Trou d'air pour la conjoncture

La guerre en Ukraine "perturbe le commerce, entraîne des pénuries de matériaux et contribue à la hausse des prix de l'énergie et des matières premières", tandis que les goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement ne sont pas prêts de se résorber, a déclaré la BCE, qui dresse un tableau sombre des perspectives économiques. Sans tabler sur une récession, elle a abaissé ses prévisions de croissance à 2,8% pour 2022 et 2,1% pour 2023 Mais "l'activité économique devrait à nouveau rebondir lorsque les vents contraires soufflant actuellement s'atténueront", a ajouté l'institution, qui relève à 2,1% sa prévision de hausse du PIB pour 2024. La BCE mise un marché du travail solide et un soutien budgétaire doublé d'une épargne qui va se libérer après avoir été accumulée pendant la pandémie.

Inflation enracinée

"L'inflation va demeurer élevée, de manière indésirable, pour un certain moment", a résumé la présidente de la BCE Christine Lagarde. Avec la guerre en Ukraine, les "pressions inflationnistes se sont élargies et intensifiées". Elles se concernent désormais un large panier de produits et de services au-delà des seuls coûts de l'énergie, a-t-elle expliqué.

Pour la zone euro, l'institution a sensiblement relevé ses prévisions d'inflation pour 2022 et 2023, avec une projection à 2,1% en 2024, toujours au-dessus de son objectif des 2%. A moyen terme, les risques sur l'inflation restent "à la hausse".

Fin des rachats nets d'actifs

Dans ce contexte la BCE va stopper ses rachats nets d'actifs "le 1er juillet", s'agissant d'un préalable avant de commencer à relever ses taux. Les rachats d'obligations, qui ont inonder le marché de liquidités, ont été lancés en 2015 pour combattre l'hydre de la déflation, assimilée à un poison pour l'économie. La BCE a depuis acheté à tour de bras des titres publics et privés sur le marché -5.000 milliards d'euros d'obligations en incluant environ 1.800 milliards d'euros au titre du programme d'urgence contre la pandémie- pour faire baisser les coûts de financement et faire repartir l'économie. Or l'institution est désormais face au défi inverse de devoir faire baisser l'inflation, c'est pourquoi les rachats de dette n'ont plus de raison d'être.

Taux: décollage lent en juillet

Pour espérer réduire à terme la hausse des prix, la BCE va commencer à relever ses taux en juillet, ce qu'elle n'avait plus fait depuis mai 2011, et continuera à le faire les mois suivants. La priorité est de sortir rapidement de l'ère des taux négatifs, inaugurée en 2014 avec le taux sur les dépôts bancaires, actuellement fixé à -0,5%. Il frappe une partie des liquidités dormant à la banque centrale, pour inciter les banques commerciales à distribuer plus de crédit pour aider l'économie. Les "colombes" prudentes au conseil de la BCE sont parvenues à limiter le premier relèvement des taux prévu en juillet à 25 points de base, mais un saut plus important de 50 points de base paraît fort probable en septembre au vu des perspectives d'inflation, explique une source proche d'une banque centrale à l'AFP.

Vigilance sur les coûts d'emprunts souverains

Le risque associé à la fin des rachats d'actifs est de voir les "spreads" se creuser, soit les écarts entre les taux d'emprunt des pays dits fragiles de la zone euro et ceux considérés comme "sûrs", comme l'emprunt allemand Bund à 10 ans. Derrière ces écarts, l'idée est que le marché exige une prime de risque plus élevée pour financer des pays de la zone euro dont la dette publique, gonflé avec la crise du Covid-19, est à la limite du supportable. Mme Lagarde est toutefois restée vague jeudi quant à la réponse qu'apporterait l'institution face à cette "fragmentation", se contentant de rappeler que "si nécessaire", elle pourrait "concevoir et déployer de nouveaux instruments". Face à ce flou entretenu, le taux italien se détachait jeudi encore plus du taux allemand de référence, avec un spread dépassant les 200 points de base.

La guerre en Ukraine "perturbe le commerce, entraîne des pénuries de matériaux et contribue à la hausse des prix de l'énergie et des matières premières", tandis que les goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement ne sont pas prêts de se résorber, a déclaré la BCE, qui dresse un tableau sombre des perspectives économiques. Sans tabler sur une récession, elle a abaissé ses prévisions de croissance à 2,8% pour 2022 et 2,1% pour 2023 Mais "l'activité économique devrait à nouveau rebondir lorsque les vents contraires soufflant actuellement s'atténueront", a ajouté l'institution, qui relève à 2,1% sa prévision de hausse du PIB pour 2024. La BCE mise un marché du travail solide et un soutien budgétaire doublé d'une épargne qui va se libérer après avoir été accumulée pendant la pandémie."L'inflation va demeurer élevée, de manière indésirable, pour un certain moment", a résumé la présidente de la BCE Christine Lagarde. Avec la guerre en Ukraine, les "pressions inflationnistes se sont élargies et intensifiées". Elles se concernent désormais un large panier de produits et de services au-delà des seuls coûts de l'énergie, a-t-elle expliqué. Pour la zone euro, l'institution a sensiblement relevé ses prévisions d'inflation pour 2022 et 2023, avec une projection à 2,1% en 2024, toujours au-dessus de son objectif des 2%. A moyen terme, les risques sur l'inflation restent "à la hausse".Dans ce contexte la BCE va stopper ses rachats nets d'actifs "le 1er juillet", s'agissant d'un préalable avant de commencer à relever ses taux. Les rachats d'obligations, qui ont inonder le marché de liquidités, ont été lancés en 2015 pour combattre l'hydre de la déflation, assimilée à un poison pour l'économie. La BCE a depuis acheté à tour de bras des titres publics et privés sur le marché -5.000 milliards d'euros d'obligations en incluant environ 1.800 milliards d'euros au titre du programme d'urgence contre la pandémie- pour faire baisser les coûts de financement et faire repartir l'économie. Or l'institution est désormais face au défi inverse de devoir faire baisser l'inflation, c'est pourquoi les rachats de dette n'ont plus de raison d'être.Pour espérer réduire à terme la hausse des prix, la BCE va commencer à relever ses taux en juillet, ce qu'elle n'avait plus fait depuis mai 2011, et continuera à le faire les mois suivants. La priorité est de sortir rapidement de l'ère des taux négatifs, inaugurée en 2014 avec le taux sur les dépôts bancaires, actuellement fixé à -0,5%. Il frappe une partie des liquidités dormant à la banque centrale, pour inciter les banques commerciales à distribuer plus de crédit pour aider l'économie. Les "colombes" prudentes au conseil de la BCE sont parvenues à limiter le premier relèvement des taux prévu en juillet à 25 points de base, mais un saut plus important de 50 points de base paraît fort probable en septembre au vu des perspectives d'inflation, explique une source proche d'une banque centrale à l'AFP.Le risque associé à la fin des rachats d'actifs est de voir les "spreads" se creuser, soit les écarts entre les taux d'emprunt des pays dits fragiles de la zone euro et ceux considérés comme "sûrs", comme l'emprunt allemand Bund à 10 ans. Derrière ces écarts, l'idée est que le marché exige une prime de risque plus élevée pour financer des pays de la zone euro dont la dette publique, gonflé avec la crise du Covid-19, est à la limite du supportable. Mme Lagarde est toutefois restée vague jeudi quant à la réponse qu'apporterait l'institution face à cette "fragmentation", se contentant de rappeler que "si nécessaire", elle pourrait "concevoir et déployer de nouveaux instruments". Face à ce flou entretenu, le taux italien se détachait jeudi encore plus du taux allemand de référence, avec un spread dépassant les 200 points de base.