Dès le 14 mars, ces dirigeants du ministère de la Santé ordonnaient à l'ensemble des hôpitaux publics comme privés d'annuler ou de reporter toutes les consultations, les examens et les interventions autres qu'essentielles. A part les malades du Covid-19 et les traitements dont la suspension entraînerait " une détérioration irréversible ou inacceptable de l'état de santé ", plus aucune activité n'était tolérée dans l'ensemble des hôpitaux.
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Dès le 14 mars, ces dirigeants du ministère de la Santé ordonnaient à l'ensemble des hôpitaux publics comme privés d'annuler ou de reporter toutes les consultations, les examens et les interventions autres qu'essentielles. A part les malades du Covid-19 et les traitements dont la suspension entraînerait " une détérioration irréversible ou inacceptable de l'état de santé ", plus aucune activité n'était tolérée dans l'ensemble des hôpitaux. De telles mesures pouvaient peut-être se comprendre tant qu'il était imaginable de craindre que la totalité de hôpitaux soient submergés par l'épidémie. Il est toutefois apparu très rapidement que la totalité des lits de réanimation disponibles ne seraient pas totalement utilisés. Le maintien d'une mesure autoritaire et inutile ne pouvait alors apparaître que comme une interdiction injustifiée, pour les médecins, d'exercer leur métier, imposant des souffrances inutiles aux malades. Et ceci sans parler des risques pour la vie résultant, par exemple, du report de consultations de dépistage de maladies graves ou du report d'analyses permettant de détecter celles-ci. Il est fort probable que de telles mesures, prolongées pendant deux mois, auront entraîné la mort de beaucoup de malades qui auraient pu être sauvés, et que notre ministère se gardera bien de comptabiliser. Il est encore moins admissible que les consultations privées, dans les cabinets personnels des médecins et dans les polycliniques où personne n'est hospitalisé aient été interdites, elles aussi, sur ordre des experts officiels du seul secteur public. Nos médecins exercent une profession libérale et, à ce titre, ne devraient recevoir d'ordres de personne. Leur fonction, parmi la plus merveilleuse de toutes, consiste à soigner les malades, ceux atteints de toutes les maladies, et pas seulement du Covid-19. Ceux-ci attendent des médecins qu'ils puissent exercer leur art en toute indépendance, et choisir le traitement qui leur paraît le plus approprié, après avoir reçu le consentement éclairé de leurs patients. C'est tout le contraire qui s'est passé en l'espèce, avec des médecins littéralement caporalisés, soumis à des ordres provenant de bureaucrates. Le recours à certaines thérapies, même pour le Covid-19, a été de fait rendu impossible par des instructions, des réquisitions et des confiscations abusives. Nous avons assisté, le temps de cette crise, à une véritable étatisation planifiée de la médecine. La qualité de nos soignants a sans doute permis d'en limiter les dommages mais il est consternant qu'en raison de décisions administratives, les médecins se soient trouvés gravement entravés dans l'exercice de leur métier et que, d'une manière certaine, la santé de beaucoup de malades en ait été affectée. La légalité des mesures, dans un régime d'exception, où tout le monde est soumis à une véritable " dictature du confinement " depuis le 12 mars, n'est sans doute pas discutable : l'Etat, depuis lors, s'est arrogé des pouvoirs absolus, au mépris de la quasi-totalité des droits de l'homme les mieux protégés. Il s'est donc aussi arrogé le droit de procéder à une quasi-nationalisation de la médecine Il est temps de mettre fin à cette oppression et que l'Etat rende leur liberté diagnostique et thérapeutique à nos médecins et autres soignants. Même en période de crise, les médecins ne méritent pas d'être traités comme des agents d'exécution des décisions étatiques. Lorsque celles-ci sont prises, elles doivent l'être sans excès et en respectant le principe de proportionnalité, ce qui n'a manifestement pas été le cas. L'abus de pouvoir est d'autant plus caractérisé lorsque l'on prend connaissance d'une lettre envoyée " aux prestataires de soins de santé " le 26 avril 2020 et annonçant, à un moment où il était déjà certain que la capacité des hôpitaux à accueillir les patients du Covid-19 ne serait jamais dépassée, des contrôles tatillons pour s'assurer que les médecins n'auront procédé à aucune intervention autre que celles permises par les ukases du pouvoir. Etrange autoritarisme envers les médecins qui soignent, de la part de petits chefs qui, s'ils sont eux aussi médecins, ne soignent personne.