L'idée flottait dans l'air depuis quelques années. Rapprocher les aéroports de Liège et de Charleroi semblait une idée raisonnable sur le plan économique ; elle l'était moins d'un point de vue politique. Mais Jean-Luc Crucke, ministre de tutelle, semble aujourd'hui pouvoir surmonter les "sous-régionalismes". "Est-il si saugrenu de penser que deux aéroports sur un ...

L'idée flottait dans l'air depuis quelques années. Rapprocher les aéroports de Liège et de Charleroi semblait une idée raisonnable sur le plan économique ; elle l'était moins d'un point de vue politique. Mais Jean-Luc Crucke, ministre de tutelle, semble aujourd'hui pouvoir surmonter les "sous-régionalismes". "Est-il si saugrenu de penser que deux aéroports sur un même territoire peuvent devenir 'les aéroports de Wallonie (ADW)'?", a-t-il avancé au quotidien L'Echo. Comme la société ADP, Aéroports de Paris, qui réunit (notamment) Paris-Charles de Gaulle et Paris-Roissy. Ou comme la Flandre, dont les aéroports d'Anvers et d'Ostende ont un manager commun. Le changement de conseil d'administration à Liege Airport et le départ forcé du CEO, Luc Partoune, pourraient faciliter les choses. Et les difficultés de Brussels South Charleroi Airport (BSCA), qui n'est pas rentable même quand il accueille 8 millions de passagers (chiffres de 2019), rendent l'idée encore plus tentante du point de vue des actionnaires. Les coûts centraux pourraient être partagés et des glissements de personnel opérés selon les besoins. Cette dernière possibilité aurait d'ailleurs été très opportune ces derniers mois: à Charleroi, le chômage temporaire frappe le personnel de handling alors que le fret à Liege Airport bat actuellement des records. En outre, le partage des tâches serait enfin explicite: cargo à Liège, passagers à Charleroi. Malgré ses efforts, Liege Airport n'a jamais attiré beaucoup de compagnies de passagers. Il avait construit une aérogare pour un million de visiteurs par an, bâtiment qui n'a jamais dépassé les 30% d'utilisation.