Menace d’un choc pétrolier : va-t-on ressortir les mesures drastiques de 1973 des cartons ?

Cycliste dans une rue d'Amsterdam désertée par les voitures, pendant les pénuries de carburant dues au premier choc pétrolier, aux Pays-Bas, le 3 novembre 1973. © GETTY

Face à la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine qui touche les citoyens européens, des mesures de réduction d’énergie, parfois originales, sont avancées. Elles ne font toutefois pas l’unanimité.

La crise énergétique liée à la guerre en Ukraine que nous vivons actuellement et comparable en “intensité, en brutalité, au choc pétrolier de 1973” selon les propos de Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance de la France. C’est l’avis d’autres analystes financiers de par le monde. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a dit mercredi craindre un “choc” sur l’offre pétrolière mondiale, à la suite des sanctions contre la Russie prises après son invasion de l’Ukraine.

En 1973, lors du premier choc pétrolier, des mesures – parfois originales – avaient été prises pour limiter la consommation d’énergie en Europe : dimanches sans voitures successifs, réduction du chauffage dans les habitations et dans les bâtiments publics, arrêt des émissions télévisées après 23 heures en France, vitrines des magasins éteintes la nuit, limitation des vitesses sur les routes, retour en force du vélo,

Ces mesures de réduction de la consommation de gaz et d’électricité édictées à l’époque pourraient bien ressortir des cartons suite à l’envolée des prix de l’énergie. Le maître-mot sur les lèvres des politiques et des analystes étant la frugalité dans nos consommations, à la fois pour alléger la facture d’énergie que pour être moins dépendants du gaz russe dont est abreuvée l’Europe entière.

Cette diminution de la consommation passe par des gestes simples réalisables au quotidien, comme diminuer le chauffage d’un degré qui permet de réduire en moyenne de 7% sa facture d’énergie. On peut aussi enfiler un gros pull, privilégier les déplacements à pied, en train ou à vélo. Des actions de plus grande ampleur sont aussi envisageables comme mieux insoler les logements ou investir dans des panneaux solaires ou une chaudière à condensation moins énergivore.

Retour sur le premier choc pétrolier de 1973

Cycliste dans une rue d'Amsterdam désertée par les voitures, pendant les pénuries de carburant dues au premier choc pétrolier, aux Pays-Bas, le 3 novembre 1973. © GETTY
Cycliste dans une rue d’Amsterdam désertée par les voitures, pendant les pénuries de carburant dues au premier choc pétrolier, aux Pays-Bas, le 3 novembre 1973. © GETTY© GETTY

En 1973, en pleine guerre du Kippour, les membres de l’OPEP décident d’augmenter unilatéralement de 70% le prix du baril de brut et une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière jusqu’à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens. Quelques jours plus tard, un embargo total sur les livraisons destinées aux États-Unis, puis aux Pays-Bas, états alliés d’Israël, est décidé. Conséquence : entre le mois d’octobre 1973 et le mois de janvier 1974, le prix du baril du brut de référence quadruple, passant de 2,32 dollars à 9 dollars.

La Vivaldi a validé en début de semaine une série de mesures pour alléger la facture des ménages, dont une baisse de la TVA sur le gaz et une diminution des accises sur le carburant. D’autres idées, plus créatives, émergent dont celles des Verts flamands.

Dimanches sans voiture

Meyrem Almaci, la présidente de Groen, a ainsi lancé deux propositions pour résoudre l’actuelle crise énergétique : le retour des dimanches sans voiture et une vitesse maximale de 110 km/h sur autoroutes, comme c’est déjà le cas aux Pays-Bas. Selon elle, ces mesures devraient permettre de réduire considérablement notre consommation de pétrole. Le but final affiché de Groen, dans son ADN politique, étant que “la société se débarrasse de sa dépendance aux combustibles fossiles et qu’il faut soutenir prioritairement une réduction de la consommation de pétrole.”

“Une atteinte à la liberté individuelle”

Ces propositions ne font cependant pas l’unanimité, notamment pour des raisons pratico-pratiques. Un sondage réalisé par le site HLN.be révèle que 83% des personnes interrogées se sont prononcées contre les dimanches sans voiture ou la réduction de la vitesse maximale sur les autoroutes. Le sondage indique que “de nombreuses personnes doivent se rendre au travail aussi le dimanche” ou “doivent faire la navette à des moments où les transports publics ne sont pas ou moins disponibles”, ou encore “que cette proposition constitue une atteinte à la liberté individuelle” et qu’elle “ne résout pas le problème.”

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