Nous voici à quelques heures du grand débat qui doit opposer les deux survivants du premier tour des élections présidentielles françaises. Très légèrement à ma gauche, Emmanuel Macron et son mouvement La République en Marche (LREM), et très à ma droite, Marine Le Pen et son Rassemblement National (RN). Aucun des deux ne peut remporter seul les élections. Le mouvement politique qui va les départager, ce sont les partisans très à gauche de La France Insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon qui avait remporté près de 22% des voix au premier tour.

D'où l'importance du débat télévisé de ce mercredi 20 avril. Lors du débat précédent, en 2017, le report de voix des électeurs de Jean-Luc Mélenchon sur Marine le Pen avait été minime (7%), parce que clairement, la candidate RN avait raté son débat. Mais on remet les compteurs à zéro...

Pour que Marine Le Pen gagne les élections, et en tenant compte du fait que la moitié des électeurs qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon s'abstiennent au second tour, il faudrait que la candidate convainque 29% des "mélenchonistes.

Ce n'est pas gagné, car le report des voix "insoumises" semble encore assez favorable à Emmanuel Macron. Selon les estimations de la banque suisse Lombard Odier (on suit de près les élections au bord du lac Léman), Emmanuel Macron profiterait d'un report des voix LFI de près de 33% et Marine Le Pen de 17% et donc 50% s'abstiendraient. Dans une telle configuration, le président sortant récolterait 53% des voix et Marine Le Pen 47%. Mais rien n'est joué. Un sondage plus récent d'OpinionWay-Kéa Partners pour "Les Échos", montre une dynamique un peu plus favorable à l'extrême-droite : les reports de voix du candidat LFI se porteraient à 41 % sur Emmanuel Macron, 21 % sur Marine Le Pen et 39 % dans l'abstention, le vote blanc ou nul.

D'un clivage à l'autre

Samy Chaar, le chief economist de Lombard Odier, se demande dès lors ce qu'il pourrait se passer pour qu'un grand nombre de voix des électeurs de Jean-Luc Mélenchon tombe dans l'escarcelle de Marine Le Pen. "Il faudrait, répond-il, que les clivages bougent. Aujourd'hui, nous restons dans un clivage gauche-droite. Les voix de la gauche et de la droite traditionnelle auraient tendance à se reporter sur Emmanuel Macron. Pour que Marine Le Pen gagne cette élection, il faudrait passer à un clivage nationaliste-globaliste. C'est possible", ajoute-t-il.

Du coup, pour casser ce clivage et gagner les voix des électeurs de LFI, qui sont souvent des jeunes, Emmanuel Macron joue la carte de l'écologie. Il a reconnu (sur France Culture) qu'il n'a pas "suffisamment pensé l'écologie" en entrant en fonction en 2017. Il rappelle les convictions climato-sceptiques de Marine Le Pen. Et samedi à Marseille, il projette de faire de la France "une grande nation écologique" et il va même jusqu'à puiser des idées dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, puisqu'il promet de bâtir un avenir commun (slogan LFI) et de faire du premier ministre un "chargé de la planification écologique" (un point du programme LFI).

Mais attention de ne pas trop en faire. "Dans la dernière ligne droite avant le second tour, le président-candidat, qui multiplie les interventions dans les médias, envoie des signaux aux électeurs mélenchonistes, au risque de l'insincérité", souligne Les Échos. Et un candidat insincère éveille la méfiance, ce qui n'est pas le meilleur sentiment pour emporter beaucoup de voix.

Nous voici à quelques heures du grand débat qui doit opposer les deux survivants du premier tour des élections présidentielles françaises. Très légèrement à ma gauche, Emmanuel Macron et son mouvement La République en Marche (LREM), et très à ma droite, Marine Le Pen et son Rassemblement National (RN). Aucun des deux ne peut remporter seul les élections. Le mouvement politique qui va les départager, ce sont les partisans très à gauche de La France Insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon qui avait remporté près de 22% des voix au premier tour.D'où l'importance du débat télévisé de ce mercredi 20 avril. Lors du débat précédent, en 2017, le report de voix des électeurs de Jean-Luc Mélenchon sur Marine le Pen avait été minime (7%), parce que clairement, la candidate RN avait raté son débat. Mais on remet les compteurs à zéro...Pour que Marine Le Pen gagne les élections, et en tenant compte du fait que la moitié des électeurs qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon s'abstiennent au second tour, il faudrait que la candidate convainque 29% des "mélenchonistes.Ce n'est pas gagné, car le report des voix "insoumises" semble encore assez favorable à Emmanuel Macron. Selon les estimations de la banque suisse Lombard Odier (on suit de près les élections au bord du lac Léman), Emmanuel Macron profiterait d'un report des voix LFI de près de 33% et Marine Le Pen de 17% et donc 50% s'abstiendraient. Dans une telle configuration, le président sortant récolterait 53% des voix et Marine Le Pen 47%. Mais rien n'est joué. Un sondage plus récent d'OpinionWay-Kéa Partners pour "Les Échos", montre une dynamique un peu plus favorable à l'extrême-droite : les reports de voix du candidat LFI se porteraient à 41 % sur Emmanuel Macron, 21 % sur Marine Le Pen et 39 % dans l'abstention, le vote blanc ou nul.D'un clivage à l'autreSamy Chaar, le chief economist de Lombard Odier, se demande dès lors ce qu'il pourrait se passer pour qu'un grand nombre de voix des électeurs de Jean-Luc Mélenchon tombe dans l'escarcelle de Marine Le Pen. "Il faudrait, répond-il, que les clivages bougent. Aujourd'hui, nous restons dans un clivage gauche-droite. Les voix de la gauche et de la droite traditionnelle auraient tendance à se reporter sur Emmanuel Macron. Pour que Marine Le Pen gagne cette élection, il faudrait passer à un clivage nationaliste-globaliste. C'est possible", ajoute-t-il.Du coup, pour casser ce clivage et gagner les voix des électeurs de LFI, qui sont souvent des jeunes, Emmanuel Macron joue la carte de l'écologie. Il a reconnu (sur France Culture) qu'il n'a pas "suffisamment pensé l'écologie" en entrant en fonction en 2017. Il rappelle les convictions climato-sceptiques de Marine Le Pen. Et samedi à Marseille, il projette de faire de la France "une grande nation écologique" et il va même jusqu'à puiser des idées dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, puisqu'il promet de bâtir un avenir commun (slogan LFI) et de faire du premier ministre un "chargé de la planification écologique" (un point du programme LFI).Mais attention de ne pas trop en faire. "Dans la dernière ligne droite avant le second tour, le président-candidat, qui multiplie les interventions dans les médias, envoie des signaux aux électeurs mélenchonistes, au risque de l'insincérité", souligne Les Échos. Et un candidat insincère éveille la méfiance, ce qui n'est pas le meilleur sentiment pour emporter beaucoup de voix.