'était non négociable et donc exclu. 'Plus il y a de syndicats qui viennent manifester devant ma porte, plus je gagne de membres' était l'une de ses expressions favorites". Et des expressions, il en avait quelques-unes dans sa besace témoignant du chemin semé d'embûches qu'il avait accompli. Ainsi rappelait-il souvent ce temps "où lorsque nous déposions une note préparée de manière minutieuse, nous n'étions pas encore dans l'ascenseur qu'elle était déjà à la poubelle". Roger Mené avait quitté l'UCM Liège en septembre 2015. Il a notamment siégé à la Banque nationale et présidé le Fonds de participation. "C'était un personnage de conviction et de caractère qui a contribué grandement à améliorer la situation et le statut des indépendants, souligne Pierre-Frédéric Nyst, actuel président de l'UCM. Il a fait le job avec le prisme de la défense des 'petits' et c'est cet héritage que nous voulons conserver."