Suite aux annonces de la Banque centrale européenne (BCE) d'arrêter son programme de rachats d'obligations et de relever ses taux, la tension sur les spreads (écart de taux d'intérêt entre les emprunts d'Etat) au sein de la zone euro a fait son grand retour, touchant particulièrement l'Italie, la Grèce et l'Espagne. N'ayant nullement anticipé le danger, la BCE a rapidement sorti sa lance anti-incendie et tenu une réunion en urgence pour affirmer sa déterminat...

Suite aux annonces de la Banque centrale européenne (BCE) d'arrêter son programme de rachats d'obligations et de relever ses taux, la tension sur les spreads (écart de taux d'intérêt entre les emprunts d'Etat) au sein de la zone euro a fait son grand retour, touchant particulièrement l'Italie, la Grèce et l'Espagne. N'ayant nullement anticipé le danger, la BCE a rapidement sorti sa lance anti-incendie et tenu une réunion en urgence pour affirmer sa détermination à éviter une fragmentation de la zone euro. "Deux pistes ont été avancées, explique Bernard Keppenne, économiste en chef de CBC. La première consiste à diriger les réinvestissements des obligations arrivant à échéance dans son portefeuille en priorité vers des obligations des pays qui ont connu un élargissement des spreads.La deuxième passe par la mise en place prochaine d'un instrument comparable au programme SMP (Security Market Programme) lancé en 2010 et qui consistait à racheter les obligations souveraines des Etats de la zone euro qui faisaient face à la défiance des investisseurs exigeant des primes de risque élevées pour acquérir ces titres. Mais, point extrêmement important, ces rachats effectués dans le cadre du programme SMP étaient compensés par une 'stérilisation' de ses interventions, donc un retrait équivalent des liquidités pour ne pas créer de l'inflation." La gardienne de l'euro devra néanmoins confirmer sa volonté lors de sa réunion de juillet si elle veut éviter de nouvelles tensions. Certes, le résultat des élections en France n'a pas eu d'impact sur les spreads entre les obligations françaises et allemandes vu les annonces de la BCE. Du moins pas encore. Car le risque de voir ce dernier s'élargir, alors que la France a connu une forte hausse de son endettement, n'est pas neutre. Même chose pour l'Italie, troisième économie de la zone euro, également en proie à un énorme endettement, aux séquelles du covid et aux conséquences de la guerre en Ukraine. Faut-il dès lors craindre une nouvelle crise de la dette en Europe? "Si la BCE n'apporte pas des réponses claires, on ne peut pas l'exclure", précise Bernard Keppenne.