Puilaetco a accéléré sa transition vers un modèle davantage axé sur l'investissement durable depuis l'arrivée de James Purcell début 2020 au poste de responsable de la gestion ESG et Impact chez Quintet Private Bank (la maison mère du groupe belge) en provenance d'UBS Asset Management. Gradué de la célèbre université d'Oxford et titulaire de formations Master of Business Administration et Chartered Financial Analyst, il a été désigné par Financial News comme étant une étoile montante dans la gestion d'actifs en 2018. Nous avons eu l'occasion de l'interviewer récemment en compagnie de Frank Vranken, responsable de la stratégie d'investissement chez Puilaetco, et cela afin qu'ils nous présentent les changements en cours dans le groupe Quintet.

TRENDS-TENDANCES. Quelles sont les principales raisons qui vous ont poussé à rejoindre Quintet ?

JAMES PURCELL. Tout d'abord, je connaissais la direction du groupe, ce qui est toujours plus facile pour changer d'employeur. Ensuite, Quintet a des ambitions élevées avec l'objectif de multiplier par deux sa base d'actifs durant les cinq ou six prochaines années. Enfin, le groupe avait également l'ambition de mettre l'investissement durable au centre de son activité. Nous avons mis en place une stratégie radicalement différente par rapport à ce qui est généralement proposé chez nos concurrents.

En quoi sera-t-elle différente ?

J.P. Tout d'abord, dès le début de l'année prochaine, investir durablement deviendra l'option par défaut pour l'ensemble de nos clients dans tous les pays européens. Ce ne sera plus une option pour laquelle le client doit faire un choix. Nous marquerons notre différence en nous souciant, à chaque entame de conversation, du besoin pour le client d'investir son portefeuille de manière durable. Ensuite, nous allons rassembler les équipes en charge des investissements responsables et celles qui s'occupent des relations avec les entreprises afin, par exemple, d'éviter que la banque octroie des crédits à des entreprises dont les pratiques ne sont pas durables alors que les clients adoptent, eux, des stratégies vertueuses. Nous devons nous engager dans la même voie où nous poussons nos clients. Dans cette optique, nous avons également lancé quelques initiatives dans l'ensemble de nos 50 sites en Europe, comme supprimer tout le plastique jetable.

L'investissement durable peut parfois sembler très difficile d'accès pour les clients...

J.P. C'est comme apprendre une nouvelle langue... mais ça ne devrait pas être aussi difficile à comprendre. Il est très facile d'éloigner les clients de l'investissement durable en utilisant du jargon. La terminologie est pleine de termes qu'il faut expliquer, comme les critères ESG. Une des choses qui me passionne est de parvenir à rendre l'investissement durable compréhensible et intuitif, par exemple en disant au client qu'investir un million de dollars dans les obligations vertes est équivalent à retirer 398 voitures des routes. C'est beaucoup plus parlant que de parler de taxonomie ou de critères de gouvernance.

FRANK VRANKEN. Nous ne voulons pas non plus être exclusifs dans notre approche et nous concentrer uniquement sur les entreprises qui sont leaders en matière de durabilité. Nous estimons qu'il faut également suivre celles qui sont en train d'améliorer leur approche. Ce sont typiquement ces sociétés sur lesquelles l'impact sera le plus important, plutôt que celles qui ont déjà la meilleure approche. Nous regarderons donc toutes les sociétés pour trouver celles qui vont adopter les politiques les plus radicales et qui vont enregistrer les gains les plus importants avec leur profil durable.

Allez-vous proposer à vos clients de nouveaux produits qui reflètent ces changements que vous prévoyez d'introduire ?

F.V. C'est le dernier point important de notre nouvelle approche. Nous voulons être en mesure d'apporter des solutions très réelles et tangibles aux clients, avec un impact intentionnel et vérifiable afin qu'ils puissent implémenter les principes de durabilité dans leurs portefeuilles. Et nous allons donc proposer à partir du début 2021 de nouveaux produits qui montrer qu'ils font la différence en adoptant une approche inclusive plutôt qu'exclusive sur les sociétés que nous allons mettre dans nos portefeuilles.

J.P. Par exemple, chaque entreprise laisse une empreinte carbone, et lorsque vous détenez une action de cette société, vous détenez également une partie du carbone qu'elle émet. Nous souhaitons donc proposer des portefeuilles qui vont s'assurer que le carbone émis par ces sociétés est ôté de l'atmosphère dans le monde réel, un impact tangible et visible pour les clients. Les fonds que nous allons lancer ne vont pas uniquement éviter les industries qui produisent beaucoup de carbone mais nous allons également compenser l'empreinte écologique du portefeuille en plantant des forêts dans le monde réel. Il existe aujourd'hui des manquements importants dans le développement d'un écosystème en termes de durabilité. Nous allons chercher à les combler avec cette gamme de produits. Avec cette gamme, c'est également la première fois que Quintet va agir comme un groupe au niveau européen. A terme, nous comptons également faire évoluer progressivement les produits existants pour refléter ce changement de stratégie.

Sur quelles données allez-vous baser votre gestion ?

J.P. Nous allons utiliser des données externes, comme la plupart des gestionnaires. Mais nous préférons regarder les données sur lesquelles se basent les scores de ces fournisseurs et utiliser notre propre expertise pour déterminer ce qui nous semble important pour les sociétés que nous analysons et pour les secteurs dans lesquels elles sont actives. Nous avons aussi l'intention de rendre ces données aussi tangibles que possible pour les investisseurs et ne pas nous arrêter, par exemple, à un score de 9/10 en pensant que c'est tout ce dont le client aura besoin. Expliquer notre action en parlant de voitures ou de piscines est tout de suite beaucoup plus évocateur. Nous sommes en train de constituer une équipe de six personnes qui se consacra entièrement à cette nouvelle approche.

Que représente aujourd'hui l'investissement durable chez Quintet ?

F.V. Au niveau de Puilaetco, nous avons pratiquement un tiers de nos actifs qui sont gérés durablement et c'est clairement le segment qui connaît actuellement la plus forte croissance.

J.P. Au niveau global, les chiffres indiquent qu'il y aurait également un tiers des actifs boursiers qui sont investis de manière durable. Mais nous savons également que ce chiffre n'est pas correct et qu'il reprend des actifs reclassifiés par leur société de gestion comme étant des actifs durables. Nous ne souhaitons pas participer à ce modèle d'augmentation fictive des actifs durables et nous ne requalifierons pas 10 milliards d'euros d'actifs du jour au lendemain juste pour avoir de meilleurs chiffres en termes de durabilité. Nous voulons que nos chiffres soient les plus crédibles.

Puilaetco a accéléré sa transition vers un modèle davantage axé sur l'investissement durable depuis l'arrivée de James Purcell début 2020 au poste de responsable de la gestion ESG et Impact chez Quintet Private Bank (la maison mère du groupe belge) en provenance d'UBS Asset Management. Gradué de la célèbre université d'Oxford et titulaire de formations Master of Business Administration et Chartered Financial Analyst, il a été désigné par Financial News comme étant une étoile montante dans la gestion d'actifs en 2018. Nous avons eu l'occasion de l'interviewer récemment en compagnie de Frank Vranken, responsable de la stratégie d'investissement chez Puilaetco, et cela afin qu'ils nous présentent les changements en cours dans le groupe Quintet. TRENDS-TENDANCES. Quelles sont les principales raisons qui vous ont poussé à rejoindre Quintet ? JAMES PURCELL. Tout d'abord, je connaissais la direction du groupe, ce qui est toujours plus facile pour changer d'employeur. Ensuite, Quintet a des ambitions élevées avec l'objectif de multiplier par deux sa base d'actifs durant les cinq ou six prochaines années. Enfin, le groupe avait également l'ambition de mettre l'investissement durable au centre de son activité. Nous avons mis en place une stratégie radicalement différente par rapport à ce qui est généralement proposé chez nos concurrents.En quoi sera-t-elle différente ? J.P. Tout d'abord, dès le début de l'année prochaine, investir durablement deviendra l'option par défaut pour l'ensemble de nos clients dans tous les pays européens. Ce ne sera plus une option pour laquelle le client doit faire un choix. Nous marquerons notre différence en nous souciant, à chaque entame de conversation, du besoin pour le client d'investir son portefeuille de manière durable. Ensuite, nous allons rassembler les équipes en charge des investissements responsables et celles qui s'occupent des relations avec les entreprises afin, par exemple, d'éviter que la banque octroie des crédits à des entreprises dont les pratiques ne sont pas durables alors que les clients adoptent, eux, des stratégies vertueuses. Nous devons nous engager dans la même voie où nous poussons nos clients. Dans cette optique, nous avons également lancé quelques initiatives dans l'ensemble de nos 50 sites en Europe, comme supprimer tout le plastique jetable.L'investissement durable peut parfois sembler très difficile d'accès pour les clients... J.P. C'est comme apprendre une nouvelle langue... mais ça ne devrait pas être aussi difficile à comprendre. Il est très facile d'éloigner les clients de l'investissement durable en utilisant du jargon. La terminologie est pleine de termes qu'il faut expliquer, comme les critères ESG. Une des choses qui me passionne est de parvenir à rendre l'investissement durable compréhensible et intuitif, par exemple en disant au client qu'investir un million de dollars dans les obligations vertes est équivalent à retirer 398 voitures des routes. C'est beaucoup plus parlant que de parler de taxonomie ou de critères de gouvernance. FRANK VRANKEN. Nous ne voulons pas non plus être exclusifs dans notre approche et nous concentrer uniquement sur les entreprises qui sont leaders en matière de durabilité. Nous estimons qu'il faut également suivre celles qui sont en train d'améliorer leur approche. Ce sont typiquement ces sociétés sur lesquelles l'impact sera le plus important, plutôt que celles qui ont déjà la meilleure approche. Nous regarderons donc toutes les sociétés pour trouver celles qui vont adopter les politiques les plus radicales et qui vont enregistrer les gains les plus importants avec leur profil durable.Allez-vous proposer à vos clients de nouveaux produits qui reflètent ces changements que vous prévoyez d'introduire ?F.V. C'est le dernier point important de notre nouvelle approche. Nous voulons être en mesure d'apporter des solutions très réelles et tangibles aux clients, avec un impact intentionnel et vérifiable afin qu'ils puissent implémenter les principes de durabilité dans leurs portefeuilles. Et nous allons donc proposer à partir du début 2021 de nouveaux produits qui montrer qu'ils font la différence en adoptant une approche inclusive plutôt qu'exclusive sur les sociétés que nous allons mettre dans nos portefeuilles. J.P. Par exemple, chaque entreprise laisse une empreinte carbone, et lorsque vous détenez une action de cette société, vous détenez également une partie du carbone qu'elle émet. Nous souhaitons donc proposer des portefeuilles qui vont s'assurer que le carbone émis par ces sociétés est ôté de l'atmosphère dans le monde réel, un impact tangible et visible pour les clients. Les fonds que nous allons lancer ne vont pas uniquement éviter les industries qui produisent beaucoup de carbone mais nous allons également compenser l'empreinte écologique du portefeuille en plantant des forêts dans le monde réel. Il existe aujourd'hui des manquements importants dans le développement d'un écosystème en termes de durabilité. Nous allons chercher à les combler avec cette gamme de produits. Avec cette gamme, c'est également la première fois que Quintet va agir comme un groupe au niveau européen. A terme, nous comptons également faire évoluer progressivement les produits existants pour refléter ce changement de stratégie. Sur quelles données allez-vous baser votre gestion ?J.P. Nous allons utiliser des données externes, comme la plupart des gestionnaires. Mais nous préférons regarder les données sur lesquelles se basent les scores de ces fournisseurs et utiliser notre propre expertise pour déterminer ce qui nous semble important pour les sociétés que nous analysons et pour les secteurs dans lesquels elles sont actives. Nous avons aussi l'intention de rendre ces données aussi tangibles que possible pour les investisseurs et ne pas nous arrêter, par exemple, à un score de 9/10 en pensant que c'est tout ce dont le client aura besoin. Expliquer notre action en parlant de voitures ou de piscines est tout de suite beaucoup plus évocateur. Nous sommes en train de constituer une équipe de six personnes qui se consacra entièrement à cette nouvelle approche.Que représente aujourd'hui l'investissement durable chez Quintet ?F.V. Au niveau de Puilaetco, nous avons pratiquement un tiers de nos actifs qui sont gérés durablement et c'est clairement le segment qui connaît actuellement la plus forte croissance.J.P. Au niveau global, les chiffres indiquent qu'il y aurait également un tiers des actifs boursiers qui sont investis de manière durable. Mais nous savons également que ce chiffre n'est pas correct et qu'il reprend des actifs reclassifiés par leur société de gestion comme étant des actifs durables. Nous ne souhaitons pas participer à ce modèle d'augmentation fictive des actifs durables et nous ne requalifierons pas 10 milliards d'euros d'actifs du jour au lendemain juste pour avoir de meilleurs chiffres en termes de durabilité. Nous voulons que nos chiffres soient les plus crédibles.