En marge du Tour de France, le feuilleton de ce début d'été risque bien d'être la quête de réformes structurelles au sein de la Vivaldi fédérale. Et ce n'est pas gagné. Or, elles sont vitales, tant en cette période d'inflation haute - à 10%, désormais - que pour garantir l'argent européen du plan de relance.
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En marge du Tour de France, le feuilleton de ce début d'été risque bien d'être la quête de réformes structurelles au sein de la Vivaldi fédérale. Et ce n'est pas gagné. Or, elles sont vitales, tant en cette période d'inflation haute - à 10%, désormais - que pour garantir l'argent européen du plan de relance.Ce jeudi matin, c'est la secrétaire d'Etat au Budget du gouvernement De Croo, libérale flamande comme le Premier ministre, qui s'exprime de façon courroucée, tant dans la presse que sur les réseaux sociaux. Sur le mode: mais où restent donc les réformes structurelles promises par les socialistes francophones? Karine Lalieux, ministre des Pensions, doit faire atterrir une réforme fondamentale dans son secteur après une première épure rejetée... en septembre dernier. Le second est invité à finaliser le "Jobs deal" conclu au printemps, notamment en ce qui concerne le droit de formation individuel."Si l'Europe ne peut pas verser nos fonds de relance parce que les étapes convenues n'ont pas été atteintes, cela mettrait en péril de nombreux investissements importants, met en garde Eva De Bleeker. Il est temps de passer à l'action, au lieu de jouer au poker avec l'avenir et la crédibilité de ce pays."La secrétaire d'Etat Open VLD ajoute: "Le sentiment d'urgence fait défaut & l'impact désastreux sur nos citoyens est ignoré en l'absence de réformes pour faire face budgétairement au vieillissement de la population.Ce n'est pas un jeu politique, il s'agit du portefeuille des générations futures." Voilà qui est dit de façon peu diplomatique.Les chiffres et les milliards qui s'écoulent font en effet frémir. Le coût du vieillissement de la population est important et ne cesse d'enfler. Le coût des pensions va augmenter de 4,9 milliards entre 2022 et 2023 en raison de l'indexation des pensions et de l'augmentation des pensionnés. Puis de façon importante encores les années suivantes: 3 milliards en 2024, 1,6 milliard en 2025 et 2,5 milliards en 2026. C'est une ette cachée, mais connue. Un rapport à ce sujet sera présenté très prochainement. Les épures de la réforme des pensions dont on parle à ce jour ne tiennent pas compte de la hauteur de l'enjeu, il en va de même pour l'activation du taux d'emploi en fin de carrière.Par ailleurs, selon la secrétaire de l'Etat, l'argent du plan de Relance européen est compromis, parce qu'il est conditionné à ses réformes. Qui plus est, en raison de la croissance plus soutenue en Belgique qu'ailleurs, cette cagnotte serait en train de fondre comme neige au soleil: on risque de perdre 1,4 milliard sur les 5,9 promis.Oui, il est temps de passer à l'action, souligne Thomas Dermine, secrétaire d'Etat PS en charge de la relance. La réforme des pensions de Karine Lalieux a été déposée en septembre 2021 déjà. La politique est un sport d'équipe. Sur les fonds de relance, je prendrai mes responsabilités et défendrai l'accord du gouvernement devant la Commission européenne."Réplique de Georges-Louis Bouchez, président du MR: "Réforme ne veut pas dire dépenses en plus dans ce cas. Mais plus grande efficience et surtout plus de justice sociale que le modèle actuelle qui ne récompense pas assez le travail et l'effort. L'argent gratuit c'est fini!Et la ministre Karine Lalieux de s'exprimer, elle aussi: "Le nombre de pensionnés augmente, oui. Mais que veut-on? Réduire leurs droits? Revenir sur les acquis? Diminuer leur pension? Si c'est l'objectif, ce sera sans moi et sans le PS! Les pensionnés méritent de pouvoir vivre dignement aussi." Ainsi que le PS: "L'Open VLD doit arrêter de reporter la responsabilité sur les autres, Pierre-Yves Dermagne a porté plus de dossiers au parlement que tous les ministres libéraux! Sur les pensions, nous sommes prêts depuis près un an, c'est le Premier ministre Alexander De Croo qui a toujours reporté la négociation." Cela sent la crispation ou le blocage.François De Smet, président de DéFI, dans l'opposition, ironise en demandant: "Mais où est donc passée la septième compagnie?". Outre les pensions et le travail, il renvoie aussi, dans les manquements du moment, à la lenteur des négociations entre l'Etat et Engie au sujet de la prolongation du nucléaire. comme s'il était décidément trop compliqué de garantir l'avenir.En attendant, pour répondre à l'inflation qui explose, la Vivaldi préparerait... un chèqué pour les classes moyennes inférieures. Une autre réforme structurelle essentielle pour répondre à cet enjeu, la réforme fiscale promise par Vincent Van Quickenborne (CD&V) se fait, elle aussi, attendre.Mais où est donc passée la septième compagnie, en effet?