Tout d'abord, à mesure que le temps passe, on se rend compte que les seules choses qui pourront nous libérer de l'emprise du virus, c'est la découverte d'un cocktail de médicaments efficaces et/ou la mise au point d'un vaccin. Aussi longtemps que l'un de ces événements ne se sera pas produit, l'économie restera tétanisée par cette saleté de quelques nanomètres.

Dès lors, juste derrière la première ligne de feu que représente le personnel soignant qui se bat chaque jour pour la vie, des centaines de scientifiques cherchent à comprendre le fonctionnement de ce virus, à trouver ses failles, à le traquer, à le détruire ou à nous rendre résistants à celui-ci. De même, les épidémiologistes nous expliquent avec des mots simples la transmission d'un virus dans une communauté. Mais derrière leurs explications, il y a des années d'études et de recherches, en chimie, en biologie, en statistiques. Ce ne sont pas des matières simples.

Par ailleurs, lorsqu'il s'agit de trouver des solutions à la pénurie de tel ou tel matériel, on se doit bien sûr d'activer des contacts, de faire travailler une task force. Mais les initiatives des ingénieurs se multiplient aussi pour détourner des machines et des processus de production présents chez nous au profit de ce matériel manquant. Gene Kranz, le directeur de vol d'Apollo 13 aurait un jour déclaré : "Ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce pour quoi les choses sont faites, mais ce qu'elles peuvent faire !" . Des dizaines d'ingénieurs redonnent un coup de jeune à ce slogan. Mais derrière leurs inventions, détournant des masques de plongée ou des pièce d'aéronautique, il y a une fois de plus de longues études en ingénierie, en mécanique ou en résistance des matériaux. D'autres ingénieurs leur permettent d'imprimer en 3D, en quelques minutes, les pièces qu'ils conçoivent. C'est une opportunité énorme qu'il faut, une fois de plus, mettre au crédit des sciences et technologies.

Et que diredes conditions dans lesquelles nous vivons le confinement : flux de données incessant, accès au serveur de l'entreprise pour laquelle on travaille, réunions et cours à distance. Tout est possible. Imaginez simplement ce qu'aurait été le confinement il y a 30 ans : un ennui sans nom, doublé d'un choc économique encore plus important en raison des entreprises de services ne pouvant, elles non plus, assurer leur activité. Mais derrière les technologies de la communication, il y a une nouvelle fois une armée d'ingénieurs qui ont inventé et développé ces outils.

Enfin, lorsqu'il faudra penser à la reprise économique, une partie du succès de celle-ci dépendra, encore une fois, de notre capacité à nous réinventer, à innover et à exporter notre technologie. Si le monde d'après doit être moins mondialisé pour des questions de sécurité d'approvisionnement, il ne faut pas se leurrer : notre indépendance dépendra plus de notre capacité technique à produire ce qui est aujourd'hui produit ailleurs que d'une quelconque volonté politique.

Bref, dans cette crise, le mot "expertise" reprend ses lettres de noblesse, alors que trop de faux experts circulent grâce à la force des réseaux sociaux. Il n'est pas facile de trouver quelque chose de positif à ce qu'il se passe pour le moment. Mais au moins, cette crise démontre la suprématie de la science sur les émotions, de la rigueur sur les intuitions et, au final, des experts sur les influenceurs ! Si cela pouvait dès lors susciter des vocations dans les domaines médicaux, scientifiques et technologiques, cette crise aurait au moins servi à quelque chose.

D'autant qu'on ne peut pas dire que la Belgique brille dans toutes ces matières. Pour ne prendre que le domaine de l'ingénierie, nous avons certes d'excellentes universités, mais le pourcentage de diplômés en ingénierie pourrait être bien meilleur (11,6% des diplômés selon l'OCDE, contre près de 15% en France et près de 20% en Allemagne). Renforcer ces branches, susciter les vocations, c'est non seulement s'assurer plus d'indépendance technologique, mais c'est aussi doper notre croissance économique future.

Tout d'abord, à mesure que le temps passe, on se rend compte que les seules choses qui pourront nous libérer de l'emprise du virus, c'est la découverte d'un cocktail de médicaments efficaces et/ou la mise au point d'un vaccin. Aussi longtemps que l'un de ces événements ne se sera pas produit, l'économie restera tétanisée par cette saleté de quelques nanomètres. Dès lors, juste derrière la première ligne de feu que représente le personnel soignant qui se bat chaque jour pour la vie, des centaines de scientifiques cherchent à comprendre le fonctionnement de ce virus, à trouver ses failles, à le traquer, à le détruire ou à nous rendre résistants à celui-ci. De même, les épidémiologistes nous expliquent avec des mots simples la transmission d'un virus dans une communauté. Mais derrière leurs explications, il y a des années d'études et de recherches, en chimie, en biologie, en statistiques. Ce ne sont pas des matières simples. Par ailleurs, lorsqu'il s'agit de trouver des solutions à la pénurie de tel ou tel matériel, on se doit bien sûr d'activer des contacts, de faire travailler une task force. Mais les initiatives des ingénieurs se multiplient aussi pour détourner des machines et des processus de production présents chez nous au profit de ce matériel manquant. Gene Kranz, le directeur de vol d'Apollo 13 aurait un jour déclaré : "Ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce pour quoi les choses sont faites, mais ce qu'elles peuvent faire !" . Des dizaines d'ingénieurs redonnent un coup de jeune à ce slogan. Mais derrière leurs inventions, détournant des masques de plongée ou des pièce d'aéronautique, il y a une fois de plus de longues études en ingénierie, en mécanique ou en résistance des matériaux. D'autres ingénieurs leur permettent d'imprimer en 3D, en quelques minutes, les pièces qu'ils conçoivent. C'est une opportunité énorme qu'il faut, une fois de plus, mettre au crédit des sciences et technologies. Et que diredes conditions dans lesquelles nous vivons le confinement : flux de données incessant, accès au serveur de l'entreprise pour laquelle on travaille, réunions et cours à distance. Tout est possible. Imaginez simplement ce qu'aurait été le confinement il y a 30 ans : un ennui sans nom, doublé d'un choc économique encore plus important en raison des entreprises de services ne pouvant, elles non plus, assurer leur activité. Mais derrière les technologies de la communication, il y a une nouvelle fois une armée d'ingénieurs qui ont inventé et développé ces outils. Enfin, lorsqu'il faudra penser à la reprise économique, une partie du succès de celle-ci dépendra, encore une fois, de notre capacité à nous réinventer, à innover et à exporter notre technologie. Si le monde d'après doit être moins mondialisé pour des questions de sécurité d'approvisionnement, il ne faut pas se leurrer : notre indépendance dépendra plus de notre capacité technique à produire ce qui est aujourd'hui produit ailleurs que d'une quelconque volonté politique. Bref, dans cette crise, le mot "expertise" reprend ses lettres de noblesse, alors que trop de faux experts circulent grâce à la force des réseaux sociaux. Il n'est pas facile de trouver quelque chose de positif à ce qu'il se passe pour le moment. Mais au moins, cette crise démontre la suprématie de la science sur les émotions, de la rigueur sur les intuitions et, au final, des experts sur les influenceurs ! Si cela pouvait dès lors susciter des vocations dans les domaines médicaux, scientifiques et technologiques, cette crise aurait au moins servi à quelque chose. D'autant qu'on ne peut pas dire que la Belgique brille dans toutes ces matières. Pour ne prendre que le domaine de l'ingénierie, nous avons certes d'excellentes universités, mais le pourcentage de diplômés en ingénierie pourrait être bien meilleur (11,6% des diplômés selon l'OCDE, contre près de 15% en France et près de 20% en Allemagne). Renforcer ces branches, susciter les vocations, c'est non seulement s'assurer plus d'indépendance technologique, mais c'est aussi doper notre croissance économique future.